DU VIOLON
A l’orcbestre, les violons {yioliui, au singulier violino), sont divisés en nombre égal de premiers et de seconds. Le plus ordinairement, les premiers violons doublent le cbant, suivent la partie principale, ou font divers dessins qui ne sont que des variantes de ce chant; tandis que les seconds violons exécutent d’autres dessins, des sons doubles et soutenus, ou des arpèges (jui servent d’accompagnement intermédiaire entre le premier violon et le violoncelle, qui fait la basse de l’harmonie. Parfois aussi leurs sons se croisent.
La grande étendue du violon, son timbre, qui joint la douceur à l’éclat; la faculté iju’il a de soutenir les sons simples ou doubles; de les modifier a volonté dans leurs nuances, ou de les faire secs et brefs; de rendre des accords de trois et de quatre sons, mais en arpèges rapides; d’imiter les instruments dont les cordes se pincent à la manière des guitaristes; d’aborder toutes les sortes de traits vifs, ou de chanter comme la voix la plus pure, tous ces avantages font du violon l’instrument le plus riche de l’orchestre, comme il en est le plus indispensable.
L’emploi de- la sourdine, fait à propos dans des morceaux de mouvements lents ou modérés, en atténuant le brillant du violon, répand sur ses accents une teinte de mélancolie pleine de suavité.
Quekpiefois, on fait rendre au violon des sons nazards, en glissant légèrement l’archet très près du che- \alol. Quand c’est l’intention du compositeur que cette qualité de son soit produite, il l’indique par les iTiols poniicello, sul ponticello , mot à mot sur le petit pont, nom que les Italiens donnent au chevalet.
Dans les airs de danse espagnole ou italienne, on cherche à imiter, quoique d’une façon assez imparfaite, l’effet des castagnettes, en faisant bondir la pointe de l’archet sur les cordes.
' 1 ) L’éleiulue de l’ancienne li rpe, accordée en mi b, était de six octaves, à partir de l’oclave inférieure de ce mi b
La clef (le sol est celle du violon. Ses cordes à vides (celles qui résonnent sous l’archet sans la pose des doigts), sont accordées à la c[uinte inférieure l’une de l’autre, au diapason cpie voici ;
sol
Ces cordes sont de boyau; mais la quatrième est filée, comme on s’exprime, c’est-à-dire qu’elle est recouverte d’un fil de laiton très délié.
La première et la plus fine^ celle qui donne le mi, se nomme chanterelle. C’est aussi le nom de la première corde (la) de l’alto, du violoncelle, et même de la eontre-basse à trois cordes.
L’étendue du violon, pour l’orchestre, est de trois octaves, à partir du sol à vide; mais le sol de la troisième octave est déjà criard et d’une cjualité moins agréable à mesure (pi’il est donné par une plus grande masse de violons exécutants, surtout dans le forte. C’est pourquoi les anciens compositeurs ne passaient pas le fa au-dessous. Dans le solo, au contraire, l’artiste, plus libre d’amener à sa guise les sons sur-aigus, et de les nuancer à volonté, augmente cette étendue d’une quarte, et même d’une sixte à l’aigu.
Il est évident qu’on ne peut l’augmenter au grave, à moins que ce ne soit en changeant l’accord de r instrument, ce que fait quelquefois le violoniste-solo, par une combinaison particulière, laquelle a pour but de ren dre l’instrument d’autant plus brillant (ju’on lui conserve ses à vide, au moyen des gammes diésées ; et qu’on les ôte, au contraire, aux autres instruments de l’orchestre, dont on diminue encore l’éclat par les gammes bémolisées (ju’on leur donne. Paganini, et, avant lui, Mazas, ancien élève du Conservatoire, usaient volontiers de eette supercherie, du reste très permise.
Les ù vide ré, la et mi, se font aussi par la pose des doigts sur les cordes voisines : ces notes ont alors moins de brillant, ou de sonorité; mais cette raison est précisément ce qui engage à les faire presque toujours ainsi, afin de mettre d’autant plus d’égalité entre tous les sons de l’étendue générale. Si, au contraire, on veut que ces ci vide aient momentanément l’éclat de leur timbre naturel, on en avertit en écrivant un zéro au-dessus de la note à vide.
(iluck a tiré parti de ce double effet dans un air de danse cV Iphigénie en Tauride.
Le la des deuxième et quatrième mesures se fait alternativement sur la deuxième corde à vide, et sur la troisième, en y posant le doigt. Quekpies musiciens se font un jeu de suivre l’intention de l’auteur sur les sixième et huitième mesures de ce fragment, au moyen de positions particulières sur le manche du violon; il n’y a pas d’à vide alors, mais changement de timbre du même son donné par deux cordes différentes. On voit aussi ce moyen employé dans les quatuors d’Haydn et de Mozart.
DE l’alto.
L’a/(o, que les Italiens nomment viola (viole), est monté aussi de quatre cordes de boyau, dont la dernière est filée de laiton. Leur diamètre est proportionné au patron, ou dimension de l’instrument, plus
grand que celui du violon ; et les sons qu’elles rendent à vide sont à la quinte inférieure des cordes de eelui-ci.
En voici l’exemple comparatif ;
Coudes a vide