CHAPITRE VII L'Evolution religieuse
Pas plus que l'ascétisme et la vie intérieure de l'Eg-lise, la philosophie catholique, la théologie et l'exégèse biblique ne devaient être exceptées de l'évolution qui marquait l'ère des temps nouveaux. Puisqu'il était entendu que c'était l'Eglise qui évoluait, il était naturel que l'évolution religieuse se fît parallèlement à l'évolution politique; il était naturel et inévitable que les apôtres de celle-ci fussent les appuis de celle-là.
Peut-être l'insistance à le démontrer serait-elle désormais superflue; mais quoiqu'il ne manque plus rien à notre démonstration et sans entrer dans le fond de questions trop étendues, il y a encore certains traits à faire ressortir.
La philosophie kantiste, si fortement condamnée par Léon XIII, est le pivot de l'évolution religieuse et la source des erreurs auxquelles celle-ci a ouvert la voie. N'a-t-elle pas trouvé un appui redoutable funeste au jeune clergé, dans cet interprète des idées pontificales si hautement encensé par le monde catholique, M. Fonsegrive? On a déjà vu plus haut son rôle. Sa revue la Quinzaine n'a cessé de mener de front la direction politique et la direction
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religieuse qui conviennent à l'Eg-lise de France. C'est elle qui récemment a publié l'article de M. Albert Le Roy : Qu'est-ce qu'un dogme? dont le cardinal Perraud, adhérant à la protestation et condamnation publique de Mgr Turinaz, écrivait :
On se demande avec stupéfaction comment la. Quinzaine, qui a la prétention d'être une revue catholique, peut endosser la responsabilité d'une explication prétendue philosophique et scientifique de la religion qui équivaut à sa destruction totale.
A l'occasion des protestations soulevées par cet article scandaleux, on lisait dans la Démocratie chrétienne :
La Quinzaine reste donc une de nos grandes revues catholiques, dig-ne de l'estime de tous. Ses articles sont g-énéralement de réelle valeur ; elle pense et fait penser ; que si elle a parfois à rectifier l'une ou l'autre de ses positions, elle rectifie plus d'un préjug-é autour de nous et même chez nous ; elle travaille et fait travailler loyalement à l'union de la science et de la foi. Nous sommes de ceux qui croient que les catholiques doivent reconnaissance à son directeur, M. Fonsegrive, et nous sommes heureux de profiter de cette occasion de le dire au nom des rédacteurs de la Démocratie chrétienne (i).
(i) N° de novembre igoB. — Une autre revue, non moins téméraire que la Quinzaine, les Annales de philosophie chrétienne, a-^a-nt perdu son directeur, fut reprise par M. l'abbé Laberthonnière, dont certains écrits ont été mis à l'Index. Elle poursuit encore actuellement des études extrêmement osées. La Démocratie chrétienne fait cette réclame au nouveau directeur : Nous avons parcouru son article-programme en entier, il nous a paru extrêmement intéressant et suggestif. Sans nous prononcer, bien entendu, sur la valeur des méthodes nouvelles qu'il semble bien qu'on se propose de défendre et de mettre en lumière, nous sigoalons la revue à nos amis, et nous offrons à son nouveau et éminent directeur nos meilleurs vœux de succès.
Cela n'empêchait pas la Démocratie chrétienne, en mai 1899 et en novembre 1901, de publier et republier cette protestation :
On veut mêler notre revue à tous les problèmes soulevés de nos jours, afin de la compromettre un jour ou l'auti-e. Depuis plusieurs années, de nobles esprits, parfois aventureux, s'efforcent de renouveler les méthodes et les études philosophiques, théologiques, apologétiques, exég-éliques, scripturaires, historiques et pédagogiques, afin de mieux les adapter, selon eux, aux exigences des découvertes et des théories modernes. Font-ils la part trop grande aux nouveautés suspectes, et trop petite aux immuables traditions ? De bonne foi, comment veut-on que les démocrates chrétiens se chargent de le dire? Et n'est-ce pas vraiment risible de nous voir rendus responsables des audaces des exégètes, des fausses manœuvres des apologistes et des audaces des théologiens? Ici encore nous protestons contre ces procès de tendances qu'on essaie de dramatiser.
