IL SE BOIT DE LA BIÈRE DE PLUS EN PLUS
Rizn d’étonnant qu'avec des idées courantes aussi fausses et que le journal vulgarise de tout le poids de son influence, il se fasse une si grande consommation de bière.
Le résultat de toutes ces réclames, en effet, c’est que notre peuple boit de plus en plus de la bière. Si nous ouvrons l’Annuaire du Canada (1912), les statistiques montrent que, pour ce qui est des boissons fortes, la consommation annuelle par tête de la population est sensiblement la même depuis 40 ans. Elle était
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Par contre, la consommation de la bière a presque triplé dans le même espace de temps. ‘Toujours d’après les chiffres officiels cueillis dans le même Annuaire de 1912, le Canada buvait, seulement en fait de bière :
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7,865,309 gallons en 1869 17,196,115 gallons en 1890 47,518,647 gallons en 1912
Ce qui fait que la consommation annuelle pour chaque individu était :
de 2 gallons 290 mil. en 1869 de 3 gallons 360 mil. en 1890 de 6 gallons 598 mil. en 1912
Je cite ces chiffres pour montrer quel usage, ou plutôt quel abus, on fait de la bière. Et en face d’une progression aussi constante et aussi rapide dans la consommation, n'avons-nous pas raison de dire qu’il y a là un danger et qu’il est temps de réagir, en tout cas d’aver- Ur? Car j'estime que l'ignorance des méfaits de cette boisson est une des ‘auses de ce que le fléau de la bière se propage de plus en plus.
Malgré que, de toutes les boissons fermentées et distillées, elle soit la moins dommagenble, la bière ne devient pas moins un facteur important d'alcoolisme. à cause de sa grande consommation. Car il y a ceci de particu-
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lier, les buveurs de bière en sont généralement de grands consommateurs.
C'est le témoignage de tous ceux qui ont étudié la question, notamment le docteur Brouardel, de Paris. En effet, je l’ai déjà dit, la moyenne de la consommation de la bière était, en 1912, pour chaque individu, de 6 gallons et demi en chiffres ronds. C’est déjà une jolie quantité. Maintenant, retranchez de la population totale toutes les personnes qui n’en boivent pas du tout, et elles sont nombreuses parmi les enfants, les f:rimes, et même les hommes, et vous aurez alors une idée approximative de la quantité énorme qui reste pour l’usage des autres.
Eh ! bien, à ce compte-là, l’on aura beau dire, notre peuple se fait tort.
Car peu importe par quel moyen on s’alcoolise, whiskey, gins, liqueurs, vins, bières, le résultat est toujours le même.