LE PROCES PACHE III
pour sa gestion au ministère de la guerre et pour son rôle dans la journée du 3i mai. A la Convention nationale, Bourdon (de TOise) réclamait sa mise en jugement (i). Au Comité de sûreté générale, Bergoeing, le membre de la Commission des douze qui avait dénoncé « la longue conjuration des Jacobins pour dissoudre la Convention nationale, » prit les poursuites en main et voulut connaître « tout ce qui était relatif à la conduite politique de ce ci-devant ministre et maire » (2) qui, désabusé, se contentait à Chartres du titre « d'homme de lettres ».
L'un des premiers actes de la procédure fut la levée des scellés apposés au domicile de Pache. L'opération dura du i5 au 24 thermidor.
Avant la Révolution, Pache avait été secrétaire de la iMarine et pensionné en cette qualité. Un carton rempli de papiers, notes, mémoires relatifs aux vins, huiles, salaisons, biscuits et autres objets de première nécessité pour la marine peut donner idée des attributions de Pache sous le ministère du duc de Castries.
Appelé au ministère de la guerre par la contiance de
(1) Séance du 9 ventôse an III 24 mai i7o5) : « Il faut que vous débarrassiez enfin le sol de la liberté des membres qui n"ont été révolutionnaires que pour puiser dans le sac ou pour tremper leurs mains dans le sang. Un Pache, un Bouchotte, un Marchand, un dAubigny, un Héron, un Audouin et bien d'autres scélérats doivent enfin sabir la peine de leurs forfaits. Il n'y a que la mort qui puisse les empêcher d'ébranler de nouveau les colonnes de la liberté. »
(2) Lettre du Comité de sûreté générale à l'accusateur public Ju tribunal criminel du département de Paris suivant l'instruction contre les membres du comité révolutionnaire du Contrat -social en date du 19 thermidor an III. — Arch. nat., af* ii, 27g.
IV LE procp:s pache
Roland, Pache plia sous le fardeau. Témoig-nent de son labeur énorme ce tableau de ses opérations pendant sa gestion, les rapports par lui faits à la Convention nationale, les différentes soumissions et marchés sur l'habillement et campement des troupes, comme aussi plusieurs ordres à la force armée parisienne pour différentes cérémonies, des minutes et copies collationnées du compte du ministre, des tableaux sur les bouches à feu et leurs montures pour les armées de la République, des états de subsistances militaires et d'approvisionnements, une infinité de papiers relatifs à Tadministration de la guerre pour Tannée 1792, sa correspondance avec Dumouriez.
De toutes ces pièces le commissaire de police ne retint que vingt lettres, parmi lesquelles il faut mentionner six billets de Roland (du 3o oct. au 27 déc. 1792) sur l'insécurité, les troubles de Paris, les conspirations formées contre Roland et ses amis, et une curieuse lettre de Treilhard, qui conseille à Pache de fuir, le oi décembre 1792. « \'ous êtes perdu, si vous restez: les .Manuel, les « Thuriot. les .Marat ont gagné leur cause; fuvez ».
A cette date, l'administration de la guerre avait été vivement attaquée par les Girondins. On accusait Pache d'incurie et d'impéritie. Une de ses opérations de dé-