DOSE PHYSIOLOGIQUE
Une question se pose tout naturellement ici. Mais quelle quantité de bière pouvons-nous prendre chaque jour sans
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en souffrir? Autrement dit, quelle en serait la dose physiologique ? A cette question il est difficile de répondre.
Cette dose physiologique dépend, entre bien d’autres, de deux facteurs principaux : d’une pArt, de la capacité physique de la personne, et d’autre part, de la force alcoolique du breuvage. Il est certain qu’il y a des constitutions qui peuvent absorber de plus grandes quantités de bière que d’autres. Il est aussi certain que si l’on fait usage d’une bière fortement alcoolisée, comme nous en avons au Canada, et qui porte jusqu’à 15 et même 16 p. c. d’alcool de preuve, cette dose physiologique sera beaucoup plus petite que si l’on fait usage d’une bière ne contenant que 6 à 8 p. c.
d'alcool. Encore... pour produire le même effet, il faudrait mo:ns de bière pour un homme de bureau ou de vie sédentaire que pour l’ouvrier ou l’homme des champs. Comme on le voit, cette dose physiologique est difficile à préciser. Mais on peut dire, d’une manière générale, que boire habituellement et journellement, disons trois verres de bière, est dommageable à la santé.
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C’est aussi l’opinion qu’émettait dernièrement, dans la Presse du 30 juin dernier, M. le docteur Boucher, médecin municipal en chef de la ville de Montréal. Consulté à ce sujet, voici ce qu’il disait : « Chaque verre de bière d’un « demiard contient 114 once d’alcool.
« Cette quantité ne peut pas produire « de bien mauvais effets, si la dose ne {se répète pas. Mais si elle est prise « plusieurs fois par jour, elle est dom- « mageable.»
Cette opinion du docteur Boucher, tous les médecins la contresigneraient, car ils savent, pour employer les propres termes du docteur Galtier-Boissière, que « l’alcoolisme est l’empoisonnement lent mais progressif de l'organisme humain produit par l’usage habituel, quotidien, d’une quantité relativement faible d’alcool ».
Or cet empoisonnement est d'autant plus à craindre que les bières consommées au Canada sont généralement fortes en alcool. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un coup d’œil sur les Bulletins que fait paraître de temps en temps l’analyste en chef du gouverne-