‹ Le professorat du dessinChapitre 68 sur 112 · QUESTIONS ORALES · texte numérisé non relu

QUESTIONS ORALES

Question principale : Parlez de la caractéristique de l’art au xvie siècle, tant au point de vue de l’architecture, sculpture et peinture, qu'au point de vue de la décoration privée applicable au mobilier (Dessins au tableau à l’appui).

Questions secondaires posées au cours de l’épreuve : Dites-nous s’il existe, au commencement de la Renaissance, un mouvement très brusque, ou bien une transition des formes anciennes aux formes nouvelle^.

Quelle différence trouvez-vous entre les constructions du xvi' siècle et celles du xvne ?

Quel changement déstructuré se produit-il, dans le mobilier, au point de vue du détail, entre le xvie siècle et le xvue siècle P

Indiquez par un croquis au tableau une table ou une étagère Renaissance ; montrez sa construction et les assemblages de ses bâtis et traverses.

Question principale : Parlez de la caractéristique de l’art au xvne siècle, tant au point de vue de l'architecture, sculpture et peinture, qu’au point de vue de la décoration privée applicable au mobilier (Dessins au tableau à l’appui).

Qü estions secondaires posées au cours de l’épreuve : Au point de vue

LEÇON ORALE AU TABLEAU 2q5

de l’architecture religieuse, quel est le grand changement qui modifie le plan des églises ?

Au point de vue du mobilier, expliquez la différence des styles Renaissance, Louis XIII et Louis XIV ; dessinez un fauteuil Louis XIV en croquis perspectif.

Parlez des tapisseries de cette époque dans leurs emplois décoratifs. Quelle grande fabrique citerez- vous, outre celle de Beauvais dont vous venez de parlez ?

N’emploie-t-on pas les trophées comme motif décoratif? Sur quoi sontils appliqués ?

Quel métal autre que le bronze a-t-on employé? Au Moyen âge employait-on du bronze et du plomb ?

Question principale : Parlez de la caractéristique de l’art du xviiip siècle, tant au point de vue de l’architecture, peinture et sculpture, qu’au point de vue de la décoration privée applicable au mobilier (Dessins au tableau à l’appui).

Questions secondaires posées au cours de l’épreuve : Citez les caractères différents de l’art du xvme siècle à ses débuts et à sa fin ; prenez pour exemple les appartements de Louis XIV et ceux de Louis XVI.

Expliquez-nous de quoi se compose une boiserie Henri II et comparez-la à une boiserie Louis XVI.

Au xvme siècle, quel était le genre de la décoration appliquée au mobilier ? Prenez pour exemple un meuble Louis XVI à votre choix et faites-en le croquis.

Quelle relation de style y a-t-il entre certains monuments du commencement du xixe siècle et ceux de l’époque de Louis XVI ?

Quel est le caractère des Écuries de Chantilly ?

Caractérisez l’emploi du bronze comme motif décoratif sous Louis XV et Louis XVI.

Quelle différence trouvez-vous, dans le mode d’exécution des bronzes, au point de vue du procédé, sous Louis XV et sous Louis XVI? Vous savez que les orfèvres procédaient par le repoussé ou la ciselure.

EXAMENS DE LA VILLE DE PARIS

(Aspirants et, sauf pour le 3°, Aspirantes.)

i° Diplôme de professeur de dessin à vue dans les écoles communales de la Ville de Paris.

2° Diplôme de professeur de modelage dans les cours d'adultes de la Ville de Paris 3° Brevet de professeur de dessin géométrique.

4° Certificat d’aptitude à l’enseignement élémentaire du dessin dans les écoles primaires communales.

