DES MESURES
Pour donner aux sept figurées de notes une valeur relative bien déterminée et toujours exacte, il a fallu partager le temps ou la durée en parties égales. C’est ce qu’on a appelé mesure. Celle-ci, à son tour, se divise en d’autres parties plus courtes, mais toujours égales entre elles, qu’on nomme temps.
Une mesure entière est renfermée entre deux petites barres verticales, lesquelles divisent la portée eu autant de mesures qu’elle en peut contenir, et tout le discours musical est ainsi partagé en mesures de même durée.
Chaque mesure enfin ne peut contenir, soit en notes, soit en silences, que des valeurs qui, additionnées entre elles , soient égales à l’unité choisie pour remplir une mesure quelconque.
Nous disons tinité choisie, parce que, selon l’espèce de mesure indiquée, la ronde, la noire, la croche, simples, doublées, ou seulement augmentées de moitié par le point d’accroissement, peuvent, chacune à leur tour, servir d’unité à l’une des vingt-et-une mesures connues, toutes pratiquées autrefois, mais peu à peu réduites d’un tiers environ.
Le moyen de concevoir et d’obtenir une mesure exacte, aussi bien que des temps égaux, est fourni par les oscillations du pendule. C’est même ce moteur qui a donné lieu aux recherches qu’on a faites de divers chronomètres, et qui ont amené Maehcl à l’invention de son métronome, aujourd’hui d’un usage commun.
Faute d’un instrument de cette espèce, propre à donner une mesure précise, on indique, ou l’on fait indiquer aussi également que possible, chaque temps de la mesure par un mouvement de la main, mais seulement dans les leçons élémentaires; car le sentiment de la mesure doit, après un peu d’exercice, se former dans l’oreille du musicien, et devenir promptement une faculté inhérente à sa profession (A).
Il y a trois mesures radicales dont toutes les autres dérivent. Ces mesures sont la Quaternaire, à quatre temps; la Binaire, à deux temps; et la Ternaire, à trois temps. On les indique en tête du morceau , savoir : la première, par la majuscule C; la deuxième, par la même lettre traversée d’une ligne perpendiculaire, comme ceci : Ç; la troisième, par le chiffre 3^ ou par la fraction
Il serait à la fois plus simple et plus significatif d’annoncer les deux premières mesures par 4 et 2, que de conserver ces restes incomplets de la musique d’un autre temps, par lesquels on déterminait moins la mesure (elle s’observait peu alors) que la valeur des notes les unes par rapport aux autres , ce qu’on appelait Prolations, MonEs, Temps, Proportions.
La Uonde remplit les mesures quaternaire et binaire ; elle en est f unité ; mais, généralement, la deuxième a moins de largeur, de gravité que la première, quoique l’indication du mouvement puisse être la même pour toutes deux. En outre, la mesure binaire n’a qu’un temps fort, le premier; tandis que la quaternaire a deux temps forts , le premier et le troisième ; ce qui est à considérer, attendu que les repos du discours musical, ses Cadences, se font sur les temps forts, non sur les temps faibles de la mesure, sauf quelques exceptions.
La mesure ternaire est remplie par une blanche pointée, ou, ce qui revient au même, par trois noires, trois quarts de ronde. La blanche pointée devient alors l’unité de la mesure ternaire simple ou radicale. Dans cette mesure, le temps fort est presque toujours le premier; mais il peut être aussi le second, quelquefois même le troisième (([uant à la mélodie), quoique pour des membres de phrases seulement. Cela dépend de la contexture du dessin musical ; des notes accessoires ou d’agrément dont on se plait à orner
!es sons |)riiicii)aux du clumi ; de riianuonic suiloul (lui accoinpagne ce chant cl ([ui lixc pcrcm[)toiremcnt ses repos en leur donnant düVérenls degrés de force, en !es rendant pins ou moins concluants.
De ces trois mesures simples ou radicales en luovienneni d antres qu’on appelle dérivkks. Celles-ci sont doubles des premières, ou sous-doubles, ou Iriiiles, ou bien augmentées de rnoilié par le point d'accroissement ajouté à rundô de chacune. Or, comme toutes ces mesures .ont exprimées par des nombres fiaclionnaires, il est à propos de dire que le numéroteur indique la .yuanlité de notes prises pour remplir la
'->-"Sure; et le dénominateur, la valeur de ces notes par rapport à ïa w^'d -,