A SON SUJET PAR LE TRIBUNAL
Dura lexj en effet I
Devant de pareils actes, l'histoire et la conscience humaine ne sauraient hésiter.
Les charges élevées contre Lacroix sont relatives à des trahisons et concussions qu'il aurait perpétrées, avec Danton, pendant sa mission en Belgique, ainsi qu'à sa conduite au 31 mai.
Ces imputations se trouvent réfutées par ses réponses au Tribunal, que nous avons rapportées, d'après Topino-Lebrun, dans la première partie de ce travail, et par la discussion que nous avons faite des mêmes charges, dans la seconde partie, relativement à Danton.
A cela, on doit ajouter, comme complément de défense, tout ce qui est relatif à Miaczinski et à l'intrigue des Girondins contre Lacroix, en cette occasion (2).
Enfin, dans notre mémoire sur la vie privée de Danton, nous avons réduit à néant les accusations de dilapidation élevées contre lui-même et contre Lacroix.
Donc, aucun fait réel à sa ch£u*ge.
Ce patriote a été sacrifié aussi délictueusement que ses co-accusés; et les historiens de la Révolution, à très peu
(1) Voir la Liste générale de toutes les personnes traduites au Tribunal révolutionnaire, dans M. Campardon [Tribunal révolutionnaire de Paris, t. II, p. 372-530); et le livre d'écrou ou Répertoire général des personnes incarcérées^ etc., de feu M. Eugène Labat, archiviste de la Préfecture de police de Paris.
(2) V. le Moniteur.
d'exceptions près, ne se sont pas montrés plus soucieux des droits de sa mémoire que les juges du 16 germinal ne Tavaient été du respect de son existence.
De même, faire un crime, et surtout un crime capital, à Philippeaux, homme de bien et républicain des premiers jours, de ses relations avec les Girondins au temps que ceuxci partageaient encore la direction du mouvement révolutionnaire, et bien qu'il eût quitté leurs rangs, pour passer à la Montagne, aussitôt le procès du roi, nous paraît excéder encore les limites de Faction judiciaire; mais fonder cette accusation sur le témoignage d'hommes qui avaient eu tant de mal à se ranger à la République, tels que Barère, Amar, Vouland, Vadier, David et Robespierre lui-même, qui fut constitutionnel jusqu'au 10 août, familier de Pétion et des Rolland si longtemps encore après cette époque : c'est, il faut en convenir, pousser un peu loin le sans-facon de la tyrannie.
Cependant Philippeaux avait contrôlé, censuré la politique du comité de Salut public dans la Vendée? Oui, selon son droit et suivant son devoir.
Envoyé par la Convention sur le théâtre de cette guerre terrible, ne pouvait-il donc, ne devait-il pas déclarer au peuple, que l'on disait souverain, à l'Assemblée, toujours dépositaire de l'autorité déléguée par elle aux Comités, et au gouvernement lui-même, toujours faillible, toujours responsable et révocable, ce qu'il avait vu, ce qu'il approuvait, ce qu'il condamnait?
Ses écrits sur la Vendée ne pouvaient donc constituer ni délit, ni crime, surtout si Ton considère leur véracité.
Mais il avait, au Mans, à en croire Garnier (de Sain es fomenté une conspiration contre la République (i)?
La pièce de conviction est une pétition adressée à la Convention nationale par les Sans-culottes de la société républicaine du Mans, délibérée en séance publique, imprimée, et couverte de cent vingt-neuf signatures (2).
Eb bieni neuf des signataires, sur la dénonciation de Garnier et par ordre du comité de Sûreté générale, du 16 germinal an II (3), amenés à Paris et traduits au Tribunal révolutionnaire pour avoir participé à la conjuration de Pbilippeaux (il faut avouer que la pétition se permettait aussi quelques réflexions sur les affaires de la Vendée), furent tous acquittés le 41 floréal suivant, d'après cette déclaration unanime du jury : que la conspiration du Mans n'avait pas