‹ Le progrès du libéralisme catholique en France sous le Pape Léon XIII histoire documentaireChapitre 107 sur 118 · I»' AMÉRICANISME · texte numérisé non relu

I»' AMÉRICANISME

reconnaître que, sur cette question si grave, devenue fondamentale, l'Univers a toujours suivi la voie marquée ou autorisée par Léon XIIl. Il nous signifie que les démocrates chrétiens ont été condamnés sur plusieurs points importants. Il faudrait dire lesquels ,.T^m& montrer que ces points-là nous les avons soutenus. Sa. Grandeur ne le fera pas, elle ne peut pas le faire ; à l'impossible nul ne peut arriver, et cette grave accusatioa restera un propos en l'air.

Mgr Turinaz répond à ce plaidoyer stupéfiant :

J'ai donc deux choses à prouver : la condamnation des démocrates chrétiens et ce fait que vous les avez soutenus. Mais, Monsieur, toute ma brochure d'un bout à. l'autre démontre par des documents, cités à toutes les pages et irréfutables, que les démocrates chrétiens ont été condamnés, non seulement sur plusieurs points très importants, mais sur les questions les plus hautes pour tout catholique, les questions de philosophie, de théologie, d'Ecriture sainte, d'apologétique, sur des erreurs qui atteignent la foi elle-même, sur les violations les plus graves de la discipline, car, je l'ai dit, c'est l'évidence même : tous ceux que combat ma brochure sont des démocrates chrétiens. Que vous faut- il de plus ?

Vous les avez soutenus : d'abord sur aucune de ces questions, vous ne les avez combattus ou blâmés, mais, malgré tout, vous avez continué à faire leur éloge.. Et pourquoi chercher plus loin la preuve péremptoire, évidente, que vous les avez soutenus et que vous les soutenez ? La preuve, mais c'est le blâme que vous avez dirigé sans provocation contre ma brochure, c'est toute la polémique que vous avez entreprise et que vous poursuivez contre moi depuis trois semaines. Pourquoi, je vous prie, vous donnez-vous tant de peine, si ce n'est pour me combattre, parce que je les ai combattus, et comment cela s'appelle-t-il dans le langage du bon sens et de l'évidence, sinon les soutenir ?

Et s'il faut dire toute la .vérité, c'est surtout dans votre Journal que ceux dont j'ai combattu la doctrine et les actes dans toute ma brochure ont trouvé un appui, car vous leur avez été constamment Jidèle, et^ je viens de le prouver, vous l'êtes encore. Les revues que j'ai citées dans ma brochure portent certainement une grave responsabilité, mais elles ont une influence moins étendue que la vôtre ; les feuilles mortes ou mourantes, qu'il est inutile d'indiquer, ont exercé une action qui, évidemment, ne peut être comparée à celle d'un journal comme le vôtre, répandu parmi le clerg-é. Je connais un bon nombre de prêtres qui soutiennent encore en ce moment les démocrates chrétiens, surtout parce qu'ils sont convaincus que vous les soutenez, parce que l'Univers est avec ces démocrates (i).

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