On voit ce que vaut la protestation. Tant il est vrai qu'entre tous ces novateurs en politique, en sociologie^, en religion, il y a des affinités, une solidarité latente, qui se trahissent malgré eux, et que le zèle des directions pontificales entraîne inévitablement les partisans de l'évolution politique vers ceux de l'évolution doctrinale et religieuse, à rencontre des enseignements formels du Pape.
Comment expliquer autrement que l'apologie de cette philosophie ruineuse et anticatholique se soit installée dans les colonnes de l'Univers ?
Il insérait le ï°'" février 1899 ^^ compte rendu de la Démonstration philosophique (i) de M. l'abbé
(i) A propos de cet ouvrage, M. Tabbc Denis, directeur des Annales de philosophie chrétienne, dont on a vu plus haut (pages 3o5-3o6)
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Jules Martin, œuvre entièrement consacrée à justifier le subjectivisme, et qui, sur la volonté formelle du Saint-Père, fut ensuite retirée du commerce.
L'idée fondamentale du livre peut se formuler ainsi -: rintellig-ence recèle une conception confuse et indivisible de la science spéculative universelle; tout système de philosophie n'est qu'une détermination particulière de ce fond commun.
Devra-t-on pour cela mépriser les preuves? Il y aura toujours les mêmes raisons de dire que saint Thomas démontre en toute rig-ueur l'existence de Dieu ; seulement, lorsqu'on le dit, on affirme que saint Thomas, prenant connaissance de sa pensée actuelle, selon le procédé légitime, reconnaît Dieu comme la raison définitive de toute chose ; mais au moment où il prend ainsi conscience de lui-même, saint Thomas ne perçoit pas en lui plusieurs notions complètes et séparées dont l'une conduirait à l'autre, il ne perçoit pas à part toutes choses, puis Dieu comme leur raison définitive. Au fond il perçoit par un acte indivisible que toutes choses sont inexplicables sans Dieu...
l'enthousiasme pour les directions pontificales de Léon XIII ne craignait pas de juger ainsi son Encyclique au clergé français sur les études ecclésiastiques : cette lettre n'est pas de Léon XIII,qui venait de subir une opération chirurgicale et était gravement malade. Elle est du défunt père Mazella, qui faisait alors toutes sortes de démarches pour obtenir la condamnation par l'Index de philosophes laïques et ecclésiastiques français. Sa Sainteté Léon XUI, un moment hésitant tant on lui représentait en noir les choses de France,.refusa formellement toute condamnation. Mazella obtint néanmoins que la Démonstration philosophique de M. l'abbé Jules Martin, œuvre supérieure d'un penseur isolé et sans attache avec les néoapologistes, serait retirée du commerce. Un innocent, un vénérablevieillard était frappé pour ses opinions libres (!!) (octobre 1901). — Décidément Léon XUI était toujours malade quand il jugeait les novateurs en religion, et ne se portait bien que comme pilote del'évolution politique.
Tout système de science est une classification commode, une org-anisation vraie ? On aurait tort de le croire ; les lois ne sont jamais que des titres de chapitre, que des étiquettes, titres inutiles d'ailleurs en tant qu'ils servent à raconter plus commodément la suite des phénomènes...
Ce compte rendu occupe douze colonnes de rezde-chaussée. L'auteur relève avec complaisance un parallèle entre Renan et les apologistes. On n'est jamais indépendant d'une opinion vraie ou fausse quand on écrit l'histoire. Renan n'y a pas échappé.
Mais les apologistes? Patience ! nous y voici. Les apologistes, pas ceux qui cherchent à cette heure des vues nouvelles, mais les apologistes d'autrefois — eh bien, ces apologistes sont possédés d'une illusion aussi grosse que celle de Renan. « Trop souvent entre eux et lui a été échangé le. reproche d'écrire l'histoire du christianisme d'après une conviction déjà fixée. Et l'on n'a pas vu qu'il est contradictoire de prétendre échapper à ce reproche. Car enfin, celui qui n'a encore au sujet du christianisme aucune conviction arrêtée est incapable d'écrire une histoire du christianisme, celui-là ne comprendra rien aux documents qu'il consultera y^ (pp. 193-194). Autre illusion !
