Reg. de Clément V, n
i ■■ i m jimip .j i p u ,! , | M! ; wjppp^«^ ^y^jj^ppp
.- « . ' * -• -~«- . *-.ts - \--\r -*l™"r»ÏSÏ*i
de son prisonnier, pesait-il sur les prélats pour faire envoyer au pape une réponse dilatoire? Il fut répondu à Clément V que l'enquête n'était pas encore terminée *.
Cependant deux cardinaux qui étaient alors en France, dont l'un Nicolas Normand, de Tordre des frères Prêcheurs, avait été autrefois le confesseur du roi 2 . avaient commission de s'occuper de l'affaire des Templiers et de celle de Guichard : les deux questions furent réservées à la détermination du concile général qui devait bientôt s'ouvrir 3 . Aussi, le pape, par une nouvelle lettre aux prélats, les pressa-t-il de lui envoyer l'enquête, leur reprochant vivement leur lenteur.
« Vous n'avez pas encore, à ce qu'on dit, terminé l'enquête : « on peut vous en blâmer à bon droit. Pour racheter vos « retards et nous satisfaire en ce point par une information « rapide, nous vous mandons de procéder en cette affaire, pour « savoir la pleine vérité, selon que le droit réclame, et de nous « envoyer l'enquête, avec Tévêque, si elle est terminée ; si elle « ne l'est pas, de l'achever dans les trois mois qui suivront la « réception des présentes 4 ... » (Avignon, 9 février 1311).
i. Voy. l'extrait de la bulle que nous donnons plus bas.
2. M Nicolas Normand ou de Fréauville, de l'ordre des Prêcheurs, confesseur du roi après Nicolas de Gorran, cousin d'Enguerrand de Marigny, avait été fait, en 1305, cardinal-prêtre du titre de S. Eusèbe; après avoir été en 1310 délégué par le pape pour examiner les témoins dans le procès de Boniface VIII, c'est lui qui fut, en 1313, chargé de régler le sort des derniers Templiers. Il fit prendre la croix au roi, à ses frères et à ses fils à Paris, à la Pentecôte de la même année. Il mourut à Lyon le 14 février 1323 (Baluze, Vitœ papar. Aven.,l, 636-37; Reg. de Clément V, n°» 6471, 8971, 9649 ; Hist. liii., XXIV, 36 ; XXVI, 439).
3. Jean de S. Victor (Histor. de France, XXI, 655) : « Tune erant duo « cardinales in Francia, frater Nicolaus Normannus, quondam régis « Franciae confessor, et quidam alius, qui de quibusdam negotiis, puta de « Templariis et de episcopo Trecensi, de quo supra, aliquantulum tracta- « verunt. Sedhaec et alia sunt determinationi generalis concilii reservata. » Le concile général de Vienne, convoqué d'abord pour le 1 er octobre 1310, avait été prorogé, par une bulle du 4 avril 1310 (Reg. de Clément V, n* 6293), au 1" octobre 1311 (Hardouin, ConciL, VII, 1334).
4. Reg. de Clément V,n° 6591. — Peu après, le 18 juin, le pape renouvelait auprès de l'archevêque de Sens une instance du même genre pour qu'il se pressât, à l'approche du concile, de lui envoyer l'enquête contre les Templiers (Reg. de Clément V, n°7157).
'-57r i - ;r VV«
Les prélats se hâtèrent de faire rédiger les pièces du procès : ils firent faire la grosse, puis la collation du processus et des dépositions par Jean de Gray et Adam de Montléon 1 , notaires apostoliques, qui avaient, dès le commencement du procès, assisté à l'enquête comme greffiers. Les pièces furent enfin adressées au pape avec l'assentiment de Tévéque (26 marsl CT avriH311*).
Il est probable que Tévêque fut alors remis à l'archevêque de Sens par le roi, pour être ensuite envoyé au pape 3 : pourtant rien n'est certain sur la manière ni sur la date de la translation de Guichard à la cour d'Avignon.
Le concile de Vienne s'ouvrit enfin, le 13 octobre 1311, et dura jusqu'au 6 mai de l'année 1312. Le roi de France et son fils aine, le roi de Navarre, assistèrent à la deuxième session de l'assemblée, mais on ne voit point que l'affaire de Guichard de Troyes ait été soumise à ses délibérations. L'importance des
1. Adam de Mon tléon, clerc de Tofficial de Sens, 22 mars 1300 (Lalore, Cartul. du Paraclet, p. 272).
2. Arch. Nat., J. 438, n° 7 : « Acta sunt hec annis, indictionibus, mensi- « bus et die bu s predictis in dicto processu contentis , exceptifs] colla tione « processus et depositionum et transmissione, que fuerunt facte per nos « Aurelianensem et Autissîodorensem episcopos predictos tam apud Magic dinum quam apud Sanctum Argillum, Aurelianensis diocesis, anno « Domini M CCO decimo secundum morem patrie, indictione décima, « mense aprilis, diebus veneris, dominica, lune, martis, mercurii et jovis « post festum Annonciationis dominice, — présente nobiscum Adam de » Monteleone, qui predictis omnibus signum suum apposuit, dicto Johanne <( de Grayaco, publico notario, qui predictis omnibus processibus et exac minationi dictorum testium interfuerat, tempore colla tionîs et transmis- « sionis in remotis partibus, sicut intelleximus, agente, propter quod a signum suum non est predictis appositum, liect in dictis processu et « attestationibus appareant loca vacua in quibus posuisset signum suum si « presens in collatione et transmissione fuisset. — Deus Ecclesie sue, « Pater sanctissime, Sanctitatem Vestram sanam et incolumem conservet « per tempo ra longiora. »
Le rouleau du processus (J. 438, n° 7) porte en tête : « Facienda est col- « latio, et expedit quod fiât per Adam de Monteleonis, vel présente ipso. »
Cf. la lettre de Jean de Gray au pape pour excuser l'absence de son sceau sur les pièces (Arch. Nat., J. 438, n° 12 ; p. justif., n° XV).