‹ Le procès de la neutralité belge, réplique aux accusationsChapitre 3 sur 24 · S IK PROCÈS DE LA NP.UTRAI.1TK BEI-CE · texte numérisé non relu

S IK PROCÈS DE LA NP.UTRAI.1TK BEI-CE

contre l'Alleiuagne : que valent ces découpures de seconde main aux yeux de tous ceux qui ont connu l'opinion éclairée du pays pour en avoir observé et mesuré les courants ?

De même, le professeur Reinhard P'rank, de Munich, (Die bclgischc Neutr alitât, Mohr, Tiibingen, 1915, p. 19 et suiv.) et son collègue Aloys Schulte, de Bonn, (Von der Neutralitàt Belgiens, Marcus und Weber, Bonn, 1915 ; p. 94 et suiv.), tentent de démontrer qu'une évolution se serait produite au cours des dernières années, dans les sphères officielles et dans les milieux autorisés de Belgique, quant aux obligations qu'imposait la neutralité. L<es opinions K citées, extrêmement peu nombreuses, sont celles

de publicistes, c'est-à-dire de particuliers n'engageant ni de près ni de loin le gouvernement. Mes collègues reconnaîtront qu'à transposer ainsi des faits et des affirmations du domaine privé dans le domaine public, on enlève à un exposé historique toute sa valeur. Ces procédés, dangereux et s'éloignant fort de la saine critique, conduisent à des déclarations comme celle-ci : «(En Belgique), tout était donc préparé dans l'esprit des juristes, des soldats — et SANS DOUTE aussi DES hommes politiques pour que Ton en vînt à regarder des conspirations avec la France et l'Angleterre comme compatibles avec la neutralité. » Or, cette grave affirmation du professeur R. Frank (p. 26) repose sur deux citations, ni plus ni moins.

Ou bien, on trouve chez le professeur Schulte (p. 103) cette remarquable série d'inférences spécieuses : «Assurément, i.e gouvernement bei.ge n'a pas fait vai^oir ce point de vue, mais... ce que des hommes comme ceux-là (le général Brialmont et le professeur Nys) disent, ne s'efface pas et grandit au contraire dans les cœurs... I^e bouillant wallon (Brialmont) était parmi les plus ardents amis de la France. Dans Iv' armée bei.ge, les partisans de l'alliance française dominaient complètement. Ils ONT finalement — du moins cei.a SEMBI.E — triomphé aussi au ministère des Affaires étrangères. »

Ou bien encore, le même professeur Schulte, glissant subrepticement dans une phrase une incidente qui suggère certaines pensées et tend à forcer le jugement, écrira en parlant du port de Zeebrugge (p. 86) : « Iv' Angleterre ne peut venir à Anvers par mer : mais la Belgique construisit, pour des buts commerciaux, le port de Zeebrugge ; celui-ci convient d'ailleurs aussi comme base de débarquement POUR LES Anglais et il a été employé déjà ainsi en automne 1914. »

Pascal aimait fustiger ces sortes de dialecticiens...

Voilà pour les procédés de l'Accusation.

lyCS faits qu'elle invoque sont connus : on n'en a pas allégué de nouveaux depuis un an, mais on les reprend avec des variantes dans l'exposé. Je

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me bornerai îi utiliser ici le document allemand le plus officiel (jui soit, la dernière édition du Livre blanc consacré à la guerre : Aktenstûckc ztim Kriegsausbruch, herausgegeben vom Auswârtigen Amte, publié vers le mois d'avril 1915. Encore à cette date, on a jugé ojjportun de consacrer le tiers des soixante-quinze pages de ce document aux imputations contre la Belgique : on y trouve reproduites les révélations de la Norddeutsche Allgemeinc Zeitung, d'octobre à décembre 19 14, concernant les documents « Barnardiston-Ducarne », «Bridges-Jungbluth», «Greindl», ^< Espionnage , manuels militaires et rapports anglais *. i. On a corrigé r« insignifiante erreur de traduction n

(bedeutungsloser Uebersetzungsfehler), comme l'a qualifiée la Norddeutsche du 10 mars 1915, qui, dans le rapport Ducarne, transformait « conversation » en « convention » (Abkommen). Pour l'édification du lecteur, je reproduis ci-dessous le passage du manuscrit où l'on veut trouver à la fin de la seconde ligne un mot écrit d'une façon prétendument « très illisible » (« sehr undeutlich ») \ chacun lira

cependant d'emblée dans ce mot: «conversation»^.

^ A ce propos, un fait remarquable vient d'être mis en lumière par mon compatriote, M. Passelecq, qui, dirigeant le Bureau documentaire belge (B. D. C), dispose de sources nombreuses d'in-

Kn compensation de cette rectification, on a mis en vedette l'indication que le général belge avait inscrite sur l'enveloppe renfermant le rapport. J'avais délibérément, malgré les instances de plusieurs amis, évité de discuter cette question dans La Belgique neutre et loyale ; je la considérais et je la considère encore comme puérile; mais l'Accusation insiste et mes critiques me reprochent mon silence : P. Schumann (Hat Belgien sein Schicksal verschuldet ? Antwort auf Prof. Waxweilers gleichnamige Schrift ; Verlag des Dresdner Anzeigers, p. 30) ne m'accuse- t-il pas à ce propos de falsifier les textes ?

On se représente aisément dans quelles circonstances une inscription a été faite par le général sur l'en-

formations. Daus une étude très fouillée du Livre Blanc, il dit :

« Il nous est venu récemment entre les mains quelques fascicules de la revue mensuelle de propagande officiellement éditée à Berlin, en plusieurs langues, depuis le mois d'août 1914 (et répandue à foison en tous pays neutres), sous le titre de Kriegschronik : Kriegstagehuch, Soldatenbnefe, Kriegsbilder (en français : Journal de la Guerre, Lettres de soldats en campagne. Illustrations ; — en hollandais : Oorlogskroniek ; — etc.) et avec la mention « Imprimé et édité par M. Berg à Berlin ». Parmi ces fascicules, se trouvaient, pour le « mois de novembre 191 4 », un exemplaire de l'édition en langue française et un de l'édition en langue allemande.

« Or, quelle n'a pas été notre surprise, en comparant ces deux éditions simultanées de la même brochure, de constater que, tandis que l'édition allemande comporte, dans la version allemande du manuscrit Ducarne, l'altération de la Nordd. A II g. Zeitg {Abkommen), l'édition en langue française ne la comporte pas, mais, au contraire, porte, correctement typographie, le texte exact du manuscrit : « Conversation». — Voiries fac-similés dans Passrlecq, Essai critique et notes sur l'altération officielle des documents belges, p. 40. (Berger-Levrault, Pages d'histoire, 1916).— Ilest évident que si, à Berlin, on a pu, dans une édition, faire iypographier correctement, c'est qu'on avait lu correctement...

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