DES TROIS CLEFS
Cependant on entendait des voix plus ou moins aiguës, celles des femmes et des adolescents; d’autres plus ou moins graves, celles des hommes faits. On remarquait, en outre, que les instruments avaient presque tous plus d’étendue qu’aucune des voix. Il était donc évident, d’une part, que la somme des sons donnés par ces instruments, ou par l’ensemble des voix graves, intermédiaires et aiguës réunies, ne pouvait
(Mre coiilemic dans la pnrléc; que, d’autre part, un trop grand nombre de lignes supplémentaires rendrait la lecture musicale fort endjarrassante, et sa notation par trop confuse.
Pour obvier à ces inconvénients, on imagina de nouveaux signes propres à modifier l’élévation des sons écrits sur la portée; c’est-à-dire à les bausscr ou à les baisser autant qu’il serait nécessaire, en raison des \oix ou des instruments employés. En conséquence, ces nouveaux signes ayant pour but de faire connaître le degré d’intonation que l’on devait donner aux notes, ils ouvraient en quelque sorte la porte au chant; et, par suite de cette métaphore, on leur donna le nom de clefs (A).
Au nombre de trois , ces clefs se posent sur une ou plusieurs des lignes de la portée.
En voici la forme et le nom :
1° Clef de fa pour les sons graves
2" Clef eVut pour les sons intermédiaires
3° Clef de sol pour les sons aigus
N. H. Ces noms de fa, ni et sol sont ceux de trois notes prises parmi les sept dont se compose le (Uacjrammc ou système de sons des modernes, et qui fait dire, comme règle invariable, que la note placée sur la même lâjne ciu une clef en prend toujours le nom.
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(A) C’est dans le môme sens que, pendant longtemps, on a appelé clefs les touches de l’orgue, attendu que ces c/e/s, en ouvrant les soupapes des tuyaux, permettent à l’air d’y pénétrer, et aux sons de se produire au dehors.
Le nom de clef est encore appliqué aux petites soupapes de cuivre ou d’argent qui ouvrent et ferment alternativement les trous de la Flute, de la Clarinette, etc. Enfin le mot Clavier n’a pas d’autre origine.
(B) Les deux points qui se voyent à la première des trois clefs, et que traverse la ligne sur laquelle elle est posée, semblent avoir eu pour objet de corriger ce que la promptitude de la copie pourrait avoir d’incorrect dans le placement de cette figure. Comme une incorrection pareille peut aussi bien avoir lieu pour les deux autres clefs, ou devrait peut-être, à l’exemple de quelques compositeurs, adopter l’usage des points, au moins à l’égard de la clef d’ut, laquelle se place sur quatre lignes différentes, tandis que la clef de sol ne se pose plus aujourd’hui que sur la deuxième ligne (2).