‹ Le professeur de musiqueChapitre 21 sur 174 · DE LA GAMME, OU DU DIAGRAMME DES MODERNES · texte numérisé non relu

DE LA GAMME, OU DU DIAGRAMME DES MODERNES

On ne pouvait établir la pratique élémentaire des sons sur les seuls intervalles de demi-tons ; l’exécution en eût été difficile à cause de la délicatesse d’intonation qu’elle exige, et qui suppose une oreille déjà exercée. En outre, le résultat présentait dès l’abord un caractère de mollesse et de monotonie qu’on ne devait pas moins éviter. Celui des tons entiers parut plus franc, plus naturel, et on l’employa de préférence, tout en y introduisant deux demi-tons, afin de renfermer toujours chaque diagramme entre un son donné et sa réplique

De là est venu ce qu’on a appelé Echelle ou Gamme diatonique : échelle, à cause des degrés ou échelons que présentaient les lignes de la portée, plus nombreuses dans les premiers temps'-); gamme, parce que son inventeur. Gui I’Arétin, ou Guido d’AiiEzzo^^), avant d’avoir donné un nom particulier à chacune des notes de son Hexacorde (système de six cordes ou sons) , les indiquait par des lettres de l’alphabet grec, dont la troisième, on le sait, est le F ou gamma.

Quant au mot diatonique, il signifie (lui procède par tons. Mais puisque, parmi ces tons, il a fallu intercaler deux demi-tons, on ne doit pas entendre, dans cette circonstance seulement, le mot ton comme intervalle, mais comme degré conjoint de la gamme, avec la diirércnce d’intonation voulue pour cbacun

(1) Pure hypothèse de notre part, nous l’avouons francliement, et ce ne sera pas la seule; mais devons-nous répéter qu’ici l’ordre des faits est purement logique ? Nous résumons, nous présentons ces faits en prenant l’art on il est parvenu de nos jours, et en classant ses matériaux aussi méthodiquement que possible, sans nous préoccuper autrement de la partie historico-mnsicale.

(2) On commença par placer les notes sur les lignes seulement, laissant les interlignes vides.

(3) Savant Bénédictin du monastère de Pomposa, né à Arezzo en Toscane, vers 990. Gui écrivait en 1022, époque à laquelle

il donna à l’échelle musicale la forme qu’elle a conservée depuis, du moins quant aux six premiers degrés.

(4) C’est sans doute de cette exception dans 1a seule et bonne acception du mot ton en musique, celle d’intervalle, que l’on a

assimilé ce mot à ceux de son, de gamme et de diapason, quoique tous diffèrent entre eux.

On se sert peu du mol échelle. Celui de (ïamme, non seulement est barbare, mais d’après son origine même il n’a })our nous aueun sens. Pourtant, il est consaeré par un si long usage, (pic l’on ne peut guère essayer de le cbanger, même en lui substituant le terme plus rationnel de duujramme.

Enfin cette (jannne, puisiiu’il faut ainsi dire^ a donné son surnom de dialovdfjue au premier des trois genres de la musi([ue. La succession de ses sons présente, dans son entier, ou d’un son donné à sa réplique supérieure ou inférieure inclusivement, eimj tons et deux demi-tons. Ces derniers, placés cbacun après deux tons consécutifs, divisent la (jamme en deux Tétr.vcordes égaux; c’est-à-dire en deux séries de (juatre sons cbacunc, ainsi qu’on le verra plus lard.

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