DES INSTRUMENTS QUI NE S’ACCORDENT PAS
Lorsque l’on tend les penux du tambour et de la grosse caisse, ce n’est pas dans l’intention de fixer le son toujours inappréciable de ces instruments, mais pour le rendre plus intense, pour faire qu’il porte à de plus grandes distances.
Le son des cymbales, du triangle, du cbapeau chinois étant tout aussi indéterminé que celui du tam-tam, n’étant que du bruit en un mot, la manière d’écrire pour ces instruments est assez arbitraire. On n’a pas même à leur donner de clefs, puisqu’il n’y a pas de diapason cà établir; il suffit d’indiquer, dans un interligne quelconque de la portée, les valeurs approximatives des coups à frapper, et de mesurer le tout.
Les coups précipités du triangle, de même que ceux de la caisse roulante, se marquent avec le signe du trémolo, Si, au contraire, ces coups sont frappés h distance, on leur donne les valeurs ordinaires,
et l’on écrit ces valeurs, ou leurs abréviations, ainsi que les silences qui les doivent séparer.
A'. B. Certaines expressions étaient appliquées autrefois au jeu des instruments : si l’on disait encore jouer du violon, de la basse, de la flûte, etc., on croyait devoir dire ; toucher de l’orgue, du clavecin, pincer de -la harpe, de la guitarre; sonner la trompette, la trompe de chasse; donner du cor, battre la grosse caisse, blouser les tymbales, etc.
(( L’affectation de ces termes propres, dit J. -J. Rousseau, tient de la pédanterie. Le mot jouer devient « générique et gagne insensiblement pour toutes sortes d’instruments. » L’on a eu égard à l’observation critique du philosophe, et le mot jouer est presque le seul dont on se serve actuellement.