III
DOUMERT à PACHE
Paris, le ^i octobre I'JÇ2, Van I^^ de la République française.
Au ministre de la guerre, l'administrateur des subsistances militaires.
Citoyen,
L'administration des subsistances militaires ne connaît point le soi disant citoyen Jean Bouquet, et elle n'a chargé qui que ce soit de requérir ni d'employer aucune force armée, pour des transports de denrées ou approvisionnements quelconques, soit à Paris, soit aux environs.
Elle désirerait même que l'imposture fiit punie de manière à en imposer aux malveillans et à disculper les agents des subsistances militaires.
L'administrateur des subsistances militaires.
DoUMERT.
IV [q\
ROLAND à PACHE
Le désordre, mon cher collègue, devient extrême dans Paris, l'on arrête les subsistances à l'entrée de la ville; je n'ai que la réquisition à opposera tant de maux, ettoutes celles que j'ai faites au commandant de la garde nationale ont été infructueuses : je vous prie d'écouter les bons citoyens qui se présenteront à vous, et de leur donner main forte pour que Paris soit approvisionné et maintenu en paix.
Paris, le ^i octobre Je Vaii A''' de la République.
Roland.
Conseil. — Parler au citoyen Pache d'une troupe de 600 hommes environ qui est en garnison à Saint-Germain et qui y montre la plus grande insubordination et y commet des désordres. Les officiers ne peuvent la contenir. On rapporte que ces jours passés Santerre fut en passer la revue, qu'il caressa beaucoup ces soldats, but avec eux et qu'il s'en fut chancelant sur son cheval. S'il arrivait quelque chose à Paris, n'aurait on pas tout à redouter d'une troupe comme celle-là, dont les agitateurs s'empareraient avec la plus grande facilité.
On croit que le seul moyen de la rétablir dans la discipline ce serait de l'envoyer aux frontières; la présence de l'ennemi et la nécessité de la rigueur la forcerait de soumettre les mauvais sujets ou de les expulser.