‹ Le procès du Gal. Boulanger-Rochefort-Dillon, devant le Haute Cour deChapitre 5 sur 29 · PRÉSIDENT DE LA HAUTE COUR DE JUSTICE · texte numérisé non relu

PRÉSIDENT DE LA HAUTE COUR DE JUSTICE

« Nous allons procéder à V appel nominal; vous avez dé à la peine, il est juste que vous soyez à l'honneur.

(Séance du 13 août 1889.)

que dans riotérèt de l*armée et qu'il a dissimulée sous forme de subvention à la presse.

Et il ne s'agissait pas de saisir l'opinion de certaines questions militaires, comme cela a pu se produire à certaines époques ; il n'était question que de sa glorification personnelle et de sa propagande politique.

Quatre mois après avoir quitté le ministère, Boulanger s'est préoccupé de celte situation ; il a fait dresser une note soi-disant justificative, grosse de mentions inexactes, a exprimé le dessein d'obtenir quitus pour le fonds de réserve en même temps que pour les fonds secrets, et même a rédigé à cet effet une lettre pour le chef de l'État ; m^is peut-être a-t-il trouvé que cette démarche offrirait des dangers, et il y a renoncé. Lorsque Boulanger quitta le ministère, on lui offrit un commandement ; il refusa, prétendant, dit-il, rester quelque temps à Paris pour mettre ordre à ses affaires.

Un témoin autorisé a expliqué en ces termes ce qu'étaient les affaires de Boulanger ; « Le général, a-l-il dit, recevait à l'hôtel du Louvre un nombre considérable de personnes et était chaque jour accompagné d'un nombreux état-major d'officiers dans sa promenade au bois de Boulogne ; le gouvernement, préoccupé de ces agissements, invita le ministre de la guerre à lui donner un commandement en province. »

L'accusé, dont cet éloignement contrariait les plans, remercia de celte nouvelle faveur en faisant crier à l'exil ; V Intransigeant déclara qu'il était déporté.

A cette heure, le complot était formé, il était mûr : on va le voir en plein fonctionnement. C'est à celte heure aussi qu'apparaissent ceux avec qui Boulanger l'a organisé : Dillon, son camarade de l'École militaire, son compagnon inséparable; Henri Rochefort, un des visiteurs assidus de la rue Saint-Dominique.

Dillon (Arthur), fils de Pierre Dillon et d'Adèle Poitevin, a été lieutenant de cuirassiers. C'est en 1868 qu'il s'est avisé, sans cause connue, d'ajouter à son nom le titre de comte au bas de leltres missives. Dès cette époque, il a été l'objet d'une plaint j assez grave de la part d'un créancier.

Démissionnaire en 1869, il a repris du service en 1870, mais paraît n'avoir pas fait la campagne, car, trois ans plus tard, en portant plainte contre lui, un créancier dit l'avoir hébergé pendant la guerre aux environs du Monl-Saint-Michel. Sa nomination de capitaine souleva des protestations, et, à l'époque de la revision des grades, la note ci-après fut placée à son dossier : « Officier à ne pas conserver, n'a jamais paru au régiment. »

Il devint par la suite chef d'escadron dans l'armée territoriale; en 1878, il fut déféré à un conseil d'enquête sur les indications d'un

officier de cavalerie (le marquis de L...), comme s'élant paré de son litre pour faire des opéi-alions avec des marchands de chevaux anglais. Les renseignements recueillis alors sur son compte furent des plus fâcheux. « Il donne, disait-on, son adresse rue..., n° 111. Mais il n'y va que pour retirer ses lettres, et cache son domicile réel pour se soustraire aux poursuites de ses créanciers. »> Ceux-ci Taccusent de déloyauté, son honorabilité est gravement compromise. Le conseil d'enquête le déclara absous, mais la vie privée de Dillon ne fut pas jugée conforme à ce qu'exige la dignité d'un officier. Il fut, en conséquence, suspendu pour un an, puis après il donna sa démission.

