‹ Le procès des ministresChapitre 24 sur 151 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

cessé de déclarer qu'ils ne s'associeraient pas à une politique de coup d'état. Le roi fit alors appel à MM. de Peyronnet^ et de Ghantelauze' que depuis longtemps il tenait en réserve pour cette éventualité.

M. de Pc^yronnet devenait ministre pour la seconde fois, ayant fait partie du cabinet Yillële dont il avait partagé la fortune jusqu'au bout. Nature ardente et passionnée, avec des dehors de misanthrope, plein de confiance en lui-même, au même degré que M. de Polignac, dévoué au roi comme un fidèle serviteur, dogmatique et vaniteux, autoritaire à l'excès, M. de Peyronnet, en dépit de sa scrupuleuse honnêteté, a mérité d'être jugé sans bienveillance. Un de ses collègues, M. d'Haussez, a écrit : « Il avait un ton tranchant et afiirmatif qui semblait repousser toutes les assertions qui ne venaient pas de lui, et il avait été sans doute deviné par l'auteur des Lettres persanes lorsqu'il disait de deux pédans : la conversation de l'un se résumait à ceci : « Ce que je dis est vrai, parce que je l'ai dit; » celle de l'autre : « Ce que l'on dit n'est pas vrai, parce que je ne l'ai pas vu ou entendu. » Le roi jugeait autrement M. de Peyronnet : tt C'est l'homme qui peut le mieux réussir dans

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