HISTORIQUE

Le dessin a toujours été compris au nombre des matières de renseignement, dans les écoles de la Ville de Paris ; mais l’organisation régulière des classes de dessin, confiées à des professeurs spéciaux, ne date que de i865. Avant cette époque, l’enseignement des classes d’adultes avait lieu dans des salles étroites, basses, enfumées, mal éclairées, et il fallait aux élèves un grand désir d’apprendre pour que ces cours donnent des résultats. En outre, les modèles, en très petit nombre, étaient presque tous du plus mauvais goût, et dans deux ou trois classes seulement on dessinait d’après la bosse. C’était le professeur qui était chargé de recevoir et d’inscrire les élèves, c’était lui qui distribuait les modèles, mettait de l’ordre dans la classe ; cela deux heures, trois fois par semaine. Il recevait alors pour paiement une indemnité de io fr. par élève et par an ; de sorte que pour le même service, le traitement variait de 3oo fr. à i 5oo fr. ; car les jours de mauvais temps, sur ioo élèves, 95 restaient chez eux, et le professeur se trouvait avoir 5 élèves. En pareil cas, une leçon lui rapportait ofr,35. Ce système de paiement, qui était sans doute établi en vue d’encourager les maîtres, produisait bien souvent l’effet contraire,

EXAMENS DE LA VILLE DE PARIS

au moins pour un certain nombre d’entre eux. Aussi, dès i863, la Ville de Paris, habituée à prendre l’initiative, exprima le vœu de voir nommer une Commission chargée de préparer les bases d’une réorganisation complète de l’enseignement du dessin et du recrutement des professeurs.

Cette Commission, présidée par M. Dumas, président du Conseil municipal, et composée du comte de Nieuwerkerke et de MM. Merruau, Baltard, Demore, Gérôme, marquis de Laborde, soumit au préfet un projet d’organisation sur les principes suivants :

Ouverture de sessions annuelles d’examens à la suite desquelles serait délivré un diplôme pour les professeurs hommes et les professeurs femmes. — Division de l’enseignement en enseignement d’art et en enseignement géométrique. — Recherche et création de nouveaux modèles. — Améliorations des salles de dessin. — Rémunération plus convenable des professeurs. — Nomination de 2 inspecteurs chargés de veiller à cette organisation.

Le Conseil adopta ce projet et la nouvelle organisation, approuvée par M. Duruy en i865, fut appliquée an mois de mai suivant. Le premier examen réunit 171 candidats; le diplôme fut décerné à 27 professeurs de dessin d’art et à i3 professeurs de dessin géométrique. Par suite de la difficulté que présentait au début le recrutement des maîtresses, une session pour les femmes ne fut ouverte qu’en 1866; 90 aspirantes se présentèrent, 11 seulement purent obtenir le diplôme.

Le programme des examens de cette époque était le suivant pour le dessin d’art (hommes, année i865) :

i° Exécuter un dessin d’ornement d’après le plâtre ;

2° Dessiner une figure antique d’après la bosse ( ces deux épreuves étaient éliminatoires) ;

3° Faire un dessin de figure d’après nature;

4° Faire une composition d’ornement renfermant des figures ou des accessoires, dessinée ou modelée, à la volonté du candidat;

5° Corriger un dessin d’ornement ou un dessin de figure fait par un élève des écoles, en expliquant à haute voix, comme dans une classe, les fautes commises et les corrections à effectuer.

Pour obtenir le diplôme de professeur de dessin d’art (femmes), il fallait subir les épreuves suivantes (année 1866) :

i° Exécuter un dessin d’ornement d’après le plâtre ( épreuve éliminatoire) ;

HISTORIQUE

2° Faire un dessin d’après l’antique, figure entière ;

3° Faire une composition d’ornement comprenant des formes empruntées au règne végétal ;

4° Corriger un dessin ( examen ora/).

L’arrêté de i865 comprenait, en outre, la nomination de professeurs spéciaux pour l’enseignement du dessin géométrique ; le programme de l’examen était ainsi arrêté (année 1 865) :

i° Tracé géométrique de combinaisons de lignes ;

2° Reproduction à une échelle donnée d’un dessin pris dans l’architecture ou la construction des machines ;

3° Projection d’un objet d’architecture ou d’industrie avec tracé d’ombre ( ces trois épreuves étaient éliminatoires ) ;

4° Épreuve définitive : examen au tableau sur l’ensemble du programme.