Les apologistes attendent que les documents de l'histoire évangélique, une fois bien constatés comme authentiques, vont infailliblement convaincre les rationalistes. On oublie que les documents de l'histoire du christianisme relatent des faits surnaturels ou impliquent le surnaturel. « On ne gagne donc rien à répéter contre les rationalistes que le christianisme ce sont des faits, ou encore que le christianisme a une base historique. On crée ainsi des métaphores ; on se consolera peut-être mais certainement on s'abuse. L'essentiel, en effet, est de savoir si tel fait surna-
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turel s'est produit ; or, ce fait surnaturel, que ce soit la g-uérison d'un paralytique ou la résurrection de notre Seigneurjne se produit pas maintenant et l'on n'a pas la ressource de dire aux incrédules : Venez voir de vos propres yeux. Il s'ag-it d'un fait surnaturel, arrivé une fois il y a dix-neuf siècles ; on prétend aujourd'hui faire reconnaître ce fait à tout le monde, même à ceux qui jug-ent le surnaturel impossible » (pp. 202-208). Ces paroles nous ont paru décisives et il est à désirer que les écrivains apologistes en fassent leur profit et s'orientent vers une direction plus heureuse. Cette direction n'est pas indiquée ici, mais nous trouvons dans le chapitre suivant, à propos des réfutations, encore un. excellent conseil adressé aux défenseurs des vérités relig-ieuses.
A le bien prendre^ le livre de la démonstration PHILOSOPHIQUE propose à sa manière une conception de V univers, une théorie sur l'intelligence, une théorie sur le raisonnement, une théorie sur la connaissance externe. Ces théories, hélas ! aboutissent à une même conclusion ; nous ne comprenons totalement rien, nous ne savons totalement rien; erreur, vérité ; TOUT EST MYSTÈRE AU FOND. C'cst lu répousc que, de siècle en siècle, les philosophes chrétiens vont répétant sur des modulations variées. Dans le cas présent, les considérants de cette réponse sont infiniment suggestifs.
- Peu de temps après, sur les réclamations venues de divers côtés, Eugène Veùillot essayait de se tirer d'affaire par la misérable défaite que voici :
Dans son numéro du le^ février nous avons inséré un article sur un livre de M. l'abbé Jules Martin, intitulé : De la démonstration philosophique.
Cet article, bien fait, dont le sig-nataire, M. L. Navatel, est manifestement l'ami de l'auteur du livre et tient pour ses idées, nous a attiré des réclamations. Les
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réclamants, hommes de savoir et de bonne doctrine, nous disent qu'il y a dans l'ouvrag-e de M. l'abbé Jules Martin des hardiesses inquiétantes et nous demandent si nous entendons les accepter et les cautionner.
Non!
U Univers n'est pas hostile aux chercheurs, aux novateui-s ; il n'est pas de ceux qui, par impuissance ou étroitesse d'esprit, condamnent tout mouvement. Mais il ne suffit pas non plus qu'on lui dise : voilà du nouveau, de l'orig-inal et du hardi, pour qu'il approuve et soutienne tout ouvrag"e qui lui est présenté comme ayant ce caractère. Il le fait connaître sans parti-pris, avec justice et môme bienveillance quand il y voit du savoir, du talent et de droites intentions. C'est ce qu'il a fait pour l'ouvrage en question. Il n'a nullement voulu faire plus.
Et voilà un journal de doctrine! « le journal catholique par excellence ».
Glissons sur les éloges sans réserves donnés par VUnivePs au plan de- réforme ecclésiastique échafaudé par M. Fonsegrive dans le Journal d'un évêque, où, à côté d'observations justes, qu'il n'a point découvertes, il y a tant de témérités américanistes ; et remercions plutôt M. Fonsegrive de n'avoir pas fait usage de tous les droits qu'il aurait pu s'attribuer, car, dit l'Univers :
En parlant au nom d'un évoque supposé, il ne compromet personne et n'engage que lui-même. Son audace reste encore bien loin de celle que déployait sarn^ Bernard dans le fameux et admirable livre de la considération. — (N'est-ce pas heureux?)
