‹ Le Produit Net des Physiocrates et la Plus-Value de Karl MarxChapitre 7 sur 16 · CLASSE PRODUCTIVE CLASSE PROPRIÉTAIRE CLASSE STÉRILE · texte numérisé non relu

CLASSE PRODUCTIVE CLASSE PROPRIÉTAIRE CLASSE STÉRILE

500 millions.

1/2 produit net 100 millions.

4/2 produit net 100 millions.

et reviennent.

Anse 1/3 de reprises parier

100 millions. emnente |! à É] —

Ce que la classe

agricole avait

gardé par de-

vers elle...— 200 millions, Total de la re

production .. 500 millions.

Nous avons préféré donner cette exposition d’après l'abbé Baudeau, car les explications que Quesnay donne dans son analyse du Tableau économique (1), sont moins nettes. L'abbé Baudeau termine ses considérations, en

parlant du génie créateur du maître qui enfanta l'idée

(1) Physiocrates, éd. Daire, 2e partie, p. 867,

sublime du tableau qui peint aux yeux le résultat de la science (1).

B.— Explication du tableau publié par M. Oncken. Nous n'expliquerons pas le tableau économique publié par

: Ye Re l'association anglaise (2), nous nous occuperons au con-

(1) Œuvres de Quesnay, éd. Oncken, pp. 305 et suiv.

(2) M. Denis en donne l'explication suivante : « On retrouvera dans ce volume la reproduction du Tableau économique de 1758, d’après la publication de l'Association britannique. Les données de Quesnay sont celles-ci : au moment où il va retracer le mouvement social de la richesse, la‘production de la classe agricole a exigé 600 livres d’avan, ces, et les travaux de la elasse stérile, 300 livres : le produit net de la culture est de 600 livres, qui ont passé aux mains des propriétaires sous forme de monnaie. Ceux-ci en répartissent la dépense entre les cultivateurs et les industriels, par moitié dans l'hypothèse, achetant d’une part du pain, de la viande, du vin, etc., de l’autre des vêtements, ustensiles, meubles, etc. Les 300 livres reçues en échange par les cultivateurs sont dépensées, moitié en subsistances qu’ils produisent, moitié en produits manufacturés de la classe stérile: leurs avances renaissent ainsi avec un produit net correspondant de 300 livres, comme on le voit sur le diagramme. Les 300 livres du produit net que la classe stérile a reçues en échange des propriétaires sont à leur tour consacrées moitié, 450 livres, à reconstituer une partie des avances de cette classe, moitié à acquérir des matières premières et subsistances de la classe agricole. Celle-ci rentre, par là, dans une partie nouvelle de ses avances qui reconstituent un produit net correspondant (150 livres) : elle consacre une partie de cette somme, la moitié, à acquérir des produits manufacturés ; on assiste alors à des sous-divisions successives des dépenses des deux classes, qui aboutissent à des reconstitutions partielles de leurs avances respectives et le processus total embrassé par Quesnay reproduit les avances des deux classes laborieuses : 6004300 livres, et le produit net des propriétaires (609 livres), en tout 1.500 livres comme on le voit indiqué sur le

traire de celui publié par M. Oncken (1), car, en le rapprochant de la lettre de Quesnay à Mirabeau, insérée par M. Schelle dans son intéressant ouvrage sur /e docteur Quesnay (2), on peut obtenir quelques éclaircissements. Au début, on suppose que l’agriculture dispose de 400 livres et que l’industrie, de son côté, est en possession de 200 livres pour ses avances également : tel est le point de départ. Ces sommes représentent des richesses extraites jadis de la terre, accumulées peu à peu, devenues capital. Les 200 livres des industriels se composent d’avances annuelles, c’est-à-dire de matières premières

nécessaires à la confection des produits, d’argent indis-

schéma de Quesnay même » : Histoire des Systèmes Economiques et Socialistes, vol. 4, p. 94.

M. Schelle explique ce tableau comme il suit : « Ainsi, selon l’hypothèse du schéma, les partages successifs du produit net se font toujours par moitié; sur 600 livres de revenu, chiffre du texte définitif du tableau, 300 vont à l’agriculture, 300 à la classe stérile. Les 300 de l’agriculture se divisent en 150 conservées par l’agriculture et qui reconstituent 150 livres de produit net; les 300 de la classe stérile se divisent aussi en {50 qui vont à l’agriculture pour reconstituer un produit net et en 150 qui sont consommées en frais de toute sorte, et ainsi de suite.

