‹ Le procès de la bière [microforme]Chapitre 12 sur 15 · LA BIÈRE EST-ELLI UN REMÈDE CONTRE L'ALCOOLISME · texte numérisé non relu

LA BIÈRE EST-ELLI UN REMÈDE CONTRE L'ALCOOLISME

Autrement dit, la bière guérit-elle les ivrognes et les alcooliques de leur goût de boire des boissons fortes ? C’est une illusion dont se bercent encore certains utopistes. Mais malheureusement les faits ne répondent pas à leur attente.

Voyons, franchement là, mon ami Lefranc osera-t:il conseiller à un buveur immodéré, une fois revenu de sa crise, de boire de la bière ? Non, n’estce pas? Car ce serait le moyen le plus sûr de le faire retomber. S'il osait lui donner pareil conseil, je serais forcé de lui dire qu'il ne connaît pas le premier mot de ce dont il parle.

Pour ces buveurs-là au moins, la bière n’est done pas à conseiller.

L'’est-elle pour les autres buveurs modérés, pour ces alcooliques, pour tous ceux enfin qui boivent par habitude, par goût? Pas plus. On a cru autrefois cie la bière serait un dérivatif à l’abus des boissons fortes. Mais aujourd’hui on est revenu de cette idée.

Car l'observation jcurnalière, et l’expé-

béta vu.

LES. à

vb vibes

on —-

rience de tous les pays ont démontré son inefficacité et sa faillite.

Et cela se comprend facilement.

Conseiller aux buveurs de faire plutôt usage de la bière, mais c’est tout simplement substituer une boisson alcoolique à une autre. Le goût morbide de l’alcool ne s’atténuera pas par l’usage de la bière. Au contraire, cette boisson entretiendra chez le sujet cet appétit alcoolique, qui, comme on le sait, s'’acquiert facilement, mais se perd rarement. En un mot, conseiller à un buveur de faire usage de la bière, c’est lui enseigner le moyen de s’alcooliser davantage, et non de se guérir.

Aussi Jean Lefranc aura beau répéter que «la bière est un puissant dérivatif à l’abus des liqueurs enivrantes, et un remède contre l’alcoolisme », il n'empêchera pas que les statistiques de tous les pays démontrent, comme je l’ai déjà prouvé, que, où l'on boit de la bière, c'est aussi là que l’on consomme le plus de boissons ‘piritueuses, et que par conséquent, loin d’être un remède, la bière est plutôt une cause excitatrice de l’alcoolisme.

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À mon humble avis, il n’y a qu’une méthode qui vaille, sinon pour guérir, du moins pour traiter ces pauvres personnes adonnées à la boisson : c’est l’abstinence totale. Pour arriver à ce résultat, il faut les persuader, en faisant leur éducation sur ce sujet et en fortifiant leur volonté. On n'obtient ce résultat qu’en faisant appel aux idées d’ordre supérieur et surnaturel.

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