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DE LA VOCALISATION OU PRÉPARATION AU CHANT

Cette partie des études musicales ne concerne que ceux qui se destinent spécialement au chant. Elle le précède comme préparation ou éducation des organes de la voix, quand la mue est totalement terminée.

Les leçons consacrées à la vocalisation se composent bien encore de gammes, d’intervalles, de traits, d’agréments et de solfèges, que les professeurs français ont nommés vocalises (A); mais, dans celles-ci, l’on ne présente plus ces combinaisons de valeurs diverses, de changements de clefs, de difficultés de lecture, multipliées à plaisir dans les autres, et dont l’élève, supposé bon lecteur, n’a plus besoin. Ici tout est de

(1) Sous-entendu avec des paroles, ce qui est encore une étude à part.

gràco, d’expression, de sentiment, et l’imagination a plus de part que la scienee à ce genre de eomposition. Indiquer les solfèges de la Méthode de chant du Conservatoire; citer les exercices de Cresceniini, les belles vocalises de M. liordogni, c’est confirmer pleinement ce que nous venons de dire.

Vocaliser, c’est, en définitive, chanter sur une ou deux voyelles choisies (l’a et l’ê ouvert); c’est, en quel- (pic sorte, faire glisser tous les sons de la voix sur l’une de ces voyelles, au lieu de nommer les notes, comme dans le solfège proprement dit (t).

Les \oyclles i, o, u sont proscrites et doivent l’ètre, parce <pie, dit encore la Méthode, elles font grimacer la bouche et donnent à la voix une qualité défectueuse.

« Ceux ([ui font entendre plus de deux ou trois notes sur ces voyelles, font preuve de mauvais goût, et de- . (( viennent réi)réhensih!es. »

On comprend que la liaison des sons, l’un des principaux objets de la vocalisalion , n’a pu avoir lieu dans : l’étude du solfège que dans les seuls cas où un agrément tel que la petite note, le port de voix, le groupe, se : trouve annexé à une note principale quelconque ; car alors, l’agrément meme doit prendre le nom delà note, et un seul monosyllabe, do, ré, mi, etc., sert pour l’un et l’autre. Telle est la règle. {Voyez les n°® 15 et 16 du treizième Tableau.)

Dans tous les autres cas, donner à chaque note le nom qui lui appartient, c’est attaquer, c’est frapper cette note avec plus ou moins de force ou de douceur ; tandis qu’en se servant des voyelles, on peut à volonté atta(|uer ou lier les sons, et l’on use heaucoiq) plus de ce dernier procédé dans les vocalises.

Les nuances du doux au fort, du fort au doux, ainsi que les sons poi'tés et [dés y deviennent aussi plus fréquents. On peut môme dire qu’ils sont de tous les instants, attendu que, dans ce genre d’étude, la voix doit nuancer avec une onction plus sentie ; donner une expression plus marquée à la succession des sons ; les faire i valoir les uns par les autres ; répandre partout enfin la couleur et la vie.

Le premier soin du maître, dans l’étude de la préparation au chant, est d’enseigner le mécanisme de la respiralion pour chanter, différent de celui de la respiration })Our parler.

« Sans un grand volume d’air, qu’on doit savoir comprimer et ménager longtemi)s avec adresse, il n’est i « point de force ni de timbre dans la voix. De plus, sans cette faculté, il n’est guère possible de bien phra- « ser le chant. {Méthode.) » !

La nature et l’étendue de la voix du sujet étant bien connues, on a l’attention de ne le faire chanter que dans les bonnes cordes de sa voix, laissant au temps et à un travail réfléchi le soin d’augmenter l’étendue d’un ou de deux sons, tant à l’aigu qu’au grave.

Si le chanteur se destine au théâtre, il devient indispensable pour lui de faire une étude approfondie de la langue de son pays, s’il ne l’a point faite au préalable, et d’acquérir une prononciation pure, élégante et | bien accentuée (2). En outre, il doit connaître l’insloire et la mythologie; faire sa lecture habituelle des poètes | et prosateurs classiijucs; orner sa mémoire de leurs plus beaux traits, afin d’élever son esprit, d’échauffer j

son imagination, et d’entretenir son ame dans cette espèce d’exaltation nécessaire pour bien exprimer les j

|)assions, et rendre fidèlement les sentiments des personnages qu’il devra représenter sur la scène. i

(1) l.a voyelle « est adoiilée exclusivement aujourd’hui. C’est sans doute par concession pour notre langue que la Méthode y joint l’è ouverl. Des modernes ajoutent même quelques unes de nos voyelles nasales.

(2) Un cours de langue italienne n’est pas moins indispensable à tout chanteur français.

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