‹ Le professeur de musiqueChapitre 82 sur 174 · HOTES DE CII4PITRE II · texte numérisé non relu

HOTES DE CII4PITRE II

(A) Ces mots tirent leur origine des premiers systèmes de sons par lesquels on a préludé à la construction des gammes modernes. Basés sur le son le plus grave du clavier qui, alors, était sol, l’un des systèmes, celui de Guido, n’avait que les six notes sol, la, si, ut, ré, mi; l’autre, résultat de l’adjonction d’un septième degré, donna sol, la, si, ut, ré, mi , et fa. Or, c’est en rapprochant les sons extrêmes de ces deux échelles de sons, sol-mi et sol-fa, que l’on a fait les verbes solmiser et solfier. Les Italiens disent eweov e cantare la sol-fa, chanter le solfège.

(B) Dans cette deuxième édition, l’instruction n’est plus directe comme dans la première, mais par demandes et réponses. Ce mode d’enseignement, où l’élève semble enseigner le maître, nous a toujours paru au moins contradictoire; et, catéchisme pour catéchisme, nous préférons de beaucoup la naïveté de Fux (l), dans son Traité dTIarmonie et de Contrepoint ; là, du moins, c’est l’élève ignorant qui questionne, et le maître expérimenté qui l’instruit par ses réponses. Mais, d’une façon comme de l’autre, l’enfant ne fait que répéter le mot-à-mot de la leçon qu’il a apprise par cœur; encore ne faut-il rien changer à la manière de questionner ou de répondre écrite dans le livre; car, pour peu que l’on s’écarte de l’exactitude textuelle, l’enfant surpris, dérouté, reste interdit... il ne comprend pas.

L’instruction directe, non seulement n’exclut pas les questions, mais elle permet de les varier, si l’élève n’a pas répondu d’abord avec assez de précision; et comme c’est dans l’idée qu’il s’est formé des choses qu.’il puisse l’esprit de ses réponses, ou des explications qu’il donne, il est toujours facile de rectifier ses erreurs. De cette manière, il apprendra peut-être plus lentement, mais il saura mieux, parce que son jugement aura été exercé autant que sa mémoire.

(C) LeSolfége du Conservatoire contient aussi quelques leçons non mesurées, où l’élève, suffisamment instruit comme lecteur par tout ce qui précède, doit instantanément diviser les périodes par mesures, temps et parties de temps. C est un excellent exercice, et qui prouve beaucoup en faveur de ceux qui les lisent couramment et sans broncher. Peu de compositeurs de solfèges paraissent avoir senti toute l’utilité de pareilles leçons.

Les petits Solfèges de Snbatlini, d'Aprile, de Coresana, de Danzi sont aussi d’usage au Conservatoire; maisc’est M. Choron qui , le premier, les a introduits dans son Institution de musique religieuse, ainsi que les Chorals

(1) Fax, ou Fuehs, mort en 1750. Son Grains ad Parnassum a été publié en 1725.

allemands, ou plain-chants harmonisés; ]a Collection de la chapelle pontificale, et autre musique dont il était abon- I

damment pourvu. On ne saurait trop louer cet homme de science et d’érudition d’avoir ressuscité en quelque i

sorte une foule de chefs-d’œuvres des anciens maîtres, trop longtemps ensevelis dans la poussière des hiblio- |

thèqnes. Uien n’est plus propre à dontier l’idée du beau, du grandiose, du sublime dont l’art musical est sus- '

ceptible, que le style sévère et pompeux de ces Pères de la musique.

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