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PREMIER EXAMEN DU CLAVIER POUR LES TOUCHES BLANCHES SEULEMENT

Que le clavier d’un piano ait une étendue de cimi octaves, de cinq octaves et demie, ou même de six octaves (le premier suffira au lecteur), la note la plus au grave est un fa. De cette première note à gauche à la plus élevée à droite, la dernière du clavier, il y a 36 touches blanches, si le piano n’a que cinq octaves; 40 s’il a cinq octaves et demie; 43 s’il a six octaves

(1) Voir la page 6 du Solfège de M. Chérubini. (A Paris, chez Troupenas.)

(2) Le mot octave s’entend de deux manières : 1® comme réplique d’un son quelconque, parce que cette réplique se reproduit de huit en huit degrés; 2" comme la série même des huit sons d’une gamme, laquelle se répète pareillement autant de fois que l’étendue générale de l’instrument le permet.

En supposant ici, et pour toutes les explieations subs6(pi entes , le clavier de cinq octaves et demie, la première touche à gauche est un fa, et la dernière à droite est un ut. C’est ainsi du moins (jue, pour plus de préeautions, il faudrait numéroter les touehes blanches de 1 à 36, 40 ou 43

Ces touehes hlanehes ne donnent que les sons de la gamme modèle, ut, ré, mi, fa, sol, la, si, dont aucune n^est altérée par le Jp ou le b , que représentent généralement les touclies noires ; mais celles-ci nous sont inutiles (piant à })résenl.

C(' |)oint éclarci, et sachant que la clef donne son nom à la note posée sur la ligne qu’elle occupe elle-même, on nomme fa la note écrite sur les 3® et 4® lignes aux deux clefs de fa que voici :

fa fa

Exemple : Clef de Fa sur la Clef de Fa sur la ~

troisième ligne. ^ quatrième ligne. I " ~1

15® touche blanche. 15® touche blanche.

On voit que c’est la lo® touche blanche tpii donne le son représenté par ces deux fa; tiu’ils sont au même diapason , à l’imisson , ayant entre eux une parfaite identité de son.

11 en est de même de la clef d'ut, posée sur les quatre premières lignes de la portée : les notes écrites sur ces mêmes lignes prennent le nom dut, et font unisson entre elles. La 19® touche blanche en donne le son réel.

Exemple :

ut ou do idem id. id.

'iSï &

ra ...

19® touche blanche. idem id. id.

La clef de sol ne se pose que sur la deuxième ligne. Elle donne pareillement son nom à la note écrite sur cette ligne, dont la 23® touche blanche rend le son vrai. Exemple :

sol

23' touche blanche.

Quant aux autres notes, tant supérieures qu’inférieures à celle qui reçoit son nom de la clef, elles se succèdent dans l’ordre assigné à celles de la gamme connue ; c’est-à-dire qu’en partant d’une clef de fa, on aura fa, sol, la, si, ut, ré, mi, fa en montant, et fa, mi, ré, ut, si, la, sol, fa en descendant. De même, si l’on part de la clef de sol, on a, en montant, sol, la, si, ut, ré, mi, fa, sol; en descendant, sol, fa, mi, ré, ut, si, la, sol.

La manière la plus simple de représenter le rapport des sept clefs, quant à leur diapason , est ki suivante, ou tous les ut sont à l’ unisson :

Exemple ;

Ut OM do

idem

id.

id.

id,

19 touche blanche.

— & — idem

id.

id.

id.

Pour revenir maintenant à l’exemple du chajiitre VIII, et pour en retirer quelque fruit, en se rendant compte de l’clTel produit par l’exécution de la gamme modèle avec ses huit sons ascendants et descendants, il est indispensable de continuer les instructions concernant le clavier, la position des mains et le jeu des doigts sur les touches.

(1) Les facteurs de pianos fabriquent aussi des appareils fort simples, avec lesquels on peut borner l’étendue du clavier, tant an grave qu’à l’aigu.

