Ibid., II, 2, Pierre de S. Nizicr
épaissie sur le tard ! . Il semblait qu'un apaisement dût s'ensuivre : mais la fille prit la succession de la mère et mit la même animosité à poursuivre son ancien favori. Peu après la mort de la reine Blanche, on enquêtait encore sur le fait de Jean de Calais dans la société de l'évêque 2 . En juillet 1302, Gautier de la Porte, prévôt de Troyes, et Pierre de Villy, chanoine de Saint-Étienne, furent chargés par la reine de France d'informer, sans appeler l'évêque, sur plusieurs faits graves dont Guichard était chargé 3 : il s'agissait entre autres du meurtre du curé de Laubressel, et de la mort de deux hommes emprisonnés jadis par Guichard à Montier-la-Celle dans le cachot de l'abbaye 4 . On ne se contentait plus du premier grief, sans doute mal prouvé, la fuite de Jean de Calais. Pour mieux écraser l'évêque, on cherchait dans sa vie privée, on remuait les mécontentements, les jalousies et les haines inévitables laissés derrière lui par ce prélat heureux, pour découvrir quelque fait qui, grossi avec les années, dénaturé par les envieux, vînt, dans une accusation bien arrangée, préparer et corroborer le dernier crime, le plus grave, l'empoisonnement de la reine de Navarre.
Car les ennemis de Guichard entendaient bien l'en charger. Cette mort, qui devait être si désirée par l'évêque, avait éveillé
4. Dépos., II, 22. — Cf. Chron. anonyme dite Anciennes chron, de Flandre (Hisfor. de Fr., XXII, 332).