‹ Le procès du Panthéon: 4 juin-10 et 11 septembre 1908, Grégori, Dreyfus et Zola, devant le juryChapitre 4 sur 15 · ADRESSÉE A M° MENARD · texte numérisé non relu

ADRESSÉE A M° MENARD

et lue éx V audience de la Cour d'Assises du 11 Sejyfemhre 190S

3, rue de Douai.

Monsieur,

La question sera posée, S^il est vrai que la Cour de Cassation a falsifié un article du Code, ce faux n'est pas plus respectable que le faux Henry. J^en parle en homme qui fut un (( Dreyfusard » de la première heure — et qui le regrette profondément.

Vous m'entendez : certes, je ne regretterais point d^avoir perdu le meilleur de ma jeunesse à défendre la cause de cet Alfred Dreyfiis, si sa cause avait été vraiment, comme on réussit naguère à nous le faire accroire, celle du droit et de la vérité. Mais ce n'était là que la plus criminelle des impostures. Les véritables faussaires furent les hommes qui, nous annonçant une ère de justice et de liberté et nous leurrant de ces magnifiques espérances, ne nous ont donné que le Parlement des Quinze- Mille et cet abject régime d'arbitraire, de mensonge, de favoritisme et de fraude qu'on ose encore appeler la République.

Je suis sur d'exprimer ici le sentiment des liomnies de ma génération, dupes et victimes de la même erreur, qui assistent aujourd'hui, frémissants de colère et de honte, à la faillite de leur idéal. N'avons -nous tant donné de nous-mêmes que pour ' garnir de foin le râtelier de Lanes ?

Gustave Téry.

A ÉPOUARP PRUMONT

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