A ce sujet, on ne peut mieux faire que de transcrire ce qu’en a écrit l’un de nos plus grands maîtres, f

l’illustre manjuise de Montgeroult , dans son Cours complet pour renseignement du Piano^^\ M;

«On fera observer, dit l’auteur, que le pouce doit être en entier étendu sous l’index, et non seulement :■

« aucune de ses phalanges ne doit produire d’angle saillant, mais, au contraire, le pouce doit décrire :r

«dans son milieu une légère courbe rentrante, ce qui en fera gracieusement ressortir le bout en dehors de i

«la main, qui sera légèrement arrondie, mais point bombée comme dans l’ancienne méthode. | f

«Les doigts ne décriront pas un demi-cercle, mais ils seront légèrement allongés; la seconde phalange | j-

«seulement sera un peu arrondie, afin que ce soit la partie charnue du bout du doigt et non l’ongle (pii ' 1!

« pose sur la touche. i i

«Le cinquième doigt, l’auriculaire, étant le moins long, sera le plus étendu, puisqu’il lui faut non- j,

«seulement atteindre à la longueur des autres doigts, mais encore former avec le pouce le double point j!

« d’appui de la main. ■ ;

«Le poignet ne décrira de courbe ni convexe ni concave, et restera dans sa position naturelle qui, si h

«l’on tirait une ligne horizontale appuyée sur les premières phalanges de la main, placerait le poignet six , !

«ou sept lignes plus bas que ces phalanges. d

« Pour bien faire la gamme , il faut que le pouce passe sous les autres doigts de manière à ce que la { |:

«position de la main n’en soit pas changée, et que l’espace de temps qui doit s’écouler entre les notes où

«le pouce doit passer ne soit pas prolongé par l’eiïet de ce mouvement; qu’enfin ce doigt, malgré ses v

«proportions et sa position différentes, se meuve d’une manière égale aux autres.

«On aura soin, dans une gamme de main droite, de tenir le troisième doigt sur la note, jusqu’à ce (jue « le pouce ait frappé celle qui la suit; et, dans une gamme de main gauche, le pouce ne quittera la note qu’il « a frappée qu‘’après que le troisième aura touché la sienne. '

« Le meilleur doigté, dit encore l’auteur, est toujours celui qui conserve aux belles mains la grâce que la i:

«nature leur a donnée, et qui embellit les autres. »

Nous ne prétendons pas astreindre notre lecteur à l’observation rigoureuse de ces conseils, dont il prendra ce qu’il pourra; mais lui faire connaître ce qu’un excellent professeur de piano exige de ses élèves dès les premiers exercices, et ce à quoi il veille avec une constante sollicitude, tant qu’il le croit nécessaire.

Ajoutons que le pouce est compté comme premier doigt à chaque main. Les autres suivent dans l’ordre nu- Il

mérique de 2% 3% 4® et 5®. Ces chilfres, placés à côté des notes, indiquent les doigts qui doivent fonctionner. I

D’ailleurs, lorsque, dans une succession par degrés conjoints, les doigts se suivent naturellement, on n’écrit |

que les chiffres nécessaires. f

On répète que le plus ou moins de durée dans la tenue des sons ne tire pas à conséquence, tant qu’il n’y a pas de mesure et de mouvement déterminés. l-î

Voici la reproduction de rexem})le du chapitre Vllï. Il est écrit sur la clef de sol deuxième ligne pour la |

main droite, et sur celle de fa quatrième ligne pour la main gauche. Ces deux clefs sont les seules qu’on em- ï

ploiera dans les exemples pratiques qui seront donnés dans cet ouvrage, ainsi que dans les planches de i;

musique qu’on y a jointes. Ce sont aussi les seules clefs en usage pour le piano.

(1) A Pans, chez la veuve Launer, successeur de Carulli, boulevart Montmartre. N. B. M"*® De Montgeroult, nee à Versailles en

Irj

mai 1767, est morte à Florence en avril 1836. f

ti

1" Exercice.

Gamme diatonique simple.

Main droite.

ni ré

19' louche blanche.

mi fa

.sol la si ut ut si la sol

fa mi ré yt

ut ré

Gamme diatonique simple. |u.

Main gauche.

fa sol

ut

ut

SI

la sol

fa mi ré ut

12'’ (oLiclie blanche.

Gamme double.

M.\in droite.

nt

blanche.

Gamme double.

Main gauche

Ut

ut

ut

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