La Commission d’examens tenait deux sessions par an : la première au mois de février, pour les professeurs femmes, la seconde au mois de juin, pour les professeurs hommes.

Le traitement des professeurs était ainsi établi : chaque professeur attaché aux classes d’apprentis ou d’adultes jouissait d’un traitement fixe de i 200 fr. et d’une indemnité annuelle de 5 fr. par élève présent ; il pouvait recevoir, en outre, une rémunération calculée d’après le nombre d’élèves de sa classe admis au concours et les récompenses obtenues par eux.

Les professeurs attachés aux écoles primaires recevaient 4oo fr. de traitement fixe par école ; pour ces émoluments, les professeurs dans les classes d’adultes devaient donner par semaine trois leçons de 2 heures chacune ; ceux des écoles primaires, deux leçons de 2 heures 1/2.

Une somme de 3i2 000 fr. était alors consacrée par la Ville à l’enseignement du dessin (1867). Un an plus tard, cette somme était de 320000 fr. et le nombre des écoles où Ton enseignait le dessin était de 223; le chiffre des élèves atteignait 11000. L’augmentation, sur ce chapitre, n’a fait que croître : nous trouvons 65o 000 fr. en 1880, 700000 fr. en 1881 ; la dépense totale est aujourd’hui de 958687 fr.

La Ville de Paris a fait, comme on le voit, de grands sacrifices pour l’enseignement du dessin dans ses écoles.

Le traitement des professeurs a été changé ; il est déterminé par le nombre d’heures de service effectué, soit dans les classes primaires de jour, soit dans les cours d’adultes du soir, avec un

3oo

EXAMENS DE LA VILLE DE PARIS

minimum de 8 heures de service et un traitement annuel de i5o fr. au minimum, 2Ôo fr. au maximum pour chaque heure de leçon par semaine.

L’organisation de l’enseignement du dessin, dont nous venons de tracer brièvement l’historique, est restée en vigueur et fonctionne de la manière suivante :

Les premiers éléments de dessin linéaire sont enseignés aux élèves du cours élémentaire et du cours moyen, parles instituteurs et les institutrices des classes primaires munis du certificat d’aptitude. à renseignement élémentaire du dessin (l). Ce n’est qu’au moment de leur admission dans le cours supérieur que les enfants sont placés sous la direction de professeurs spéciaux munis du certificat d’aptitude institué par le règlement du 16 février i865.

Cours du soir. Classes d’adultes. — L’organisation des classes de dessin pour les adultes hommes date, comme celle des classes de jour, du règlement de février i865.

Ces classes, confiées à des professeurs munis du certificat d’aptitude, ont lieu le soir, de 8h à io'1. Jusqu’en 1874, elles avaient été consacrées exclusivement à l’enseignement du dessin artistique (dessin d’ornement).

Depuis cette époque, la Ville de Paris a institué des cours spéciaux de dessin géométrique. Ces cours, installés dans un certain nombre d’écoles à côté des cours de dessin artistique, ont lieu, en général, les mêmes jours et aux mêmes heures, afin que les élèves puissent choisir entre les deux enseignements.

Suivant la nature des cours ou les besoins locaux, les cours fonctionnent 3, 5 ou 6 jours par semaine, offrant ainsi aux élèves une durée de 6, 10 et 12 heures d’études.

Les cours d’adultes, au nombre de 78, se partagent ainsi : 74 pour les hommes et 4 pour les femmes.

Les 74 cours réservés aux hommes se divisent en :

i° Cours de dessin élémentaire, au nombre de 38 pour le dessin à vue , de 3i pour le dessin géométrique ;

20 Cours de dessin appliqué, au nombre de 5 pour les deux sections d’art et sciences.

L’enseignement est donné par un professeur pour 4o élèves environ.

(J) Mous donnons à la fin de l’ouvrage les programmes concernant cet examen.

