DU VIOLONCELLE (D
Doué d’autant de ressources d’exécution que le violon, mais opposé de timbre et de diapason, le violoncelle fait la partie inférieure de l’harmonie, qu’il soutient et conduit. Sa marche, généralement posée et régulière, a de la gravité, sans que, pour cela, il soit privé des traits et des arpèges légers, tant dans l’accompagnement cpie dans le solo, auquel il n’est pas moins propre que les deux instruments précédents, puisqu’il en a tous les avantages.
Quand il chante à son tour, ou quand il est solo, la contre-basse (qui donne l’octave inférieure des sons du
(1) Comme ce nom fait violvncdlo en italien, et que, dans celle langue, le c devant e fait tché, quelques-uns Iraduisenl maladroitement le mol, el disinl violvnehelle. Nous en avcriissous nos jeunes lecteurs, afin qu’ils ne tombent pas dans ce ridicule prélenlieux.
violoncelle) l’accompagne convenablement, en faisant la simple basse, tandis que l’alto et le violon remplissent l’harmonie. Dans le quatuor, l’alto même fait la basse, c’est-à-dire remplace le violoncelle, quand celuici chante dans les cordes élevées.
Quelquefois, on partage les violoncelles de l’orchestre pour un duo ou un trio, comme, par exemple, dans l’introduction de l’ouverture de Guillamne Tell, de M. Rossini ; et les contre-basses, si on le juge à propos, font une partie inférieure en notes posées. Le reste de l’orchestre garde le tacet, il sc tait.
Les sons à vide du violoncelle sont ceux de l’alto, mais à l’octave inférieure, à cause de la différence cpii existe entre l’un et l’autre, sous le triple rapport du diapason, de la longueur des cordes et de leur diamètre, outre le volume de l’instrument.
Exemple comparatif :
Alto.
sol ut
Violoncelle.
ré soi
ut
L’étendue générale du violoncelle varie entre deux octaves et une quinte, dans le simple accompagnement à l’orchestre; trois octaves dans la musique de chambre, telle que quatuors et quintettes, et une sixte en sus dans le concerto. Exemple:
Orchestre, —
Quatcor ou solo A l’orchestre.
Concerto.
L’emploi indispensable de ces trois clefs est moins l’effet du diapason de l’instrument que celui de son étendue, en meme temps qu’il fait éviter l’enqdoi trop fréquent des lignes supplémentaires. En outre, ces clefs ont l’avantage de présenter toujours les sons à leur diapason vrai ; et l’on doit supposer que la connaissance de ces clefs est familière à celui qui est parvenu à jouer le solo sur le violoncelle.
Cependant, des compositeurs, des professeurs même, auteurs de méthodes, retranchent la clef d'ut, et abaissent, par supposition, le diapason de la clef de sol d’une octave, le rapprochant d’autant de celui de
la clef de fa. Ils écrivent donc ainsi qu’il suit :
»dc. au lieu de
etc.
IAM: pn-G — ¥ n G '
vj;- c/ - 1
Mais, si le violoncelle monte à l’extrémité de son échelle dans l’aigu, il faut nécessairement écrire deux fois les mêmes noies sous le même aspect, et placer audessus de cette redite le mot ottava, ou son abréviation comme ceci
g V a VVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVV
Cet inconvénient, qui se reproduit sans cesse dans la musi([ue spéciale du violoncelle, choque à la fois l’œil et la raison ; et le bon Duport le sentait si bien, que c’est comme en gémissant qu’il dit : il faut bien s'y conformer, puisque c'est l'usatje (C.
(1) Dans son excellent ouvrage intitulé: Essai sur le violoncelle et la conduite de l’archet, Duport, ne à Paris en 1749, y est tiécédé en 1829. Violoncelliste justement célèbre, il a été donné à peu de musiciens de chanter sur leur instrument avec une plus belle voix, ni avec plus de pureté, de sagesse et de grâce.