CHAPITRE XI
FIN DE l'enquête ET DÉNOUEMENT DU PROCÈS
Devant un pareil entassement de preuves, — quelle qu'en fût la valeur, — l'évêque, privé de moyens matériels de défense, de sa liberté d'action, de l'appui moral du pape complaisant qui l'abandonnait, allait se trouver accablé, incapable de contrôler tous ces dires et de les redresser, réduit à faire au procès une opposition de forme, comme s'il eût dédaigné, enfermé dans sa dignité de prélat, de répondre aux griefs qu'on lui imputait.
Essaya-t-il, comme on le lui offrait, ou plutôt comme on le lui permettait, de prendre connaissance de tous ces témoignages afin d'y pouvoir répondre ? La faculté laissée à l'évêque n'était qu'illusoire, puisqu'il n'avait pu avoir communication du procèsverbal des dépositions et qu'on ne lui avait fourni que les noms des témoins avec l'indication de leur domicile. Il ne semble pas que Guichard ait comparu à la date du 17 juin, qu'on lui avait assignée à cet effet*. D'ailleurs, c'est le 2 octobre seulement que furent produits les deux derniers témoins 2. Quand ils eurent déposé, on demanda au procureur de l'évêque, qui le représentait, s'il avait quelque chose à dire contre eux : il répondit que oui, et demanda aux commissaires ecclésiastiques d'accorder à l'évêque un autre délai, parce qu'avec celui qu'on lui avait donné, son procureur et ses autres conseillers ne pouvaient avoir accès auprès de lui pour savoir ce qu'il entendait opposer aux témoins.
Les évêques se déclarèrent prêts à entendre ce que le procureur voudrait dire contre les témoins et à admettre ses protesta-