‹ Le procès des ministresChapitre 71 sur 151 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

R. Je rignore; je sais seulement que ce n'est pas sur celle de la liste civile.

D. Qui a donné Tordre des distributions?

R. Je ne sais.

D. Est-il vrai que vous ayez ordonné le rétablissement des cours prévôtales et l'arrestation d'un certain nombre de députés ?

R. C'est faux.

L'interrogatoire des autres ministres ne dilTéra guère de celui de M. de Polignac. M. de Chantelauze se déclara l'auteur du rapport au roi. M* de Peyronnet tint à faire remarquer, quoique son af&rmation ne pût être considérée que comme le résultat d'une inconcevable exagération, qu'il s'était opposé aux ordonnances et ne les avait signées que par dévoûment au roi, qui l'avait comblé de bienfaits. Ce qu'on sait de l'histoire de ces temps agités permet d'a£Srmer qu'il n'y eut dans le dernier cabinet de Charles X d'autre résistance sérieuse aux actes qui provoquèrent la révolution que celle de M. de Guernon-Ranville, appuyée une seule fois par M. de Peyronnet lorsque la première proposition en fut faite.

Âpres ce commencement d'instruction, les commissaires de la chambre des députés se retirèrent en promettant aux prisonniers que le secret qui pesait

rigouteusemeDt sur eux se tarderait pas à être levé. Il le fut en effet au bout de quatre jours. Us eurent alors Tautorisation de communiquer entre eux, de prendre leur repas en commun et de recevoir les membres de leur famille munis de permis. Ces permis ne furent d'ailleurs délivrés qu'à un petit nombre de personnes sur la liste desquelles nous voyons figurer la princesse de Polignac, le duc et la duchesse de Guicbe, un homme d'affaires, le valet de chambre du prince, avec cette mention : « deux fois par semaine, » M. de Montmarie, le frère de M. de Ghantelauze, M. de Yilleléon ^ Les anciens ministres pouvaient en outre se promener dans un étroit préau dont toutes les issues étaient surveillées par des gardes nationaux. Pendant les premiers jours, ils y vinrent assidûment; mais M. de Ghantelauze étant tombé assez gravement malade pour ne pouvoir plus sortir, M. de Guernon-Ranville resta auprès de lai, afin de lui donner des soins. Puis M. de Peyronnet, que la présence des factionnaires importunait et irritait, en lui rappelant sans cesse la privation de sa liberté, renonça à toute promenade. Il s'enfermait dans un mutisme qui n'était pas sans dignité. Il

i , Archives nationales.

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