TROISIÈME SÉRIE .' ARTICLE
Troisième série : I er article
Que l'évêque se réjouit de la mort de la reine de Navarre
(3 témoins)
L'un d'eux, Guillaume Pastourel, ne savait que ce qu'il avait déjà dit *.
II e ARTICLE
Que le démon a dit « qiïon parlerait de lui plus que de tout
autre »
(27 témoins)
L'évêque était en relations ordinaires avec le diable. Il avait, dans une fiole de verre 2 , — on le disait déjà quand il était prieur de Saint- Ayoul 3 , — un démon privé, avec qui il parlait quand il voulait. Sa concubine avait entendu dire à demoiselle Gile, femme de Mathieu Dubois, cousin de Guichard, qu'il avait un démon privé dans la corne de son capuchon 4 .
Vers la Toussaint de 1300, M e Jean le Chirurgien se trouvait dans la prison de l'évêque à Troyes : étant aux latrines avec Robinet Maréchal, qui était détenu avec lui, il lui dit, en parlant de Guichard : — « Je n'ose rien dire de ce méchant camus qui « nous tient en prison, parce que j'ai entendu conter, il y a « longtemps, qu'il a un démon privé : et si je parlais de lui, « le démon irait aussitôt le lui rapporter ». Au même moment,
1. Cf. Dépos., II, 22. — On se demande pourquoi l'accusation reprenait une seconde fois la question de la mort de la reine de Navarre après en avoir fait un article spécial dans la précédente série (art. 22) : on délayait, on décomposait les accusations, sans doute pour faire masse : les témoins ne pouvaient que se répéter.
2. Lorsqu'on avait passé contrat avec le démon, celui-ci, en retour de Thommage prêté, ne pouvait se soustraire aux invocations : il se laissait enfermer dans des anneaux, des fioles de verre, etc.