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seul ne réagit en rien, sauf une légère élévation de température ; et, à la nécropsie, était parfaitement intact. Les trois autres eurent de l’élévation de température continue, un seul se montra très malade, en dehors de cela. La nécropsie prouva que tous avaient été infectés, deux ayant des lésions très étendues; mais les deux veaux inoculés avec 20 centigrammes d’émulsion, provenantde ces deux animaux restèrent indemnes. Puisque ces deux veaux avaient reçu beaucoup plus de bacilles dans l’émulsion que ceux injectés avec le crachat, nous sommes portés à conclure que le résultat, dans ce dernier cas, était aidé par les bacilles associés. Nous ne réussîmes pas à infecter des veaux, au moyen du crachat humain, par la voie du tube digestif.
Indications pour les recherches ultérieures. — Il faudrait faire des cultures provenant de tuberculose primaire de l’intestin, dans des cas où l’on suppose que l’infection a été causée par la viande ou le lait. Ayant obtenu ces cultures, il faudrait nous demander si nous sommes, oui ou non, en mesure de déterminer l’origine de l’organisme attaquant. Les différences qui ont été notées dans les cultures, comme virulence et morphologie, sont-elles suffisamment marquées et persistantes? Gela est douteux. A mon avis, il faudra beaucoup travailler, avant de pouvoir déterminer les origines d’une culture donnée du bacille delà tuberculose, en l’examinant dans une culture. A l’heure actuelle nous ne savons rien de pratique, au sujet de l'influence du corps humain sur le bacille de la tuberculose, ni quels changements peuvent être produits, dans sa mor-
phologie, dans les particularités de sa culture et dans sa virulence, par le séjour dans les tissus humains; ni quel temps il faut pour produire ces changements, si même ils se produisent. Par des cultures en sac de collodion, conservées dans le péritoine des animaux, Nocard (. Annales de l Institut Pasteur, vol. XII, n° 9, septembre 1898) a pu modifier le bacille de la tuberculose des mammifères, et lui donner les caractères de la tuberculose aviaire. Ravenel a fait, dans cette direction, quelques essais, qui ne sont pas définitif
Interprétation des résultats. — Il est prouvé que le bacille de la tuberculose a, en règle générale, un pouvoir pathogénique beaucoup plus grand que le bacille humain, pour beaucoup d’animaux. Comment devonsnous interpréter ces faits à l’égard de l’homme ? Doiton conclure que cette augmentation de virulence existe aussi pour l’homme, jusqu’à ce que le contraire soit prouvé, au moins jusqu’à ce que nous ayons des raisons de croire le contraire. Telle doit être notre hypothèse directrice. Les objections que l’on fait ne sont nullement concluantes.
La virulence est sans doute un facteur relatif au sujet ; et l’exaltation de la virulence, pour une espèce, n’implique pas nécessairement une augmentation de virulence pour d’autres espèces.
1 II est intéressant de comparer ces réflexions de Ravenel et des autres auteurs qui ont examiné ces points de vue, avec celles qu’a publiées tout récemment Tlieobald Smith, et que nous reproduisons in extenso dans un chapitre spécial. Nous devrons exprimer le regret que Koch, devant tant d’accusations et de critiques, se soit retranché dans le silence le plus absolu.
L’inverse est vrai en quelques cas. Le streptococcus, dit-on, voit sa virulence augmentée, pour la souris, à la suite cle divers passages à travers ces animaux; mais il devient moins virulent pour les lapins. En général, lorsque la virulence est augmentée pour un animal, elle l’est pour tous ceux qui sont susceptibles à son action.
Le bacille de la tuberculose est presque unique dans son extension. Dubard et d’autres ont montré 1 que les animaux à sang froid, eux-mêmes, n’y résistent pas ; et bien qu’il se montre très permanent dans ses caractères, lorsqu’il est cultivé au laboratoire, dans la nature il est très variable et s’adapte très bien.
La question ne peut être déterminée définitivement que par l’inoculation à l’homme. « The question can be determined definitively only by direct inoculation to man ». Réaliser cette expérience est naturellement impossible ; par conséquent, nous sommes forcés de nous en rapporter à ces cas accidentels qui se produisent de temps en temps.
J’ai eu la chance d’avoir sous mon observation trois cas de ce genre, dans lesquels l’organisme infectant était sûrement d’origine bovine 2.
