‹ Le professeur de musiqueChapitre 63 sur 174 · DU PORT DE VOIX · texte numérisé non relu

DU PORT DE VOIX

Les auteurs de la Méthode de Chant du Conservatoire nous semblent avoir commis une erreur en parlant de deux espèces de Portamenti, ou manière de porter fcs sons, dont la première, celle que nous contestons, consisterait à établir la liaison sur une série de notes d’égales valeurs, procédant par degrés conjoints et disjoints entremêlés. Or, dans l’exemple que cette Méthode donne à l’appui (n° 1 du dixième Tableau), on ne voit qu’un trait mélodique de notes unies par le Coulé, lequel trait se rapporte à V articidation et aux nuances jilutôt qu’aux ornements du chant.

Quoi qu’il en soit , et puisque nous citons cet exemple , nous ajouterons les observations relatives à son exécution, avant de passer au véritable portamento.

Ainsi, l’on a placé sous les sons de cet exemple les signes des nuances qu’il convient de donner à leur marche ascendante et descendante, d’après ce qui a été dit chapitre XXIV. Cependant le mi de la quatrième mesure ne suit pas la progression de force des quatre noires précédentes ; il a même sa nuance à part, attendu que le chanteur a besoin de respirer; ce qu’il peut faire avant la dernière note d’une phrase, contrairement à la règle ordinaire, quand cette note exige la mise de son, ou qu’elle commence un trait d’une certaine durée. Dans toute autre circonstance, respirer avant la fin d’une phrase est une faute intolérable.

(1) Ils nous sont encore venus des llaliens, nos précurseurs en mélodies gracieuses et surtout en broderies.

iV. U. Le signe * ^ est celui de la grande respiration; celui-ci : \ est pour la demi-respiration. L’un et l’autre sont empruntés à la méthode précitée, ainsi (|ue plusieurs exemples pratiques de ce chapitre.

I.,a deuxième manière de porter les sons, le seul véritable port de voix, se pratique entre deux notes séparées par un intervalle qui peut ii’clre qu’une seconde mineure ou majeure, mais (jui peut aussi dépasser l’octave. Dans tous les cas, le mouvement en est au moins modéré. (N° 2 du dixième Tableau.)

it Cette manière, dit la Méthode, consiste à faire glisser le son avec promptitude, par une liaison fort lé- « gère, qui part de l’extrémité de la première note, pour passer à la seconde en l’anticipant. » Cette manière en effet aide beaucoup à runion de deux sons très distants l’un de l’autre, et à plus forte raison à ceux qui le sont moins. Mais il serait au moins singulier de vouloir l’appliquer dans l’exemple n” 1, non plus qu’à toute série de notes se succédant avec quelque vitesse.

SECTION IL

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