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DES INSTRUMENTS EN GÉNÉRAL

Tous les instruments en usage aujourd’hui forment cinq classes distinctes, savoir ; 1° Instruments à clavier. 2° Instruments à cordes que l’on pince. 3° Instruments à archet. 4° Instruments à vent. 5° Instruments à percussion.

(1) Dans son opuscule inlitulé: Dupoème lyrique.

(2) Les genlilshommes qui, sous nos rois, gouvernaient tour à tour l’Académie de Musique, ne laissèrent pas à railleur le temps de faire une Ouverture pour son opéra d'Orphée, dont la première représentation avait été fixée au 2 août 1774, par ordre supérieur. On connaissait la signification de ces mots, et le Fort-l’Evêque était là pour en faire souvenir au besoin. Ainsi que pour Alceste et Iphigénie en Aulide, Gluck eût peut-être produit un nouveau chef-d’œuvre; il ne donna qu’un vieux morceau de symphonie, ou, plutôt, l’opéra d'Orp/ièe n’a pas d’ouverture digne d’un tel sujet et des merveilleuses beautés que le compositeur y a répandues.

Ia‘ fonds oblige d’un grand orchestre suppose : premièrement, des instruments à archet, tels que violon, \ iolc ou alto (t), violoncelle et contre-basse. Deuxièmement, des instruments à vent, comme flûte (grande et petite), hautbois, clarinette, basson, cor, trompette et trombone. Troisièmement, un instrument à percussion, qui est la tymbale.

11 suffira d’exposer la part numérique attribuée à chacun de ces instruments dans le plus grand orchestre de théâtre de Paris (l’Académie impériale de Musi(pie), pour donner une idée de la proportion à observer ('Il raison de l’emplacement, et surtout de l’importance du spectacle, sous le rapport de la musique.

Il y a donc au Grand-Opéra 12 premiers violons, 12 seconds, 8 altos, 12 violoncelles, 8 contre-basses. 2 grandes flûtes, 1 petite, 2 hautbois, 2 clarinettes, 4 bassons, 4 cors, 2 trompettes, 3 trombones et 2 tymbales, jouées, comme on sait, par le même individu.

Le nombre des instruments à vent et des tymbales reste le même pour un orchestre de concert, mais on y peut augmenter celui des instruments à cordes.

La harpe, autrefois très accessoire à l’orchestre, y est devenue permanente, soit comme instrument solo, soit pour un accompagnement obligé, lorsque son effet paraît être en situation, ou que l’action exige qu’elle ligure sur le théâtre; on la double même, et, on en a vu, jusqu’à douze à l’orchestre, mais seulement pour le bel o]jéra. Les Bardes, de M. Lesueur.

On a voulu (juclquefois introduire la guitare à l’orchestre, malgré sa nullité complète quand on l’emploie dans un grand local. Cela va même jusqu’au ridicule quand des ritournelles à grand orchestre précèdent et suivent les maigres soli de cet instrument. Cette mauvaise plaisanterie s’est vue et presque entendue à l’Opéra» Au théâtre des Italiens on a, pour l’accompagnement de leur récitatif ordinaire, un piano, dont l'effet, tout aussi nul que celui de la guitare, est encore absorbé par les arpèges d’un violoncelle, son auxiliaire.

Les instruments à percussion, autres que les tymbales, et (pii ne figuraient pas autrefois dans les orchestres, sont le tambour, la caisse roulante, la grosse-caisse, les cymbales et le triangle. Le tambourin et les castagnettes sont aussi mis en jeu sur les théâtres où l’on a un corps de ballet , et selon le sujet de la [lièce. Dans les danses provençales, c’est avec les sons stridents de la petite flûte (jue l’on prétend imiter les accents joyeux du galoubet. L’imitation n’est pas heureuse (2).

Le tam-tam seul n’ose encore se monti’er : il reste timidement dans les coulisses, où étaient relégués autrefois et tambour, et cymbales, et grosse caisse. lAir cet éloignement, l’effet étourdissant de ces instruments de percussion était suffisamment atténué.

Maintenant, iis sont en permanence à l’orchestre, attendu qu’on les emploie souvent dans les ouvrages modernes, et surtout dans tes bedlets. Le pulffic, peu difficile, pris en masse, s’est accoutumé à ce tintamarc, et, pour lui, une musique moins hruyante paraîtrait pâle, froide et sans vie. Les connaisseurs, toujours en minorité, se sont récriés d’abord contre cette aberration du goût musical, mais leurs voix ont été étouffées par celles des claqueurs à gages ; des protecteurs tour à tour courtisés et courtisans ; des amis flagorneurs et de la masse ignorante. La musicjue, faite pour charmer, n’est que trop souvent aujourd’hui l’art d’assourdir ses auditeurs.

(1) Cet instrument se nomme aussi quinle, parce ([ue son accord est à la quinte inférieure de celui du violon ; mais comme ce nom est aussi celui d’un intervalle, il est bon d’éviter l’équivoque, en se servant du mol Allô, déiiomiualion d’usage et commuuément cmjdoyée. Le mol viole est du vieux langage. Les Italiens disent encore viola.

(2) Le galoubet n’est joué que par les paysans du midi de la France; mais le llagenlct, cultivé par quebpies bons artistes, le remjilacerait avec avantage; et, (piaml on a le talent d’un Collinet, on est digne de figurer dans les plus grands orchestres.

Les instruments de l’orchestre se divisent encore en deux classes, qui sont : 1° ce qu’on appelle le Quatuor, ou les instruments à archet ; 2° les instruments à vent, hornés aux flûtes, hautbois, clarinelles, cors cl bassons. A celte deuxième classe on a donné assez mal à propos le nom à' Harmonie (t).

Quant aux instruments à percussion, les tymbales exceptées, ils ne sont que des accessoires que l’on admet ou que l’on retranche à volonté.

On va traiter séparément chacune des cinq classes indiquées au commencement de ce chapitre.

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