DES CORPS SONORES
L’objet, quel qu’il soit, susccptililc d’entrer en contact avec l’air et à force égale pour produire le son, jirend le nom de Corps sonore. On sait déjà que celte force ne devient égale que par les rapports de qualités communes entre l’air et le corps qui l’ébranlent, et que le rapport le plus essentiel est celui d’une égale élasticité.
Les corps sonores étant de plusieurs sortes, ils deviennent élastiques de plusieurs manières, savoir : par lension, par compression et par rigidité interne.
1° Les corps élastiques par tension sont les cordes de soie, de boyau ou de métal, ainsi que les membranes tendues sur les tambours, les timbales, etc.
2° L’air renfermé dans les instruments à vent, les gaz dans les tubes ou tuyaux, deviennent élastiques par compression.
3° Les lames, anneaux, fourches; les plaques, les vases, les cloches; le triangle, les cymbales, le tamtam, et tant d’autres objets dont les uns sont de verre, les autres de métal, quelquefois de simple bois, sont élastiques par rigidité interne, mots qui signifient ténuité des parties.
Ces explications feront sentir que ce n’est pas l’instrument qui par lui-même rend des sons, qui devient sonore; mais les cordes tendues sur les uns, l’air comprimé dans les autres, l’élasticité des agents producteurs excitée dans tous. L’instrument ne fait que rélléchir le son; mais il lui donne plus d’intensité, à cause de l’ébranlement de ses parois ou de sa surface interne par les vibrations. Car, puisque tous les corps ne sont que des agrégations de molécules avec plus ou moins d’affinité, les parois de l’instrument étant ébranlées, leurs molécules s’écartent, rencontrent celles de l’air, en reçoivent l’impression, le mouvement, et cette double cause augmente nécessairement la force du son. En effet , une corde tendue sur une pièce de bois plein ne rendra qu’un son faible et sourd, très approchant du bruit. Il en serait de même de cordes tendues avec des poids, sans être appuyées à un corps d’instrument. Il faut que ces cordes soient supportées par une caisse en bois mince, poreux, léger, qui offre une surface proportionnée à la longueur et au diamètre des cordes; et que la partie de cette caisse où les cordes sont tendues, et qu’on nomme table d’harmonie, soit percée d’une ou deux ouvertures appelées oiiies, afin que l’air pénètre et remplisse le corps de l’instrument.
On répétera que dans les instruments à vent, lesquels ne sont que des tubes ou des tuyaux bouchés par un bout, comme la flûte et le basson, ou bien ouverts par les deux bouts, comme le hautbois, la trompette, etc., l’air lui-même devient le corps sonore, le corps vibrant. C’est-à-dire que le souffle de l’exécutant, en s’introduisant dans le tube par un passage étroit (rembouchure, quelle que soit sa forme), acquiert assez de force et de vivacité pour ébranler la colonne d’air contenue dans le tube; et celte collision, ce choc de l’air contre l’air même, ce mouvement alternatif de compression et de dilatation du fluide, tant que le souffle de l’exécutant ne discontinue pas, fait naître les vibrations dont le son est encore le résultat.
Dans les cors et trompettes, c’est la seule action des lèvres qui, en s’écartant ou en se resserrant plus ou moins, détermine l’air du tuyau à produire le nombre de vibrations voulues pour la production de tel ou tel son. (Note B.)
Dans ia flûte et les autres instruments dont elle paraît être l’origine, l’air est également mis en mouvement par le souffle de l’exécutant ; mais ce sont les ouvertures pratiquées de distance en distance le long du tubC;, (jui allongent ou raccourcissent la colonne d’air intérieur, et déterminent la production des différents sons.
Ces ébranlements de l’air et du corps sonore, les vibrations, ont été soumises au calcul, et l’on a trouvé
— vu
que leur nombre était en raison inverse de la longueur et du diamètre des cordes. C’est-à-dire que plus une corde a de longueur et de volume, plus le son qu’elle rend a de gravité, par la raison qu’elle fait moins de vibrations, dans un temps donné, qu’une corde plus courte et plus déliée. Il en est de même de la colonne d’air dans les instruments à vent, selon leur dimension. D’ailleurs, il est une mesure au-delà de laquelle le corps sonore ne rend plus de sons appréciables, soit qu’on le tende trop ou trop peu, si c’est une corde; soit que la longueur ou le raccourcissement en^soient exagérées, s’il s’agit d’un tube.
SECTION III