‹ Le professeur de musiqueChapitre 40 sur 174 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

DU PLACEMENT A LA CLEF DES SIGNES ALTÉRATIFS, DE L’ORDRE QU’ILS Y AFFECTENT ET DES DIAPASONS QU’ILS DONNENT AUX GAMMES.

On a vu que chacune des sept notes de la gamme majeure modèle pouvait devenir premier degré d’une nouvelle gamme de môme mode. Elle peut devenir également premier degré d’une gamme mineure, puisque (îela dépend de la place occupée par les demi-tons. On sait de plus qu’au moyen des signes altératifs, le diapason de toutes ces gammes est varié en raison du nombre de ces signes.

Pour simplifier le placement des dièses et des bémols, c’est-à-dire pour n’avoir pas a les reproduire devant les notes qui les reçoivent, chaque fois que celles-ci reviennent dans le courant du discours musical, on les rend permanents en les écrivant immédiatement après la clef et à chaque portée du morceau. Par là, on est continuellement averti du nom et du nombre des notes diésées ou bémolisées qui entrent dans la gamme principale ou initiale du morceau.

Le septième degré de la gamme mineure reçoit seul, et chaijue fois qu’il se présente, le signe d’altération qui lui est propre. Ce signe est le ^ dans les gammes mineures (jui n’ont pas plus de quatre dièses, ou plus de deux bémols à la clef. Il est le ‘X celles qui ont cinq, six et sept dièses, fort rarement employés. Enfin, on écrit le t| devant le septième degré des gammes (pii ont plus de deux bémols. Dans celles-ci, il n’est pas moins rare de voir plus de quatre liémols à la clef (A).

Les dièses, bémols et bécarres placés dans le courant des morceaux, sont, et peuvent être (pialiliés d'accidentels. De là est venu qu’on les a généralement nommés accidents. Pourtant ils ne sont pas tels dans tous les cas. Sans doute le signe altératif, ([uel ([u’il soit, devient accidentel, s’il e,st employé momentanément, pour passer d’une gamme dans une autre; ou bien pour une expression particulière donnée à certaines nobs de la mélodie, etc. Mais il n’en est pas de môme des dièses et des bémols placés à la ciel : ceux-ci existent parce ([u’ils doivent exister; parce ({ue le mode l’exige; parce cpa’ils sont inhérents à ce mode et à sa gamme. Par où l’on voit que le mot accident, guère plus beureux cpf utile, ne peut convenir sans restriction aux signes altératifs.

Parfois, un ou ])lusieurs bécarres s’écrivent à la clef, ou môme sans la clef, dans telle ou telle partie', d’un morceau, pour avertir (pie les bémols ou les dièses placés précédemment et en nombre égal sont tous effacés ; comme, par exemple, (juand la môme gamme, de majeure qu’elle était devient subitement mineure, et réciproquement.

Exemples :

^ , Gamme mineure de La.

Gamme majeuie de La. Même doigté.

l7fT~

b fi .

^ Il

Gamme mineure d'Ut. Gamme majeure d’Ut.

On n’altéra que successivement, une à une, les notes de la gamme modèle pour en former de nouvelles, ou plutôt pour répéter la première à des diapasons différents. Et comme après la Modale ut, c’est-à-dire après le premier degré de cette gamme prise pour initiale, on sentit que sa quinte supérieure sol et sa quinît' inférieure fa étaient des cordes essentielles de cette gamme majeure principale , ces sons furent pris à letir

tour pour premiers degrés de deux nouvelles gammes majeures, lesquelles, dans l’arrangement de leurs demi-tons, donnèrent lieu à remj)loi du premier dièse {(a%) pour rime, et du premier bémol (si b) pour l’autre.

Chacune de ces gammes ne dilïérant que d’un seul son avec la primitive, toutes trois conservaient entre elles une relation plus que suflisante pour (pic l’on pvil passer de l’initiale aux deux autres, et réciproquement, sans détruire l’impression de la première.

La Modulation naquit de cette découverte; car moduler c’est passer d’une gamme dans une autre, d’un mode à un autre mode.

Si maintenant on considère tour à tour comme principales ou initiales les nouvelles gammes majeures de sol et de fa, et si l’on essaie sur elles l’opération ([u’on a faite sur celle d’ut, chacune fournira deux autres gammes, l’ime à la quinte supérieure, l’autre à la quinte inférieure. Toutefois cela ne produira en somme que deux gammes nouvelles, non ({uatre, attendu que la quinte inférieure de sol et la (juiiite supérieure de fa sont également ut, et font rentrer dans ce mode. Quant à la gamme de la quinte supérieure de sol, elle sera rè, qui donne lieu au second dièse (iU$) ; et l’autre, à la quinte inférieure de fa, sera si\?, (fui réclame le .second bémol

Hemarquez que le premier degré de cette dernière gamme est appelé si bémol, parce ({ue cette note est déjà bémolisée à la clef dans la gamme de fa; car on ne place pas le deuxième bémol sans le premier, le troisième sans les deux précédents, et ainsi des autres, ce qui est réciprocjuc aux dièses.

En suivant ainsi l’ordre des quintes ascendantes, c’est chaque fois un nouveau dièse qui se présente; comme c’est un nouveau bémol quand les quintes sont descendantes (B).

Enfin, la série des sons de la gamme modèle est ainsi parcourue, et chacune de ses notes, placées en quinte supérieure ou inférieure l’iine de l’autre, est susceptible de recevoir le § ou le b, qui, chaque fois aussi donne lieu à une nouvelle gamme, tijujours relativement à son diapason comparé à celui de la première, ou gamme modèle.

Quant à ce qui est des dièses et des bémols doubles, leur emploi n’ayant lieu que dans des gammes moins usitées (pie les autres, ils ne sont jamais qu’accidentels et ne se placent point à la clef.

PtJ CaSiPITKE .XII.

(Aj H est peu rationnel sans doute de faire revenir comme accidentellement altérée une note aussi essentielle que le septième degré de la gamme mineure, au lieu de rendre permanent le signe altératif qui l’accompagne. Mais ce serait un autre inconvénient que d’effacer ce môme signe par un signe contraire dans toutes les modulations en dehors de la gamme principale.

(B) Toutes ces quintes sont inaltérées, c’est-à-dire composées chacune de sept demi-tons. C’est ainsi qu’on doit l’entendre, soit du placement à la clef des dièses et des bémols, soit des gammes engendrées par les uns et les autres. 11 est entendu pareillement que descendre de quarte ou monter de quinte, descendre de quinte ou monter de quarte ont le même résultat, puisque l’un de ces intervalles est le renversé de l’autre, ainsi que le prouve cet extrait d’un exemple général déjà présenté.

Quarte.

Quinte, soi

zmza

Quinte.

Quarte.

A. îi. Ici l’on étudiera les troisième, quatrième et cinquième exercices du quatrième Tableau, pages 13 et li des planches de musique.

OIUPSTBE XVII.

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