Mais voici dans un autre premier-Paris (20 décembre 1900) l'apologie d'un livre de M. l'abbé Ouiévreux (i), où le naturalisme tient la place pre-
( I ) IJn ouvrage de M . l'abbé Quiévreux, le Paganisme au XIX"
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mière. « L'Incarnation est la suprême harmonie des harmonies du monde humain. » Rentre-t-elle donc dans l'ordre des choses naturelles et humaines? V Univers n'a que des élog-es pour cet ouvrag^e pénétré de la philosophie de V immanence, qui détruit la notion même du surnaturel, en le disant postulé par la nature ; c'est au fond la déification naturelle de l'homme. M. Tavernier, auteur de cet article, rappelle la parole du tentateur : vous serez comme des dieux, et, entrant en plein dans la pensée de son auteur, il dit : « La voix du mensong-e proférait une fausse promesse, mais elle ne réussissiècle, ayant été mis à l'index, il écrit à M. l'abbé Klein, qui A'ient de lui envoyer le volume Opportunité, dans lequel celui-ci a réuni plusieurs discours de Mgr Spalding, une des gloires de l'Américanisme. « Mon cher ami,
et II faut que je vous embrasse avec la plus chaleureuse tendresse. A peine avais-je reçu le coup si brutal qui me frappait, que votre main accourait, et, impuissante à empêctier la blessure de creuser son trou sanglant jusqu'au cœur, elle s'appuyait onctueusement sur la plaie, la comprimait, l'anesthésiait et faisait mieux encore : elle l'embaumait.
« Vous me montriez la cicatrice que voire cœur porte encore à son côté gauche, et qui, bien fermée, n'y a pas moins laissé im vif stigmate, pareil à notre insigne honneur. Tout de même, je ne suis pas jaloux : et votre blessure, ami, restera plus glorieuse.
« Or, cela s'est fait tandis que nous combattions tous deux presque en frères d'armes, en avant, non sans prudence pourtant; et que nous n'avions, en vérité, d'autre souci que de faire front à l'ennemi, ou mieux encore, à notre temps, à son esprit invincible de liberté, de science et de progrès...
« C'est lui, ce « petit livre », qui m'a ôté mon dernier doute sur mon œuvre et sur moi-même, par la pensée fondamentale du Paganisme au XIX^ siècle, et sur la pure conscience que j'ai eue en l'écrivant de suivre avant tout, et je puis ajouter exclusivement, les sublim'es inspirations de Léon XIII. Les défaillances de détail ne me troublent point, une fois Vidée-mère sauvée et triomphante. »
Ainsi,le jugement doctrinal du Saint-Siège, condamnant un livre, est un titre d'honneur pour ceux qui ont encouru la condamnation; et l'ouvrage condamné était écrit exclusivement selon les inspirations à<i Léon XIII!
5l2 LE CATHOLICISME PROGRESSISTE
sait pas à démentir le vœu de la nature. » Cest donc que la nature a l'idée du surnaturel, et même a pu le désirer dans sa plus haute expression, Tlncarnation.
Par où M. Fabbé Quiévreux était-il assez sympathique à l'Univers, pour que ce journal regardât comme un devoir de louer son livre et de le recommander? Par ses autres écrits accueillis avec une grande faveur parmi les démocrates chrétiens. Et, d'autre part, ne sont-ce pas les idées démocratiques de M. l'abbé Quiévreux qui l'ont fait glisser jusqu'aux erreurs encadrées par l'Univers. Voilà comment se sont répandues toutes ces funestes nouveautés.
Comme il fallait encore que /' Univers, selon le dire d'Eugène Veuillot, fût peu hostile aux idées nouvelles, pour faire honneur au protestantisme de la piété de saint François de Sales et de sa doctrine spirituelle; et cela en son premier-Paris ! (5 juillet 1898).
La thèse en Sorbonne de M. Strow^ski, professeur dans un lycée de la Seine, y était ainsi analysée : « S'il fallait en croire M. Strow^ski, en dehors du cloître, il n'y aurait eu, au xvi" siècle, chez les catholiques, à peu près que des préoccupations rituelles, pratiques, formalistes, des œuvres en un mot et point d'esprit, ou si peu que ce n'est vraiment pas la peine d'en parler. Ainsi les réformés auraient eu à peu près raison ; le catholicisme, au moins parmi les laïques, incHnait au paganisme, si même il n'y avait pas glissé tout à fait. La vie religieuse intérieure n'existait pas dans le monde, en dépit des observances et des pratiques.
« François de Sales, élevé au milieu des protes-
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tants de Savoie, reconnut en eux, toujours selon M. Strowski, la sève de la vie intérieure, et il résolut de la faire passer de l'Evangile dans la vie de ses propres coreligionnaires. »
Après cette analyse, l'auteur de l'article dit : « Tout n'est pas faux dans ce que dit M. Strowski: En gros même il a raison. »
Se peut-il rien de plus contraire à la réalité des faits, rien déplus injurieux pour l'Eglise catholique, rien de plus opposé à ce que l'on sait et de l'esprit de saint François de Sales et du piétisme des protestants de Genève ?
