T ABLEAU DES MESURES SIMPLES ET DE LEURS DÉRIVÉES 'T
A quatre temps ;
Æ mesure Z • ^ simple ou ' 1 ’
lu
A deux temps ;
^ mesure rv 2 simple ou ^ ’
JL.
A trois temps ;
^ mesure •
/j,' simple ou i) ’
Les mesures marquées d’une croix ne sont plus usitées. On ne devait pourtant pas les omettre, puisque les anciens auteurs (pii les ont employées sont encore consultés. Ceux qui étudient les œuvres de ]iiano de Sébastien Bach, de llændel, et autres maîtres de leur temps (du xvn® au xvni® siècle), y rencontrent surtout la dernière mesure de chacune des trois séries; et d’anciennes Messes présentent des doubles et des triples de la carrée et de la ronde.
Le recueil des solfèges du Conservatoire est terminé par une Fugue de M. Catel, dans une mesure à cinq temps, ou cinq quarts de ronde (-j).
En mettant à part le mérite éminent et incontestable de ce maître, on se demande de (piclle utilité pouvait être une telle bizarrerie.
Depuis, on a fait entendre de loin en loin ({uekpies mélodies légères, de peu de durée, dans cetlc singulière mesure; comme, par exemple, celle de Georges dans l’opéra La Dame blanche ; Déjéi la nuit plus sombre, etc., où l’auteur ne tarde pas à abandonner cette mesure pour celle à dès qu’il veut donner à son chanteur les traits de la Coda (pii termine sa Cavatine.
La mesure à étant la réunion de celles à ^ et à alternant, son rhythme indéterminé ne peut être saisi de prime abord; ses temps, ne revenant pas à des distances égales et symétriques, ont quelque chose de boiteux, d’incertain (jui laisse l’auditeur dans le vague. Les bons musiciens eux-mêmes ont besoin d’une attention soutenue pour ne se point embarrasser dans ce conllit. Aussi n’est-on pas surpris d’entendre plus d’un chanteur de société (faible amateur si l’on veut) doubler la durée du quatrième temps de chaque mesure, et l’ accompagnateur complaisant se prêter cà celte innocente supercherie, la(iuelle, d’une mesure a
en fait deux à Ce moyen si simiile, qui n’altère pas la mélodie, lui donne un rhythme plus naturel, plus marqué, et que l’oreille saisit mieux par cette raison. On peut l’essayer sur le morceau de Boieldieu , celui (lu’on vient de citer, et certes, ce joli chant n’y perdra rien de son caractère ni de sa grâce. En délinitive, la mesure à cinq-quaire ne paraît pas devoir s’établir jamais d’une manière stable (C).
(1) Que noire dassilication des mesures diffère de celle des aulres théoriciens, qu’importe si elle les renferme tonies, cl si elle offre un ordre qui les rangent facilement dans l’esprit et la mémoire du lecteur.
Avis. Ici, le lecteur devra copier fidèlement les signes musicaux du premier Tableau, pages 1, 2 et 3 des planches de musique, sans négliger de lire les explications et instructions jointes à ces figures de notes, de clefs, etc. Ensuite, passant au deuxième Tableau, lequel oiïrc les 21 mesures dont il vient d’être parlé, on les examinera toutes avec soin, mais on ne s’exercera d’abord que sur les trois mesures radicales, remettant à un temps jilus éloigné le même exercice sur les mesures composées ou dérivées d’un usage habituel, et qui sont les mesures à 1^, à ^ et à
Nous devons ajouter qu’avant decommencer ces exercices, il est indispensable de lire le chapitre 111 de la deuxième partie de ce livre, intitulé: Du mclrommc et de son emjdoi dans les leçons préliminaires, puisque le lecteur devra se servir de ce moteur pour s’accoutumer au partage égal du temps ou de la durée. Si d’ailleurs il veut y joindre les mouvements de la main , la page 2 du premier Tableau les lui indique. Il est clair que chacun de ces mouvements correspond à une oscillation du balancier, toujours rendue sensible à l’oreille par le bruit de l’échappement.
HOTES 1»E CIBHPITISE IHIII.
(A) L’usage du métronome, qui force à diviser les mesures et les temps avec une exactitude rigoureuse d’égalité, vaut mieux, pour le commençant, que de battre tes unes et les autres avec la main, ou le pied s’il joue d’un instrument, et quelquefois par un balancement du corps. Cela ne tarde pas à devenir une habitude qui ne se perd pas facilement, malgré l’aplomb que devrait donner la pratique ; et l’on voit encore des musiciens de profession dont le pied ou la tête ne cesse de marquer les temps de la mesure d’un bout à l’autre du morceau qu’ils exécutent.
(B) 11 est essentiel de se rappeler que la ronde est runité de laquelle on part pour calculer le rapport de toutes
les autres valeurs de notes 5 que ce sont ses divisions, subdivisions et augmentations qui donnent lieu aux diverses condunaisons par lesquelles on varie les trois mesures simples 5 que par conséquent les fractions -p, , -4-, *g^, par exemple, ne signifient pas autre chose que deux unités ou rondes; trois moitiés de
rondes ou blanches; six quarts ou noires; douze huitièmes ou croches; neuf seizièmes ou demi-croches, etc.
(C) Un auteur contemporain qui aimait à se créer des difficultés en matière de composition, pour se donnei' ensuite le plaisir, facile pour lui , de les vaincre toutes , Reicha, a écrit une ouverture à grand orchestre dans la mesure à Mais s’il a })u trouvera Paris des musiciens d’élite pour jouer ce morceau, et braver heureusement les embarras de son exécution, peut-être eût- il cherché vainement dans toute autre ville de nos départements un nombre suffisant d’artistes capables d’apprécier et de faire valoir une pareille innovation.