Depuis lors, il semble avoir appartenu au monde des affaires et s'être enrichi par un mariage.

Henri Rochefort e^t trop connu pour qu'on ait à donner à la justice des renseignements sur son compte.

Depuis longtemps, il a érigé en profession la diffamation et Tappel à la violence. On sait ce qu'il a fait en 1871 ;car, si la condamnation est effacée, la honte demeura ineffaçable. La conspiration de Boulanger ne pouvant conduire qu'à la guerre civile, Rochefort y avait sa place marquée. Mais ce qui n est pas explicable chez cet homme, dont tout le monde connaît la conduite pendant l'invasion, c'est son audacieuse affectation de patriotisme.

C'est par la production des articles de V[ntransigeant que sa coopération a été mieux établie par l'instruction.

H convient toutefois d'y ajouter qu'au dire d'un témoin honorable il a prélevé pour sa feuille 100,000 francs sur la caisse du complot.

Ce qui démontre clairement cette influence et cette connivence, c'est que Rochefort a toujours annoncé la veille, dans son journal, ce que Boulanger devait dire ou faire ie lendemain. De même, pour toutes les scènes de violence, c'est lui qui a donné le mot d'ordre, qui a provoqué et fixé les rendez-vous.

Ce complot a eu incontestablement pour but de détruire le gouvernement existant. Ce n'est pas aux mots qu'il faut s'arrêter, mais aux faits eux-mêmes : Boulanger ne s'était entouré que des ennemis de la République ; les princes et leurs principaux confidents formaient alliance avec lui ; les anarchistes Morphy, Soudey et autres éiaient au nombre de ses lieutenants.

Il acceptait l'argent de l'étranger ; son but était d'imposer au pays sa dictature avec le titre de protecteur ou de consul à vie ; il cherchait à savoir si certaines chancelleries l'accepteraient, remerciait les correspondants qui lui parlaient d'un prochain coup d'Etat ou ceux qui lui écrivaient du fond d'un presbytère : « Nous sommes vos fidèles sujets. ')

Dès qu'il fut tombé du ministère, le complot, complètement or-

ganisé, entra dans la période d'exécution. Lo 28 mai éclata une première scène de désordre. Des bandes parurent devant les Boufifes, criant : c Vive Boulanger I » et furent dispersées prés de rOpéra. Le 31, une échauifourée plus grave se produisit devant le Cercle militaire. Plusieurs colonnes convergèrent vers le faubourg Sainl- Honoré, aux cris de : « ViveBoi langei ! A l'Elysée ! » Dans la seule rue d*Antin, il fallut s'attaquer à une bande de 1,500 personnes, masser de la pavalerie devant la Chambre et occuper fortement le palais du chef de TEtat.

Le 21 juin, l'ordre public ('lait menacé sur la rive gauche ; des rixes se produisaient au nom de Boulanger près de Cluny.

L'accusé s'est efforcé de décliner la responsabilité de ces désordres. A l'entendre, s'il avait voulu recourir à un coup de force, c'eût été au cours de son ministère, alors qu'il disposait de l'armée. Cette explication n'est pas admissible. En effet, tant qu'il a été ministre, il a préparé son avènement et ses menées sont connues; mais, avant d'agir, il fallait enlever le commandement suprême du Paris militaire à un général loyal et respectable entre tous, qui devait être aux heures de crises le plus incorruptible serviteur de la loi. Or il Ta tenté, mais il n'y est pas parvenu ; voilà l'obstacle qui l'a arrêté.

D'ailleurs, en se perpétuant au ministère, il comptait sur le temps, qui est toujours gros d'imprévu et qui mesure leurs jours aux vieillards. De la rue Saint-Dominique, il épiait l'Elysée.

Mais à la fin du mois de mai, quand il comprit que cette voie lui était fermée, il cessa aussilôt de conserver les apparences pour prendre l'attitude d'un révolté.

Rochefort lança la menace, et aussitôt la paix de la rue fut troublée.

