‹ Le procès Pache (extraits du dossier)Chapitre 22 sur 66 · VI · texte numérisé non relu

VI

Paris, i6 Décembre, l'an /''•' de la République.

MERLIN, (de Douai), député à la Convention nationale au citoyen PACHE, ministre de la guerre

Le vif intérêt que m'a inspiré pour vous une profonde estime de vos vertus, m'oblige de vous faire part de ce qu'on m'écrit sur votre compte de l'armée des Pyrénées, en date du i (?) de ce mois.

« J'ai quitté l'excellent général Servan ce matin ; il se rend « au poste de Toulouse, il m'a encore répété que le Ministre de (( la Guerre était à lui faire la/-'* réponse à y lettres Importantes « qu'il lui a écrites, il n'y a pas une pièce de canon dans cette « armée des Pyrénées, il n'y a pas le commencement d'un maga- « sln et l'on veut nous aventurer ? »

Voilà ce que m'écrit un homme bien zélé pour la chose publique. Je dois ajouter qu'il n'est pas le premier qui se soit plaint à moi de l'excessive lenteur de votre correspondance : on accuse hautement quelques chefs de vos bureaux d'aimer plus leurs plaisirs que le travail. Je ne sais si cette accusation est fondée ; mais j'ai cru devoir vous la déférer, averti des plaintes qui s'élèvent, vous serez à même d'y faire droit si elles sont justes.

Merlin (de Douai).

VII [I] ROLAND à PACHE

J'apprends dans le moment, par un témoin du fait que la secion du Luxembourg vient d'arrêter de se mettre cette nuit en

insurrection, comme dans la nuit du 9 au 10 août, de se distribuer dans les sections, d'aller assassiner Louis Capet, quelques ministre et plusieurs députés de la convention. J'en informe le Maire et le charge de prendre les mesures convenables : l'on va en instruire la Convention, et je crois devoir convoquer le conseil à l'instant.

27 Décembre, Van 7^'' à 10 heures du soir.

Roland (i).

VIII [5] ROLAND à PACHE

Je dois vous prévenir, mon cher collègue, qu'il y a une nouvelle conjuration, formée ce matin chez un nommé Perret, ancien maire d'Avignon, qui est à la tête du Club des Cordeliers et du parti Marat, des Marseillais; il est question: 1° de se porter à la commune, d'y enlever tous les papiers, pour la mettre dans l'impossibilité de rendre des comptes; 2° de se porter chez moi, chez Buzot et autres députés pour nous égorger. Voilà ce dont je suis sûr ; j'ai les noms de ceux qui ont vu et entendu.

Je reçois l'avis d'une autre part, que le commandant général n'a donné sa démission que pour n'être pas sous les ordres du ministre de la guerre ; mais que son but est d'être proclamé par le peuple, maréchal de la République. Il agite déjà et se fait des partisans. L'on pense que vous pourriez prévenir ces malheurs, en hâtant l'arrivée du bataillon d'Autun et de prévenir les Marseillais et

(i) En marge : « Instante

autres. Il parait que le temps presse, et que vous seul pouvez parer à tout.

Je vous salue. R.

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