LE PROCES PACHE XIII
mettraient un Vaiiet à leur tête, il leur en arriverait autant ».
Des dépositions qui figurent à notre dossier, celles de Sagnier et Langlois sont les seules qui reposent sur un fait précis.
Mentionnons sans y insister les dépositions de Jean Daval, deGérente et de Becqueret devant le comité civil de la section du Luxembourg. Jean Daval et Gérente, membres de la section de Mutius-Sca'vola, relatent un propos de Pache, lorsqu'il présidait l'assemblée générale tenue dans l'église Saint-Sulpice dans la nuit du 2 au 3 septembre 1792. Il se serait opposé à l'envoi d'hommes pour empêcher les massacres de l'Abbaye, sous prétexte qu'on n'avait pas d'ordre et que les scélérats qu'on égorgeait à la mairie ne méritaient pas la peine qu'on s'occupât d'eux.
Becqueret raconte tout un roman. En décembre 1792, il avait appris qu'il se formait une conspiration en Bretagne, de concert avec l'Angleterre, dans laquelle étaient entrée deux mille émigrés armés, alors à Jersey et Guernesey. Le Conseil exécutif provisoire arrêta que le ministre de la guerre ferait passer 7.000 hommes pour s'opposer à cette conjuration. Le ministre de la guerre (alors Pache) n'exécuta pas l'arrêté du Conseil. Il resta fort tranquille, ce qui laissait aux conjurés le temps d'exécuter leurs perfides projets. Comme le citoyen Becqueret ne se lassait pas d'aller faire ses révélations, le comité révolutionnaire de la section du Luxembourg le fit arrêter, le 2 juin, et incarcérer aux Carmes avec seize autres de ses concitoyens.