Ces scènes violentes, qu'on fomentait presque chaque soir pour tàler la police et la garde républicaine, allaient être bientôt suivies de deux tentatives caractérisées d'attentat.

Boulanger devait partir le 8 juillet au soir pour Clermont-Ferrand. S'éloigner à ce moment de son centre d'inirigues, c'était Tajournement, sinon la ruine de ses espérances. Son entourage et lui en jugèrent ainsi. Mais comment rester? Rochefort imagina d'ameuter la foule et d'empêcher par elle le départ.

Un mouvement populaire bien dirigé pouvait tout changer en une heure. Le mot d'ordre fut donné en conséquence. Une bande de 10,000 à 15,000 individus prit Boulanger à l'hôtel du Louvre pour lui faire escorte; 20,000 hommes au moins le reçurent devant la gare et le portèrent en triomphe en brisant les portes. C'est là seulement que les meneurs démasquèrent leur plan.

Aussitôt plusieurs milliers de manifestants s'opposèrent au départ

du train. Tous criaient autour de Boulanger : « Il ne partira pas I A rÉIysée! »

Que faisait-il, cependant, en face de ce tumulte qui se changeait en émeute? Loin de chercher à l'éviter ou à le contenir, il se prêtait à tout, il attendait.

A un certain moment, les agents et les employés de la compagnie parvinrent à déblayer la voie et le chef de gare donna le signal du départ. Boulanger n'avait ajors qu'un geste à faire pour écarter ceux qui étaient près de lui, qu'à se détourner d'eux ; il ne le fit pas et resta. C'était l'encouragement. La foule aussitôt se rua de nouveau sur la voie; cinq cents personnes entourèrent la machine, se couchèrent sur les rails, se pendirent aux roues, et les cris redoublèrent : « Il ne partira pas I A TÉlysée ! »

La masse d'hommes augmentait sans cesse au dehors ; le chef d'exploitation télégraphiait de tous côtés pour avoir des sfecours.

Ce n'était pas une manifestation de sympathie, conime Tout prétendu les amis de Boulanger, car l'émeute grondait loin de. lui, comme auprès de lui.

De la fenêtre d'one brasserie, un inconnu agitait son chapeau au bout de sa canne, et à chaque signal la foule s'élançait; ta police était réduite à exécuter des charges incessantes sur la place de la Bastille, et pendant que ces masses étaient concentrées dans le quartier de la gare, une bande forte de plusieurs centaines «.'individus marchait sur PÉlysée au cri de : « Vive Boulanger! » Des rassemblements considérables se formaient aux abords de l'Opéra.

L'existence des meneurs et la constatation d'un mot d'ordre sont également exclusives de l'idée d'une maniteslation de sympathie pacifique.

Boulanger aurait pu mettre fin à ce désordre m quittant la gare ; il resta. Tous les détails recueillis dans rinstruction établissent qu'il a incontestablement déchaîné l'cmeutc le soir du 8 juillet 1887.

L'eft'ervescerxe se prolongea. Quand il eut enfin quitté la gare, les furieux se répandirent au dehors en criant: « A l'Elysée! A bas Grévy! C'est Boulanger qu'il nous faut! » Une colonne^ la plus agressive de toutes, était commandée par un officier en uniforme. Il y eut collision; une brasserie d'où partaient des projectiles fut enlevée d'assaut par la police. Quelques agents et M. le secrétaire général de la préfecture furent atteints. A minuit, les déploiements militair^es étaient encore nécessaires du côté de l'Elysée et de l'Opéra.

Il résulte des enquêtes que Boulanger n'a renoncé que malgré lui à l'exécution de l'attentat. Un des contingents sur lesquels il comptait sans doute, celui des anarchistes, lui a fait défaut. Cependant l'exaltation croissante des bandes, encouragées par sa

présence, aurait pu suppléer au nombre, quand un énergique officier de paix pénétra dans la gare à la lête de cent cinquante agents et prit la foule à revers : celle-ci ne sut pafs à quelles forces elle avait affaire et se rejeta en désordre sur les quais.

