‹ Le procès des ministresChapitre 102 sur 151 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

d'une imposante escorte, du château dans lequel ils venaient de passer trois mois au palais du Petit* Luxembourg, où un appartement avait été trans* formé en prison pour les recevoir. M. de Montalivet présidait à ce transfèrement. Cinq jours après, le 15 décembre, le procès commençait.

Avant l'ouverture de la séance publique, le président Pasquier réunit les pairs en conférence dans la chambre du conseil et leur fit connaître , dans une allocution brève et ferme, l'étendue de leurs devoirs et de leurs droits , en même temps qu'il établissait, par les précédens, que la direction des débats lui appartenait exclusivement ^

Une foule énorme restait groupée aux abords du palais dont les cours et les issues étaient gardées par les troupes de ligne, plusieurs piquets de cavalerie et de forts détachemens de la garde nationale. Deux colonels de cette garde, MM. Lavocat et Feisthamel '

i. Archives nationales.

2. Le culor.el Feisthamel était un ancien officier de l'armée royale démission naire lors de la publication des ordonnances. Le colonel Lavocat avait appartenu aux sociétés secrètes. Il avait été môme condamné deux fois à mort par la cour des pairs et la seconde fois, sur la réquisition de M. de Peyronnet. Il fut cependant le plus utile auxiliaire de M. de Montalivet, quand il fallut sauver les ministres condamnés. On reconnut ultérieurement ses services en lui donnant la direction des Gobelius.

étaient chargés spédalement de veillei* à la sûreté des accusés. Sous les ordres du général de Lafayette et du président» le général Fabyier ^ avait le commandement supérieur de toutes les troupes, d'un effectif d'environ 2,000 hommes, y compris la police. Le palais était exceptionnellement fortifié par des grilles et des enceintes improvisées; on n'y pénétrait qu'avec des cartes sévèrement contrôlées. Ces diverses mesures , ainsi que le choix des officiers à préposer à la garde du Luxembourg , avaient été arrêtés entre le marquis de Sémonville, grand référendaire du Sénat, le général de Lafayette, le ministre de la guerre et le ministre de l'intérieur*. Ce dernier, le préfet de la Seine, le préfet de police exerçaient eux-mêmes une active surveillance de tous côtés, afin d'être assurés que les instructions données depuis plusieurs jours étaient rigoureusement observées.

Vers onze heures, la cour entra en séance, et les pairs occupèrent leurs sièges. La salle offrait un aspect saisissant. Le corps diplomatique, la chambre des députés, les cours, les tribunaux, le barreau, les représentans de la presse, les députadons des écoles

1. Né à Pont-à-Mousson en 1783, mort en 1855. Il avait pris ane |iart active à la guerre de riadépeodaoco de la Grèce. Il devint après 1830 lieutenant général, pair de France et ambassadeur.

t£. Documens inédits comijiuniqués à VatUetsr.

Page 1