Des cas semblables ont été rapportés par Tscherning 3 et Pfeiffer, ce dernier s’étant terminé par l’infection et la mort4. On peut ajouter ceux de IIartzell s, bien
1 Revue de la tuberculose, avril 1898,
2 Philadelphia medical Journal, 21 juillet 1900.
3 Congrès pour l'étude de la tuberculose, lro session 1888.
‘ Zeitschrift f. llygiene, t. III, 1898.
s Journal of the american medical Association , avril 16, 1898- Nous rectifions plus loin cette citation de Ravenei..
que l’origine absolue de la tuberculose bovine ne soit pas scientifiquement démontrée, de la façon la plus absolue, dans ce dernier cas. Deux hommes sains nettoyaient des wagons à bestiaux, une tuberculose de la peau du dos de la main se produisit à la suite de lésions. Un des patients fut facilement guéri. L’autre périt misérablement, au bout d’une année, par infection généralisée transportée aux poumons. Ce malade était un homme robuste, de quarante-quatre ans, pesant 175 livres, de famille absolument saine.
Ces faits, nous permettent de nier, avec autorité, l’affirmation de certaines personnes que le bacille tuberculeux, par son séjour chez les bovidés, est sans effet sur l’homme.
Dans tous ces cas, le bacille de la tuberculose se développa dans les conditions les plus défavorables, produisit des lésions caractéristiques; et, dans deux des sept cas, détermina la mort ; résultat inaccoutumé lorsque les lésions locales sont dues à la tuberculose humaine. On peut donc conclure que le pouvoir infectieux du bacille bovin est au moins aussi grand que celui de l’homme.
Infection par la nourriture. — Il n’est pas nécessaire de rapporter tous les cas, bien que quelques-uns, dit Nocard, aient la valeur d’une expérience.
Les cas bien connus de Stang, Demme, Gosse, Nocard, Ollivier (1894, Acad, med.) laissent peu de doute.
Citons les conclusions si importantes de Thorhe : in
64 2 LE PROFESSEUR KOCU
the Harben Lectures for 1898. Sir Pdch Thorne s’exprime ainsi 1 :
« So, also, if gou will compare the rates in Tables A, B, and G (pages 5, 6, 7), and contrast the réduction of 27,9 per cent, which lias taken place, under five years of âge2, during the last 45 years in ail forais of Tubercular Disease, and that of 66 per cent, in Phtisis with the corresponding one from tabes mesenterica, which only reached 8,0 per cent, you will see that in considering the latter cause of death we are dealing with a totally different stade of affairs... The matter, too, assumes a s fil l more serious aspect if we limit ourselves to the first yearof life, wlien milk is most largely used as food ; for then we find that the réductions in the rate of death from the various forais of tuberculosis, which réduction lias been going on at « ail âges » for about half a century, not only disappears but is actually transformed into a large encrease, reaching no less than 27,7 per cent. This in itsel is grave enough. but its significance is still further emphasized, when we remember what are the circonstances under which this increase in the rate of death from tabes mesenterica lias gone on synchronously with a discrease in that from otlier forms of tuberculosis ».
1 Sir R. Thorne. The administrative control of tuberculosis being The Harben Lectures delivered in 1898. Londres 1899, Lecture II. p. 29. Cette citation copiée sur le texte original annule toutes les autres, plus ou moins complètes, faites en ce volume où auraient pu se glisser quelques erreurs de chiffres.
2 Les compilations de Tatham nous montrent que, dans les premiers temps de la vie, un facteur puissant favorise la tuberculose.
Je continue à citer, dans son texte, Ravenel, pour bien montrer quels sont ses sentiments.
On a déjà retrouvé, d’ailleurs, ces documents exposés antérieurement avec plus de développement, et en même temps que d’autres; mais nous avons cependant tenu à reproduire in extenso ce passage de l’auteur américain.
« Evidence of a similar nature is given by I)r G. -F. Still 1 of the Hospital for Sick Children, Great osmond streat in his analysis of 760 consecutive necropsies of children under 12 gears of âge ; 266 of which showed tuberculous lésions. Of these, 117 or 43,5 per cent, were in children under two years old, while in the fîrst three years of life, 56,6 per cent or more than an half of the total number occurred. From his study of the lésions in these cases, Dr Still believes that in 153 or 56,8 per cent, the respiratory tract was the channel of infection, while in 63 or 23,4 per cent, the alimentary canal was responsible; the remaining 53 cases beeing uncertain orotherwise accounted for. Accepting theses figures as given they indicate strongly that milk, the most largely used food, has a considérable part in the spread of tuberculosis, and justifiy lhe conclusion quoted from a report made to the council of the British Medical Association, that the mortality from tuberculosis in early Childhood is not decreasing as it is at other âges in the united Kingdom; and the opinion that this great prevalence of the disease in childhood is due to infection through
1 Brit med. Journ., août 19. 1889; and Journal of comparative Patholor/y and Tlierapeulics, vol. XII, part 4.