C'était la défaite. A cet instant, le chef de gare adjura Boulanger de partir; un ami, qui jugeait sans doute la partie perdue, lui conseilla aussi la retraite. Sa troupe était refoulée ; il pouvait craindre une arrestation. C'est alors seulement qu'il a consenti à monter sur une machine et à disparaître.

Mais il ne renonçait que momentanément à la tentative d'attentat ; la date de son retour offensif était déjà fixée.

En effet, peu d'instants après, ses affîdés vociféraient dans les groupes : « On reoommencera le 14. » Rochefort, dans sa feuille, invitait le public à faire à la revue de Longchamps une manifestalion colossale.

Le plan était visible ; les régiments de la garnison de Paris avaient été ardemment travaillés. Boulanger, jugeant Tarmée d'après lui-même, la croyait capable d'indiscipline.

On projeta donc de Tébranler par des clameurs et d'obtenir des défections. Le cortège officiel, les généraux de Tarmée furent insultés devant les troupes ; des pierres furent lancées sur le passage des membres du gouvernement ; si le ministre de la guerre ne fit pas charger, c'est que les bandes apostées s'abritèrent derrière un rempart de femmes et d*enfanls.

L'instant fut critique. M. Deroulède, caché au fond d'un massif, près de la Cascade, recevait, de minute en minute, ses émissaires et donnait des ordres. Près de l'Étoile, un régiment fut cerné par des bandes d'hommes disciplinés, obéissant visiblement à un mot. d'ordre, qui le pressèrent sur son centre et sur ses flancs et tentèrent de le couper à plusieurs reprises. Il fallut recourir aux dispositions défensives les plus sérieuses.

On avait été réduit à renforcer sur l'heure la garnison par l'appel de deux régiments de Senlis et de Mel.un.

L'attaque avorta, mais Tinsuccès de la journée ne découragea pas les criminels, et, au milieu de la nuit, ils firent marcher une colonne de 1,500 ou 2,000 émeuliers sur le palais de lÉlysée.

Là encore, force resta à la loi.

Que faisait Boulanger en ce moment-là? Il avait quitté secrètement le siège de son commandement, trois jours après sa prise de possession, avait feint une maladie pour ne point passer la revue de ses troupes à Clermont, et était venu se cacher à Paris, où il attendait l'issue de l'événement chez un de ses agents secrets.

Pour mieux dissimuler sa présence, il fit alors publier une lettre qui portait en tête : * Clermont-Ferrand, 14 juillet* »

Co nouveau coup manqué, il caresse -encore l'espoir d'une prompte revanche, ainsi que le prouve une dépêche chififrée qu'il adresse le 30 à Deroulède et dont voici les termes : « N'avez pas répondu si vouliez encourager effervescence. »

Le 6 août, un de ses confidents lui écrivait : .

« J'attends des instructions écrites et les exécuterai. J'ai toujours considéré ce qui vient de se passer comme un prologue, mais je ne plaçais le premier acte qu'à la rentrée des Chambres. Tu pourrais avoir raison. J'attends des ordres. »

Le lendemain 7, Dillon télégraphiait :

a La période des plaidoyars est terminée. Préparons-nous aux faits, et préparons ces faits à notre convenance. Encore une fois, la situation est bonne. Conservons <Ia pour le moment, mais préparons la reprise. »

La traduction de ces dépêches a été laborieuse. On l'a due surtout à la découverte des papiers cachés dans une mercerie avec les preuves de l'embauchage. Chacun des principaux affiliés avait un livret en son nom ; c'est Dillon qui, avec une science véritable, avait arrangé les compUcations des cliiffres. La possession de ces notes manuscrites seule a permis la traduction de certains télégrammes.