De la philosophie criticiste, réduisant la connaissance humaine à un subjectivisme et relativisme intégral, est issu le système de M. l'abbé Loisy sur l'évolution du dogme et de l'Eglise. Les seuls appuis qu'il ait trouvés parmi les catholiques sont les principaux fauteurs de l'évolution démocratique érigée par les hérauts des directions pontificales en évolution politique de l'Eglise.
Quand les livres de M. Loisy parurent, M. Fonsegrive, « l'un des chefs les plus prudents et les plus influents du mouvement de réforme du catholicisme » (t), se risqua le premier à faire, dans la bibUographie de la Quinzaine, l'éloge suivant de l'Evangile et l'Eglise :
Les ouvrages exégétiques de M. Loisy échappent d'ordinaire au cadre de ces simples notes, et ils méritent d'être discutés par le détail. Mais celui-ci, s'il est assis sur des substructions documentaires importantes et solides, vise aussi le grand public.
Ce n'est en effet rien moins que la critique des con-
\i) Houtin, Za Question biblique au xx" siècle, p. 79.
5l4 LE CATHOLICISME PROGRESSISTE
férences déjà "fameuses de Harnack sur V Essence du Christianisme faite du point de vue catholique par un esprit très ouvert, à la fois avisé et très hardi. Tous ceux qui s'intéressent aux problèmes religieux liront ces fortes pag-es, où l'on peut regretter quelques formes d'expression qui . appartiennent au langage spécial de l'auteur et seront, je le crains, comprises par le public en un sens qui dépasse la pensée de M. Loisj, mais où l'on trouvera les plus solides raisons en faveur de l'Eglise catholique, de son autorité, de sa hiérarchie, de ses sacrements, de son culte et même de ses dévotions qui peuvent paraître les moins intelligibles aux spectateurs du dehors.
Et, un peu plus tard, tandis que la condamnation de M. Loisy se discutait à Rome, M. Fonsegrive écrivait cette page où Ton verra pour qui Sont ces paroles de paix, de liberté et de docilité. Aux yeux de tels hommes, signaler l'erreur, dans l'Eglise de Dieu, c'est œuvre de ténèbres et de perdition. Mais en cela même ils sont logiques, la vérité certaine et absolue nous échappant, selon eux.
Ici ce sage et ce prudent ne peut s'empêcher d'exhaler sa bile et sa rancune d'américaniste. Le même procédé qui lui a permis d'innocenter le P. Hecker et les américanistes va lui servir à disculper M. Loisy.
J'essaierai de dire ici la parole que l'on est en droit d'attendre de la Quinzaine, une parole de paix, de liberté, de docilité.
Et d'abord, je condamnerai toute parole de haine, toutes ces insinuations odieuses sur la droiture et les intentions d'un écrivain faillible, sans doute, comme nous tous, mais estimable, et dont la science, l'austère labeur, le talent et le caractère devraient s'imposer à l'unanime respect.
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Nous ne blâmerons pas moins tous ces misérables procédés d'inquisition, ces chicanes miséi-ables, ces injonctions impertinentes qui prétendent mettre en suspicion l'orthodoxie d'un prêtre éminent parce qu'il s'est promené dans les bois de Meudon avec son confrère, M.Loisy (i).
M. l'abbé Klein a des supérieurs : c'est à eux et à eux seuls qu'il a des comptes à rendre. Le public est incompétent en ces matières, et, seule, l'autorité ecclésiastique a droit de parler. M. Klein ne doit aucun compte à des sycophanies sans esprit, sans talent, sans autre autorité que celle que leur vanité s'attribue, et, prêchant sans cesse aux autres l'obéissance^ toujours prêts à désobéir eux-mêmes.
On sent, à lire certains articles, la joie que donneraient à de certains hommes la chute, l'hérésie déclarée de quelques catholiques, prêtres ou laïques, qu'ils n'aiment T^SiS. Semblables à ces oiseaux qui viennent voler autour des maisons où la mort va se poser, ils crient déjà de plaisir dans V attente du cadavre.
Oiseaux noirs, oiseaux immondes, nous n'aurons jamais assez de mépris pour leur ingrate nature, assez de pitié pour leur misère, assez de tristesse pour leur aveuglement. — (0 parole de paix!)
