DES ORNEMENTS DU CHANT
On donne les noms de Notes de goût ou d’AGRÉMENT à certains embellissements composés de notes purement accessoires, ajoutées aux sons principaux de la mélodie, pour orner sa simplicité ou pour varier ses répétitions.
Tantôt le compositeur écrit lui-même ces ornements, tantôt il laisse au musicien, chanteur ou instrumentiste, la liberté de les choisir et de les placer çà et là dans les pièces qu’il exécute. Le goût qui, dans ce cas, est le discernement des convenances et de l’opportunité , apprend à les employer à propos , à n’en user qu’avec sobriété, à leur donner le mouvement et l’esprit appropriés à ceux du morceau, ainsi que le naturel et la grâce d’exécution qui en font le prix.
Nous allons d’abord classer à part les principaux ornements mélodiques, ceux dont la forme arrêtée depuis longtemps sont d’un usage commun (1). Tels sont le Port-de-yoix, porlamento ; la Petite Note, appogialum; le Grouppe, gruppo; le Trille, irillo; et le Mordant, mordente, plus exactement appelé Brisé.
Ensuite, dans ce qui est abandonné à l’arbitraire, au caprice de l’imagination, nous comprendrons tout ce à quoi l’on a donné les noms généraux de Broderies, Traits, Boulades et Fioritures, mot qu’on a francisé un peu maladroitement et introduit sans nécessité dans le langage musical. Il signifie pareillement l’action de broder, d’orner, de fleurir le chant. Le mot broderie y répondait suffisamment.
SECTION I