V. On a persécuté au nom de lu souveraineté de l'État
Les Gouvernements, comme des esclaves affranchis, ont passé quelquefois de l’état de vassalité à l’égard de la religion à l’état d’hostilité. Redoutant toute influence autre que la leur, ils ont opprimé l’élément religieux dans l’intérêt de leur pouvoir. C’est la tendance qui s’est manifestée dans la deuxieme phase de la Révolution française. Tous les cultes furent persécutés, toute manifestation extérieure de la religion fut interdite, et la négation de l’immortalité de l’âme fut l’objet d’un décret public. Un arrêté relatif aux sépultures exigea que toutes les communes de France inscrivissent sur la porte des cimetières : « La mort est un sommeil éternel.1 » Cet édit porte la signature de Fouché, qui fut représentant du peuple sous la République, chef de police sous l’Empire et ministre d’État sous Louis XVIII.
La proscription de la liberté religieuse, dans l’intérêt de la souveraineté exclusive de l’État, prend un caractère ironique lorsque (ce qui est arrivé) elle se produit au nom de la liberté’.
1 Ad. Franck, Philosophie du droit ecclesiastique, page 104.
8 Un de mes compatriotes traversant un jour avec moi les rues de Ge-
ET LA LIBERTÉ DES CULTES