HISTORIQUE

3oi

Le contrôle des cours du soir est effectué par les soins du service d’inspection, déjà chargé des classes du jour.

Le programme résumé des études est celui-ci : dans les cours élémentaires, l’étude doit être poursuivie dans le sens d’une révision des cours supérieurs des écoles primaires, avec le même esprit et la même doctrine. Ainsi l’on enseigne : l’arithmétique, le système métrique, la géométrie, le dessin graphique et le lavis, le dessin à vue, la composition d’ornement, le géométral et la perspective, les ordres d’architecture et les premiers éléments de technologie.

Dans les cours de dessin appliqué, le programme se spécialise et l’idéal serait qu’il pût se spécialiser pour chaque élève. Dans l’impossibilité de réaliser cette conception, on rattache chaque profession à une des grandes catégories d’application des arts à l’industrie, suivant que l’artisan traite la matière en relief ou en surface, scientifiquement ou artistiquement.

Chaque cours prend la physionomie locale due à la population qui le fréquente. Il s’oriente dans la voie utile aux professions lui apportant le plus fort contingent. Au cours du boulevard de Belleville, dit M. Guébin, on trouvera les industries mécaniques fortement représentées; rue Etienne Marcel, les dessinateurs sur étoffes et les bijoutiers ; boulevard Montparnasse, les graveurs et les décorateurs ; place des Vosges, les sculpteurs, modeleurs, etc.

Application des programmes. — En vue de s’assurer de l’application des programmes, des épreuves trimestrielles ont été instituées ; le choix de l’exercice est laissé à la discrétion du professeur, la nature seule du travail étant indiquée par l’inspection :

i° Dessin copie', croquis, arrangements , s’il s’agit du dessin à vue;

2° Géométrie élémentaire , géométrie descriptive, croquis coté , s’il s’agit du dessin géométrique.

Ces épreuves entrent en ligne de compte pour la participation aux concours généraux de la fin d’année.

Écoles subventionnées. — En dehors des cours qu’elle entretient directement, la Ville de Paris subventionne un certain nombre d’écoles libres de dessin, ouvertes aux adultes hommes et aux adultes femmes. Leur enseignement suit le même développement que renseignement donné dans les cours communaux, c’est-à-dire qu’il embrasse à la fois l’enseignement élémentaire, donné dans les cours de dessin d’art et de dessin géométrique du premier degré, et l’enseignement plus élevé donné dans les écoles supérieures de dessin.

EXAMENS DE LA VILLE DE PARIS

Les écoles de dessin subventionnées pour les adultes femmes, fondées par l’initiative privée, sont soumises à la surveillance de l’administration au point de vue du programme des études, du choix des modèles et de la discipline intérieure.

Leur enseignement s’étend depuis l’étude des premiers éléments du dessin jusqu’aux applications industrielles ou artistiques (peinture sur porcelaine, peinture sur éventails, etc., etc.).

Ces cours sont dirigés par des professeurs dames munies des diplômes de la Ville.

Les élèves sont soumises au même régime que les élèves des cours d’adultes hommes et femmes ; elles jouissent des mêmes avantages et subissent les mêmes épreuves pour les concours.

En outre désétablissements municipaux dont nous venons de parler, il existe à Paris d’autres institutions libres ou officielles, parmi lesquelles il y a lieu de citer les deux sections de l’Ecole nationale des arts décoratifs, l’école Germain Pilon, l’école Bernard Palissy, l’école de M. Guérin et de nombreuses académies dans les divers quartiers de Paris.

Toutes ces écoles sont destinées aux élèves adultes, ayant déjà acquis dans les cours ordinaires de dessin d’art ou de dessin géométrique un certain degré d’instruction théorique et pratique.

De même que les cours ordinaires, les écoles supérieures de dessin sont divisées en deux sections : dessin d’art ou d’ornement, dessin géométrique.

Les cours de dessin d’art embrassent l’étude de la perspective et de l’anatomie, le dessin d’après la bosse (ornement et figure), le dessin d’après l’antique, le modelage et la sculpture.