Mêmes précautions étaient prises pour les adresses et les signatures. Boulanger s'appelait Spes^ ou Crimée, ou Jeanne, ou Emile. Ses courriers politiques lui parvenaient sous double enveloppe, à l'adresse de M. Desblancs. M. Thiébaud recevait les dépêches chiffrées sous le couvert d'une dame de sa famille. M. Deroulède empruntait parfois le nom de Flachon, parfois s'appelait Mademoiselle Maldagne, Mademoiselle Prudence Bransse, C'est sous ce dernier vocable que, dès le 20 juillet, Boulanger lui offrit une candidature dans la Meuse.

Dillon, à partir de ce moment, fut le correspondant et le conseiller de chaque jour.

Rochefort fît mieux : il donna sur place un autre lui-même dans la personne de Baillière, ancien fonctionnaire de la Commune et son ancien compagnon d'évasion. Ce Baillière, dès le premier jour, devint, à Clermont, le séide et l'agent du général.

Les émissaires politiques abondaient à l'état-major. On y voyait, tour à tour, Morphy, l'anarchiste, et M. Thiébaud, l'impérialiste. Souvent aussi Boulanger venait clandestinement ou disparaissait dans d'autres directions.

C'est ainsi que le 1^' janvier 1888 il partit, après l'heure des réceptions, vêtu d'un pardessus gris, coiffé d'un chapeau gris, mou, dont il avait rabattu les bords. Ainsi déguisé, il arriva lo soir à Lyon, et déclara se nommer Louis Solard, âgé de quarante-six ans,

propriétaire. Il gagna, le lendemain malin, la gare de Perrache. Quelque temps après, le bruit se répandait, au delà de fa frontière, qu'il s'était rendu à Prangins.Le fait, il est vrai, n'a pas été démontré, mais, du moins, on a la certitude que Talliance a été conclue.

Sur ces entrefaites, les agents de Boulanger se livraient à des tentatives de corruption de fonctionnaires en annonçant que Tavènement de leur maître au pouvoir ne se ferait pas longtemps attendre.

Boulanger manifestait toujours le même souci de se faij'e valoir et de fixer Tattention au point de vue de ses ambitions politiques.

Tantôt il lançait une lettre-manifeste par Tentremise de M.' Laur, tantôt il calomniait le ministre de la guerre dans certains journaux, tantôt il agitait le pays par ses candidatures multiples de candidat inéligible

En vain, il niait l'évidence ; sa correspondance déchiffrée le confondit. Krappé de trente jours d'arrêt, puis déféré à un conseil d'enquête, il était, au mois de mars 1888, condamné par les généraux pour fautes graves contre la discipline et était mis d'office à la retraite.

Dans Pintervalle, il s'était rendu coupable d'une troisième tentative d'attentat.

A la fin du mois de novembre 1887, il se trouvait régulièrement à Paris en qualité de membre de la commission de classement des officiers. C'est alors que la crise présidentielle causa une profonde émotion dans les sphères politiques. Les réunions et les pourparlers se multiplièrent. L'inquiétude était générale ; aussi le ministre de la guerre crut-il opportun d'ordonner à tous les généraux en chef de rejoindre leur poste. Boulanger seul désobéit et passa la nuit suivante en conciliabules. C'était une double infraction à ses devoirs militaires les plus stricts.

Il ne s'en tint pas là. Certains hommes politiques soulevant en sa préscitce l'hypothèse d'un mouvement populaire et d'une lutte en face de l'armée, il rompit tout à coup un silence « énigmatique », pour dire que l'armée resterait dans ses casernes. Ce propos séditieux était, comme l'a fait remarquer un général, de nature à motiver son renvoi devant un conseil de guerre.

Kn sortant de celte réunion, il alla en présider une autre plus intime, dans laquelle tout un plan fut élaboré. Un de ses amis secrets devait prendre la présidence du conseil, et le sieur l.aguerre devait être chargé des postes et télégraphes. On oublierait (sic) de faire protéger par la police et par la troupe l'ÉIysée et le Palais-Bourbon; les bandes soudoyées manifesteraient donc en toute liberté et expulseraient sans coup férir le chef de l'État et les députés ; après

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