Ces aveug-les ne voient pas qu'en aigrissant les discussions, qu'en exaspérant les consciences ils travaillent à l'œuvre des ténèbres. Ils poussent à l'abîme. Rôle de perdition et non pas œuvre de salut. Et, chose étrange ! ces fanatiques de l'orthodoxie se rencontrent avec les pires ennemis de l'Eg-lise. Que réclament-ils et que réclament avec eux le Journal de Genève, la Revue chrétienne, tous les recueils libres-penseurs et sectaires ? — La condamnation éclatante de M. Loisy (2).
(i) M. l'abbé Maignen faisait un grief à M. l'abbé Klein de la lettre qui lui est dédiée dans Autour d'un petit livre. Il lui reprochait aussi d'être souvent le compagnon de promenades de M. Loisy.
(2) Mgr Turinaz remarqrue : « Il est absolument inexact que les
5t6 le gathodcisme progressiste
Que ma seconde parole soit une parole de charité pure. Un homme écrit, on estime qu'il se trompe, que doiton faire?
L'éclairer.
L'éclairer par des raisons, par des lumières projetées sur son esprit, par un appel plus profond, plus intime à sa science et à sa foi.
Et d'abord, il convient de le comprendre, de savoir ce qu'il a prétendu faire, de se rendre compte du but qu'il a poursuivi, des méthodes qu'il a voulu employer. On peut après se demander si le but était bien choisi, si les méthodes étaient pertinentes, si elles ont été rigoureusement suivies.
C'est, je le crains, ce qu'on a le moins fait vis-à-vis des livres de M. Loisj.
C'est l'affaire des pasteurs d'âmes de savoir les décisions qu'ils auront à prendre.
C'est affaire au mag-istère suprême de l'Eg-lise de se taire ou de parler, de parler ainsi ou de parler autrement.
Pour nous, dociles, en vertu même de la primauté que nous reconnaissons à la foi, nous n'aurons aucune peine à accepter toute décision autorisée.
Mais nous laissons à l'autorité son rôle et ses responsabilités. Nous n'avons pas qualité pour la presser de parler et il nous paraît aussi peu respectueux de préjuger de ces décisions que de paraître lui rappeler ses devoirs.
Il se peut que ces livres troublent des âmes. Que ces âmes donc ne les lisent pas ou qu'on leur ordonne de ne pas les lire.
Use peut aussi que ces livres libèrent d'autres âmes et leur découvrent des horizons de vitalité catholique quelles ne soupçonnaient pas.
protestants et les libres-penseurs et sectaires aient réclamé la condamnation de M. Loisy, mais il est si doux de dire aux catholiques et aux évêques qui ont condamne M. Loisy une injure de plus. » [Encore quelques mots sur les périls de la foi, p. 67.)
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S'il convient de penser aux premières, ne faui-il pas aussi penser aux secondes (i) ?
La brochure parfaitement documentée de M . l'abbé Dalbin sur les Erreurs des démocrates de la Justice sociale (2) est trop connue du public catholique pour que nous ayons besoin de produire ici les fantaisies insolentes de ses rédacteurs à l'adresse des défenseurs du dog'me, leurs plaisanteries presque impies sur le dogme et la théologie, leurs interprétations audacieuses et leurs impertinences vis-à-vis de la Congrégation de l'Index,
Si l'on considère que M. l'abbé Naudet s'adresse surtout aux jeunes prêtres et pose devant eux en professeur suppléant, on pourra juger de l'étendue du mal. Dans une série d'articles parus en 1904, il a traité de « La Bible, la Science et la Foi », vulgarisant les thèses nouvelles, portant devant ce jeune clergé, comme des conclusions acquises, les suppositions de la critique la plus avancée, et cela avec une désinvolture étonnante. Un exemple :
On lit dans la Justice sociale du 22 juin 1901 .
Oui aurait osé affirmer, il y a vingt ans, que David, sur lequel s'appuyaient tous les prédicateurs, n'est pas l'auteur des psaumes, ou du moins que nombre de psaumes sont de beaucoup postérieurs à David ?
Oui ne se souvient du toile que souleva naguère un article du P, Lagrange qui, timidement, émettait, comme une hypothèse raisonnable, une simple possibilité, l'opinion que Moïse pourrait bien ne pas être l'auteur du Pentateuque? Pensez donc, N.-S. dans l'Evangile a cité Moïse, la preuve est formelle, les textes font foi.,.