Les cours de dessin géométrique ont pour objet l’application de l’enseignement aux études d’architecture, constructions, machines, coupe des matériaux, etc., etc.

La première école supérieure de dessin a été ouverte dans le groupe scolaire situé rue aux Ours, le Ier novembre 1878. Depuis cette époque, de nombreuses écoles semblables ont été organisées.

Telles sont les bases de l’organisation de l’enseignement du dessin; elles n’ont subi que peu de modifications.

On remarquera, dit Mlle de Labouret, la différence essentielle qui existe entre les points de départ des programmes de la \ille et de l’Ptat. L’indication même de la division des programmes signale une

HISTORIQUE 3o3

différence entre le point de départ des programmes de l’Etat et le point de départ des programmes de la Ville.

Les programmes de la Ville se préoccupent des débuts de l’enseignement; ils déterminent la nature des études préalables à celles de l’école primaire, par lesquelles sont guidés les premiers efforts des « tout petits ».

Ayant à constituer l’œuvre magistrale de la réorganisation d’ensemble de l’enseignement du dessin en France, les auteurs des programmes de l’Etat n’ont pas cru devoir s’arrêter aux détails infimes de l’éducation visuelle de l’enfant avant son entrée à l’école primaire proprement dite.

La compréhension de l’idée de mesure, l’appréciation exacte des rapports et des proportions qu’exigent les exercices d’application des programmes de l’Etat ne sont possibles que si, n’étant plus précisément un tout jeune enfant, l’élève peut déjà compter. Avant, ces programmes sont inapplicables. On a cru devoir fixer à six ans l’âge auquel il faut commencer à les suivre ; encore est-il souvent difficile à cet âge de faire, avec l’exactitude nécessaire, les travaux qu’ils comportent.

Cependant quand l’enfant, ne bégayant plus, hésite encore dans l’articulation des sonorités compliquées et difficiles, toutes ces perceptions le mettent déjà en rapport avec le monde extérieur ; son intelligence éveillée s’essaye, avec une curiosité avide, à lout connaître et à tout comprendre.

La brièveté de la période des études primaires, telles que la déterminent les limites d’âge de scolarité obligatoire, ne permet de rien négliger dans les efforts des « tout petits ». Pour assurer à chaque enfant qui sort de l’école la part d’éducation qui lui est légitimement due, comme développement moyen et indispensable de ses facultés personnelles, il a fallu tenir compte de tout ce qui peut être utilisé pendant le temps où l’Etat le prend à sa famille. Pour cela, il a paru nécessaire de suivre patiemment et de guider avec prudence les efforts de l’enfant à l’école maternelle. Puisqu’à l’école maternelle les travaux de dessin sont inscrits parmi les travaux réguliers de classe, il y avait à suivre et à guider les essais de l’enfant dans ces travaux. A cet effet, un programme spécial de dessin a été élaboré à Paris, dans l’ensemble des programmes de l’enseignement du dessin : ce programme, dit « des écoles maternelles », est applicable dans ces écoles proprement dites, dans les classes enfantines (écoles de jeunes garçons), et dans les premières classes (cours préparatoires) de l’école primaire. Gomme dans toutes ces classes l’enseignement est presque

EXAMENS DE LA VILLE DE PARIS

exclusivement confié à des institutrices, il garde rationnellement son caractère très maternel, c’est-à-dire aussi peu didactique que possible.

Les programmes de la Ville ont une orientation commune d’ensemble, dont le point de départ en détermine toute l’orientation générale.

Cherchant à procéder comme l’enfant procède de lui-même, ces programmes mettent en première ligne l’observation visuelle sans idée de mesure, et, puisque l’enfant observe avant de mesurer, il ne place qu’après l’étude des mesures précises.

La marche suivie est celle même de l’entendement humain. À distance d’abord, par fintermédiaire des vibrations lumineuses et à l’aide de l’œil, une sensation d 'image est perçue, qui est révélatrice de la forme sous laquelle apparaissent les choses. Puis de près, par le toucher, par le contact direct, la main, investigatrice, saisit par des mouvements successifs les positions relatives des parties constituantes de chaque chose.

