HOTES UE CHAPITRE
(A) Lorsque Gluck vint à Paris vers 1774, et qu’il vit la pénurie où l’on était de chanteurs pour les chœurs du grand Opéra, la méthode par laquelleon leur apprenait à crier plus qu’à chanter, vrais automates d’ailleurs pour le peudepantomimequ’on en exigeait, les réclamations du grand homme eurentpour résultatrétablissement de V École des élèves de l’Opéra, et, plus tard, de VÈcole royale de Chant. Mais ce n’était pas encore là de ces institutions qui embrassent toutes les branches d’un art. La révolution française de 89, qui, au sein môme de ses calamités, enfanta plus d’une merveille, vit s’élever, au nombre de ses belles fondations, le Conservatoire de Musique et de Déclamation i~).
(B) Avant l’époque où les maîtrises furent supprimées (1792 à 1793), on se servait encore, dans quelques unes, du Traité historique et pratique du chant ecclésiastique par l’abbé Lebeuf.
S’il n’était pas naturel que des idées assez semblables vinssent à plusieurs de ceux qui se livrent à la propagation des mêmes sciences, on serait surpris de trouver dans ce traité une figure du méloplaste, mais avec la portée de quatre ligues pour le plain-chant; d’apprendre que fauteur, muni d’une baguette qu’il promenait sur les lignes et interlignes de cette portée tracée sur un tableau , faisait dire à ses élèves le nom de chaque note d’après celui de la clef placée en tête, ainsique les intervalles qui les séparaient; qu’il leur imposait de transcrire les principes, les règles, les leçons notées, etc. Peut-être l’abbé Lebeuf tenait-il ces procédés des Conservatoires d’Italie.
(C) «On appelle faux-bourdon un plain-chant à plusieurs parties , mais simple et sans mesure déterminée, « dont les notes sont d’égales valeurs, et l’harmonie toujours syllabique. » (J. -J. Rousseau.)
Le Dies irœ et le de profundis que fon entend chanter dans les services funèbres d’apparat, sont de beaux exemples de faux-bourdons.
Le chant sur le livre est une sorte de composition à deux ou trois parties, laquelle s’improvisait autrefois sur le plain-chant simple. Cela n’est plus d’usage, et l’on doit peu le regretter; car, malgré (luelques règles et formules transmises par traditions, cette improvisation donnait souvent lieu à de certains chocs fort peu harmonieux. Nous avons entendu d’anciens musiciens d’église en convenir franchement.
(1) C’est de ce Pensionnat que sont sortis messieurs Ponchard, Rigaut, Levasseur, Roland, Dérivis père et autres. C’est celui des femmes qui a donné mesdames Branchu, Duret, Alberi-Ilimm, Rkjaut-Palard, Ponchard , Chaumelle (épouse de M. Rubini), etc. Ce pensionnat, supprimé sous la Restauration, n’a point été rétabli depuis, et c’est un tort.
(2) En lisant le nom de SARRETTE (Bernard) et ce qui le concerne dans le Dictiomjaœc biographique des Musiciens, par M. Fétis, on apprend à connaître tout ce que l’on doit de reconnaissance à ce courageux citoyen, seul et vrai fondateur du Conservatoire de Musique (1794). On y voitjles éminents services qu il a rendus à l’art musical, à ceux qui le professaient alors, ainsi qu’aux trois générations de musiciens qui les ont suivis. Tout artiste formé dans cette école (pii a tant honoré la France , doit graver dans sa mémoire l’article biographique de 31. Fétis.