Quant à ceux qui osaient dire que Salomon n'a pas
(^) La Oainsaine, n» du i6 décembre 1908, pp. 44o-452, (2) Vie et Amat, Paris.
5l8 LE GA.THOLIGIS5IE PROGRESSISTE
écrit V Ecclésiastique, on avait tôt fait de les réduire au silence. On les écrasait sous les auteurs : et le concile d'Hippone (SgS), et celui de Garthag-e (897), et le Pape Innocent I (417), et tant d'aiitres. Si bien que les pauvres g-ens, étouffés sous cette érudition prodig'ieuse, osaient à, peine répondre, eu toute humilité, qu'il y avait cependant quelque difficulté pour un homme du dixième siècle d'écrire un livre qui ne peut, de toute évidence, avoir été écrit qu'au second.
Lisez enfin la fameuse querelle des thomistes et des molinistes afin de vous édifier sur ce qu'on peut faire dire à l'Ecriture, aux Pères et aux théolog-iens ; et comment les mêmes textes, selon qu'on tire à soi la couverture, sig-nifient des choses exactement opposées, d'après l'opinion préconçue de celui qui essaie de s'en fortifier. Au besoin on vous prouvera, s'il le faut, que saint Thomas n'est pas thomiste ; et il n'est pas nécessaire d'être g-rand clerc, pour trouver, quand il s'agit d'une opinion non condamnée, à s'appuyer sur quelques théolog-iens.
C'est pourquoi l'Eg-lise, quand elle jug-e, se g-arde bien de confondre ce qui est de la doctrine avec ce qui n'en est pas.
En règ-le générale, tant qu'on respecte le dogme, l'Eglise n" approuve ni n'improuoe, laissant à chacun sa liberté, et ne permettant pas que, dans le domaine des opinions libres, quelques puissantes coteries ou écoles, fussent-elles encore plus « théologiques » , ouvrent ou ferment à leur gré les portes d'une maison ouverte à tous.
Laissez-nous donc respirer un peu à l'aise et ne nous emmurez pas, quand l'Eglise veut que nous jouissions de la liberté. Le dogme et la morale sont choses intangibles, mais n'allez pas confondre le dogme avec vos affirmations et la morale avec vos préjugés.
Une fois de plus, nous retrouvons l'erreur commune à tous les libéraux qui restreignent Tautorité
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doctrinale de l'Eglise aux seuls dogmes de foii Multiplier les citations de ce genre serait aussi aisé que superflu. Bornons-nous à un autre exemple. Huit mois après la condamnation de MM. Loisy et Houtin, le 20 août 1904, M- Naudet apprenait ceci à ses lecteurs :
Ne perdons . jamais de vue que les Evangiles sont beaucoup plus un guide du prédicateur quun travail d'historien... Nous n'avons de la naissance de Jésus- Christ que quelques traits isolés et regardés par plus dun comme discutables . Quand ils rapportent les discours du Sauveur., les synoptiques paraissent avoir moins en vue V exactitude historique que l'édification religieuse ; et lorsque l'on voit, par exemple, chez Mathieu et chez Luc, la même parabole rapportée de deux façons difïerentes, n'est-on pas autorisé à conclure que la parole du Maître a été l'objet d'une certaine idéalisation, soit que cette idéalisation provienne des écrivains eux-mêmes, soit qu'elle provienne de la tradition dans laquelle ils ont puisé?
On découvre dans les Evangiles des accommodations ou à&s paraphrases de discours, que le Sauveur n'a pas prononcés tels qu'on nous les rapporte.
Et le 24 septembre 1904 :
Si vous pouviez nous dire quelles sont les thèses de M. Loisy condamnées par l'Eglise., nous vous serions reconnaissants. Nous avons posé la question à Rome depuis huit mois sans avoir ^ eu encore de réponse.
Un autre rédacteur de la Justice sociale, M. Y ahhê Sifflet, aumônier d'une maison d'éducation, est l'auteur d'un Cours lucide et raisonna de doctrine chrétienne qui est, au jugement de Mgr Turinaz, « un tissu des erreurs les plus graves, et parfois de pro-
positions absolument hérétiques (i) «.Nous en relevons seulement quelques-unes :
Péché originel. — ce Prise au sens littéral^ cette vérité du catéchisme : par le péché orig-inel, l'homme est devenu sujet à la concupiscence, à la douleur et à la mort, serait une absurdité » (p. 88), car... Adam innocent aurait souffert et serait mort (pp. 89-98;.