Pour définir le caractère des programmes de dessin de la Ville de Paris, il faut remarquer qu’ils procèdent par enchaînement d’observations graduées, suivant la marche progressive des perceptions de l’enfant. La méthode qu’ils adoptent affecte forcément une forme surtout expérimentale.

Mais les programmes de la A ille semblent déjà devenir vieux pour quelques-uns. C’est ainsi que M. John Labusquière a proposé une réforme complète de l’enseignement du dessin.

« Il est évident, dit-il, que le dessin et le modelage ont pris une place très importante dans l’enseignement populaire ; le dessin plus particulièrement, trop spécialement peut-être, joue un grand rôle pédagogique, puisqu’il est éducateur de l’œil et de la main.

« Enseignés avec méthode, ils doivent faciliter l’éclosion de vocations artistiques ; ils sont les facteurs puissants du développement industriel par leurs applications si variées.

« On ne saurait donc trop porter son attention sur le développement de ce double enseignement.

(( L’enseignement du dessin à l’école primaire doit être surveillé de très près ; il doit avoir une sanction qui lui donne son caractère d’utilité réelle et incite les élèves à ne le point négliger.

« Il importe aussi de réorganiser les cours publics qui, en fait, sont des cours post-scolaires, suivis par de jeunes apprentis soucieux de perfectionner les connaissances acquises à l’école, par des ouvriers qui, aux prises avec la pratique de leur profession, comprennent toute la valeur d’une éducation artistique.

HISTORIQUE

<( 11 importe aussi d’assurer un meilleur recrutement de nos écoles professionnelles ? où un grand nombre d’élèves arrivent trop insuffisamment préparés. »

En résumé, M. Labusquière faisait les propositions suivantes :

i° Création d’un certificat spécial pour l’enseignement du dessin dans les écoles primaires ;

2° Les examens, dont le programme sera dressé ultérieurement, auront lieu après ceux du certificat d’études ;

3° Nul ne sera admis à concourir pour l’admission dans les écoles professionnelles, s’il n’est pourvu du certificat susmentionné.

De plus, M. Labusquière demandait qu’il fût procédé à une réorganisation des cours de dessin pour les adultes, sur les bases suivantes :

Cours d’adultes primaires, dont les élèves pourront se présenter à des examens pour le certificat primaire de dessin ;

Cours d’adultes secondaires de modelage et de dessin, où ne seront admis que ceux qui seront pourvus du certificat primaire ;

Cours supérieurs de dessin et de modelage. Ces cours devront être faits sur un programme approprié aux besoins de l’industrie ; ils comporteront l’étude d’après le modèle vivant, la composition, des conférences sur l’histoire de l’art, durant l’automne et fliiver ; durant le printemps et l’été, les cours seront transformés en excursions à la campagne, ils seront faits sur la nature elle-même.

Il est créé un certificat secondaire de dessin et de modelage.

Nul ne sera admis à suivre les cours supérieurs de dessin et de modelage, s’il n’est pourvu du certificat secondaire.

Un certificat supérieur de dessin est créé.

Ces propositions, renvoyées à la 4e Commission du Conseil municipal, ont été discutées et adoptées en principe, malgré l’avis du Directeur de l’Enseignement et la juste opposition de certains conseillers,

La principale réforme consisterait à créer une série d’examens pour les jeunes élèves ; il faudrait obtenir tour à tour trois nouveaux certificats pour passer d’une classe dans l’autre, plus un quatrième définitif, sorte de brevet supérieur du dessin. Ces examens auraient des programmes spéciaux comprenant de nombreuses matières artistiques et scientifiques, et le but de l’enseignement serait infailliblement la conquête de ces certificats. Eli bien, à notre avis, l’enseignement qui a pour but un diplôme est un mauvais enseignement, car il néglige tout ce qui n’est pas strictement le programme, la routine du futur examen.

