‹ Le procès de Guichard, évêque de Troyes (1308-1313)Chapitre 152 sur 267 · Jean de Trainel · texte numérisé non relu

Jean de Trainel

de Meaux, son ami, il avait, pour se réhabiliter, concerté une intrig-ue qui devait être décisive.

Dans l'hiver de 1302-1303, Pierre de Saint-Nizier, au nom de Guichard, vint à Paris trouver dans la prison épiscopale un clerc, Pierre Barrière, qui avait été produit comme témoin par les agents de la reine sur le fait de Jean de Calais, pour le requérir de révoquer le témoignage qu'il avait porté contre l'évéque, et d'amener d'autres témoins à en faire autant. Pierre Barrière avait déjà parlé de cette affaire avec M'' Hugue Morsel : tous deux avaient vu là une occasion de tirer de bons gains de l'évéque de Tro^^es; ils étaient convenus que Hugue irait chez l'évéque pour en traiter avec lui. Mais d'abord, pour aider le procureur « à faire que toute la cause de la reine fût rappelée et renversée », Pierre Barrière demandait qu'on s'occupât de le tirer de sa prison : après, il s'entremettrait volontiers ^ Le procureur de l'évéque, Pierre de Saint-Nizier, conduisit M" Hugue auprès du confesseur du roi, dans la maison des frères Prêcheurs de Paris; le confesseur leur répondit qu'il leur procurerait l'accès du roi pour cette affaire quand les témoins auraient fait leur rétractation. Comme l'évéque tardait à mener les choses, sur le conseil de Pierre Barrière, M« Hugue alla à Troyes ~.

Les conventions, négociées préalablement à Paris 3^ furent réglées à Montier-la-Celle, le lendemain de Pâques 1303. L'évéque promit à M'' Hugue de lui tenir parole, et lui offrit d'abord de déposer la somme convenue chez un marchand de Troyes, à son nom; puis, songeant que si la reine savait où l'argent était déposé, elle chercherait à l'avoir, il trouva plus sûr de faire des lettres d'obligation 4. Il les fit écrire à Pierre de Saint- Nizier, dans la grande salle de l'abbaye : il y avait là, avec l'évéque, frère Jean de Fay, prieur des frères Prêcheurs de

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