Né à Montélimart en 1792, mort à Paris en
2. Né à Marseille le 16 ayril 1797, M. Thiers avait alors trentetrois ans et n'aYaii pris part à la politiqae qae comme publiciste. Le moment approchait où il allait y marquer sa place comme homme d'éUU
au nombre de quarante- quatre, et dans laquelle, dénonçant l'illégalité des ordonnances, ils affirmaient la ferme volonté d'y résister. « Le gouvernement, disaient-ils, a perdu aujourd'hui le caractère de légalité qui commande l'obéissance; nous lui résistons pour ce qui nous concerne : c'est à la France de voir jusqu'où doit s'étendre sa propre résistance. » Cette résistance trouvait déjà un appui auprès des tribunaux. L'imprimeur du Journal du Commerce ayant refusé le service de ses presses, en invoquant l'ordonnance qui suspendait la liberté des feuilles périodiques, le président du tribunal civil, M. de BelleymeS le condamnait à continuer l'impression du
1. Né en 1787, mort en 1S62. M. de Belleyme était procureur du roi à Paris quand M. de Martignac devint ministre. Il fut nommé alors préfet de police; mais il donna sa démission à Tavénement de M. de Polignac, malgré les instances qui furent faites auprès de lui par Charles X lui-même afin de le retenir. Pour atténuer le fâcheux effet de sa retraite, on le nomma président du tribunal civil de la Seine. Il conserva ces fonctions longtemps. Il eut pour successeur à la préfecture de police M. JMUogin, le savant crîminaliste, conseiller à la cour de cassation, lequel, comme procureur-général à Poitiers, avait requis, en 1822, Tapplication de la peine de mort contre le général Berton, Torganisateur de Téchauffourée de Saumur. Bien que la culpabilité de ce dernier ne fût pas douteuse, son exécution souleva des protestations ardentes, et M. Mangin devint un des magistrats les plus impopulaires de France, La vérité oblige à reconnaître que son incapacité et son imprévoyance pendant la crise de 1830 égalèrent la réprobation qui avait accueilli sa nomination.
journal, attendu que l'ordonnance n'avait pas encore été promulguée dans les formes légales. Le tribunal de commerce rendait, au profit du Courrier franrçais^ un jugement analogue.
Vers cinq heures, des groupes commençaient à se former dans les rues, au Palais-Royal, aux abords des ministères. Des cris de « Vive la Charte! A bas les ministres! » se faisaient entendre; les rassemblemens, dissipés sur un point par les gendarmes, allaient se reformer sur un autre, toujours plus nombreux et plus menaçans. Quelques députés se réunissaient en hâte chez l'un d'eux, et ne se trouvant pas en nombre pour prendre utilement une résolution, s'ajournaient au lendemain, en se donnant rendez-vous chez M. Casimir Perler.
Dans la soirée, quatre ministres, MM. de Polignac, de Peyronnet, d'Haussez et de Montbel, se rencontraient un peu par hasard chez M. de Chantelauze* qui était souffrant. On leur apprit que les vitres da ministère des finances venaient d'être brisées. M. de Poligoac, craignant qu'il y eût devant son hfttd quelque manifestation analogue, voulut s'y rendre. M. d'Haussez l'accompagna. Ils furent reconnus dans la rue des Capudnes, à l'entrée de la présidence. Des huées retentirent autour d'eux, mêlées à des me-