Guédÿ, — Le Professorat du dessin.

EXAMENS DE LA VILLE DE PARIS

Professeurs et élèves uniraient leurs efforts en vue d’apprendre ce que l’on a déjà demandé, pour en déduire ce que l’on peut demander ; on ne travaillerait plus que pour l’examen, on n’étudierait plus que pour répondre aux interrogations. Mais, comme fort heureusement l’art ne se réglemente pas encore, et que, si on a émis beaucoup de théories, ce sont toujours ceux qui n’en ont pas tenu compte qui sont arrivés à produire quelque chose, on verra que les réformes que l’on veut faire ne peuvent que nuire à l’enseignement du dessin, donner de mauvais résultats. Il est donc inutile d’essayer pour avoir ensuite à faire ces constatations.

La seconde grande réforme a pour but de faire aux jeunes gens des cours sur la nature elle-même. Voilà bien une grande réforme, faire des cours sur la nature elle-même ! c’est-à-dire charger les professeurs de montrer aux élèves comment ils doivent être impressionnés par la nature, comment ils doivent voir le plein air, la couleur, réglementer en quelque sorte les effets. Nous ne voulons pas discuter plus longuement sur ce sujet, mais ce qui nous montrera la valeur de ces utopies, c’est qu’à notre école nationale des Beaux-Arts, où Ton forme des artistes, jamais cette pensée n’est venue à l’esprit des membres du Conseil supérieur, composé cependant d’artistes éminents ; et pourtant, les élèves seraient là, plus qu’ailleurs, capables de comprendre la nature ; les professeurs ne s’adresseraient plus à des enfants de 1 3 à i4 ans, mais à des jeunes gens dont les études spéciales permettraient de comprendre les vues des professeurs, et, si ces derniers n’étaient pas d’un éclectisme absolu, du moins leur talent garantirait une vue saine et juste. Au contraire, on veut donner la tâche d’éduquer l’œil, de voir la nature et de la comprendre, à des professeurs de la Mlle, peut-être excellents pédagogues, mais qui ne sont pas préparés pour cette sorte d’enseignement, parce que leurs études antérieures, faites en vue de l’examen du professorat, les ont détournés de l’étude du beau au profit des études scientifiques.

Nous ne savons pas quel est le sort définitif réservé aux diverses propositions que nous venons d’énumérer, mais il faut espérer que les membres du Conseil comprendront que des innovations ne sont pas toujours des progrès.

I. — DIPLOME DE PROFESSEUR DE DESSIN A VUE DANS LES ÉCOLES COMMUNALES DE LA VILLE DE PARIS.

EXPOSÉ PRATIQUE

L’examen conférant le diplôme de professeur de dessin à vue dans les écoles de la Ville de Paris n’a lieu qu’à des dates fixées suivant les besoins du service ; ces dates sont connues par voie d’affiche et par des insertions dans les journaux spéciaux : Bulletin municipal officiel, Moniteur du dessin, etc. De nombreux candidats se font inscrire pour prendre part à cet examen ; mais, soit peur d’échouer, soit que les données très vagues du programme ne permettent pas une préparation spéciale en vue de cet examen, quinze pour cent des candidats inscrits ne se présentent pas le jour des épreuves.

Par la grande majorité des concurrents, le diplôme de la Ville est considéré comme étant d’un niveau plus élevé que le certificat des lycées et collèges degré supérieur ; c’est là une erreur que savent bien reconnaître tous les ^candidats ayant été admis à cet examen. Le diplôme de la Ville est, à notre avis, bien plus facile à obtenir pour les artistes que le certificat des lycées et collèges ; cela, parce que le programme est plus artistique, et que les coefficients sont plus judicieusement calculés, quoique sur ce dernier sujet il y ait beaucoup à dire. C’est ainsi, et beaucoup d’artistes et de professeurs pensent comme nous, que le jury aurait dû laisser les coefficients tels qu’ils étaient antérieurement à i8867 c’est-à-dire :

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