« En d’autres termes, dans l'hypothèse de Quesnay, l’agriculture reçoit en avances annuelles et reconstitue en produit net un demi, plus un quart, plus un huitième, plus un seizième, etc., du produit net primitif. Comme la somme de ces fractions est égale à l'unité, l’agriculture reconstitue autant de produit net qu’elle en reçoit. » Schelle : Le Docteur Quesnay, pp. 265 et 266.

(1) V. Oncken, Geschichte der Nationalükonomie, ». 324.

(2) V. Le Docteur Quesnay, Schelle, pp. 390 et suiv.

pensable au payement des salaires. Les 400 livres de la classe agricole donnent 400 livres de produit net. Les propriétaires dépensent cette somme, moitié en achats aux agriculteurs, moitié en achats aux industriels. Classe productive et classe stérile se trouvent de ce fait en possession de 200 livres chacune. Que font-elles de cette somme? Eh bien, elles agissent à leur tour comme les propriétaires, elles en consacrent une partie à l’achat de produits agricoles et l’autre à l'achat de produits industriels (1); et toutes les sommes qui sont payées aux cultivateurs donnent un nouveau produit net qui circule à son tour comme le premier. Si, par exemple, un propriétaire achète une pièce de toile 10 livres, 5 livres vont peut-être à la classe agricole (prix du lin) et 5 livres à la

classe stérile (prix du filage et du tissage). IL y a ainsi

(1) D'une manière générale, pour résumer le mécanisme tel que le conçoit Quesnay, on peut dire que chaque groupe d'individus se trouve successivement en possession de sommes d'argent qui se divisent toujours en deux parties, dont l’une va à la classe stérile et l’autre à la classe agricole et qu’ainsi, peu à peu, toute la somme primitive retourne à la classe agricole. Si nous prenons l’exemple du revenu de la classe propriétaire : « Ce revenu se partage par la dépense du propriétaire, à peu près également, la moitié retourne à l’agriculture pour les achats de pain, viande, bois, etc... L'autre moitié du revenu du propriétaire est employée par celui-ci aux achats des ouvrages de main-d'œuvre pour ses entretiens de vêtements, ameublements, ustensiles et de {outes autres choses qui s'usent ou qui s’éteignent sans reproduction renaissante de ces mêmes choses. » V. Lettre de Quesnay à Mirabeau, publiée par Schelle. Le Docteur Quesnay, pp. 391 et 392, ;

56 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE Il

plusieurs circulations quis’entre-croisent, pendant que toujours, peu à peu, la terre seule jette sur le marché des valeurs nouvelles.

Telle est la conception générale, mais à notre avis, la lettre de Quesnay à Mirabeau est plus claire que les zigzags, bien que le docteur se soit figuré qu'ils étaient

d'une grande utilité pour clarifier les idées (1).

- Quoiqu'il en soit, dans son ensemble, le tableau est un essai fort intéressant, on comprend qu'on ait comparé la circulation des richesses telle que la présente Quesnay à la circulation du sang. On peut alors, pour classer un peu toutes les multiples courbes de la circulation, parler d’une petite et d’une grande circulation (2); la première ayant lieu entre les agriculteurs, les propriétaires et la terre, la seconde est celle qui s'effectue entre les trois classes. On peut aussi donner à ces deux grandes divisions d’autres dénominations : la petite circulation

étant celle qui a lieu entre la terre et l’homme sera

(1) Voici l'opinion de Quesnay à ce sujet : « Ainsi le zizac bien conçu abrège bien du détail et peint aux yeux des idées fort entre” lacées que la simple intelligence aurait bien de la peine à saisir, à démêler et à accorder par la voie du discours ; encore ces idées seraient-elles fort fugitives, au lieu qu’épurées dans l'imagination par le Tableau, ni elles ni leurs combinaisons ne peuvent plus échapper, ou seront, du moins, très faciles à se représenter toutes ensemble dans leur ordre et dans leur correspondance en un seul aspect, où l’on peut méditer à l’aise sans y rien perdre de vue et sans que l'esprit se charge de l'arrangement. » V. Le Docteur Quesnay, pp. 394 et 393.

(2) V. Hector Denis, op. cit., vol. I, pp. 81 et 84

appelée physico-sociale; la grande circulation qui se produit entre toutes les classes et qui se ramifie aussi à l’intérieur de chaque classe sera dénommée circulation sociale (1). L’une aboutit à la création du produit net, l’autre n’augmente pas d’un seul liard la masse de valeurs existante, quelles que soient les divisions subies par cette masse, quels que soient les procédés de partage employés par tous les hommes dont le but principal est d'obtenir la plus grande part possible du Don de la Nature.

(1) M. Deschamps, à son cours de Doctorat, année 1905-1906.

LA

Page 1