« Il n'est pas de foi que les catholiques évitent plus facilement l'enfer que les non catholiques... » ; ce serait faire de la vie éternelle un jeu de cartes (pp. i59).
D'ailleurs les vertus naturelles sauvent « tous ces déshérités (ouvriers, etc.), qui n'ont que des vertus sauvages, mais g-randes : la parole donnée, l'amitié jusqu'au sacrifice, le bon cœur et la franchise ; je n'ose pas les mettre en enfer pour avoir oublié le catéchisme et ses prescriptions » (p. 433).
« L'évang-élisation rend plus facile le bonheur surnaturel:»,cei^endauït «.le nègre, par défaut de missionnaire, ne sera pas en enfer, mais il ne sera plus au ciel des e7tt5/ il aura un bonheur naturel, comme les enfants que le baptême n'a pas atteints, mais pas la vue de Dieu face à face » (p. 160).
Eucharistie. — « Jésus-Christ n'est présent dans l'hostie que par son action. Il dilate son action par un rayonnement substantiel comme, le soleil est présent à chaque caillou, comme la vapeur se dilate ». (Nota : substantiel, dans sa lang-ue, égale actif) (pp. 209-210).
« Le Sang- de Jésus-Christ n'est pas dans l' Eucharistie. Une faut à aucun prix laisser croire aux intellig-ences naïves, que les trente-cinq litres de sang- qui coulaient dans les veines de Jésus-Christ vivant se trouvent d'une façon quelconque dans une parcelle de pain » (c'est-àdire sous l'espèce) (p. 174, note).
Résurrection. — « A la mort on peut croire que l'âme ne marche pas seule vers l'éternité, elle conserve
fi) Troisième édition, augmentée.
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la substance (monade) de son corps » (p. 3i3), « org-anisme subtil » (p. 3i6).
Enfer. — Peine da dam. Elle a. peut être épouvantable, mais V est-elle ?... Nous ne savons... » (p. 423). Ici-bas elle existe, nous nous en accommodons (p. 423).
Peine du sens. Après la mort, pas de sens, donc pas. de feu (p. 397). Après la résurrection, la monade qui sera notre corps ne pourra être brûlée (p. Sgg).
« En tout cas, même pour les monstres, pas si épouvantable que disent les mystiques, car comment a-t-on osé prêter à Dieu des veng-eances si monstrueuses ?... Gomment adorer un tel Dieu ?... Dans mon infîrmité^je me sens meilleur que lui » (p. 4i i)-
Eternité des peines. — (( C'est une impiété d'imag-icer un Dieu tel qu'on rougirait de l'imiter. Que sig-nifie ce Roi des Cieux à qui vous ôtez dans son empire de l'autre inonde le droit de grâce ?» (p. 346).
Mgr Turinaz a bien sujet de s'écrier :
N'est-il pas navrant et effrayant de constater que des prêtres, dans des livres destinés à l'instruction religieuse de la jeunesse, enseignent de telles erreurs ? Où allons-nous ? Et où s'arrêtera ce courant de négation et d'incrédulité? Gomment la foi du peuple résisterait-elle à toutes ces doctrines contre l'objectivité des connaissances humaines, aux attaques dirigées contre les bases et les préambules de la foi, les vérités naturelles, contre l'immutabilité des dogmes catholiques, contre l'authenticité, la véracité et le sens d'une partie des Livres Saints, contre les notions essentielles de la foi et la possibilité de la démonstration de sa divinité, contre les dogmes les plus importants, contre la divinité de Notre Seigneur Jésus-Ghrist, contre l'Eucharistie ? Ces doctrines pénètrent déjà et pénétreront de plus en plus partout : c'est la foi de la France chrétienne qui s'en va tous les jours.
Mais y a-t-il là de quoi embarrasser le libéralisme de la Justice sociale et d'autres démocrates comme ceux du Sillon'^ M. l'abbé Naudet écrivait dans son numéro du 26 septembre 1901 :
Redisons une fois de plus que l'Eg-lise n'eng-age son autorité et ne nous impose une croyance ou une pratique que dans les cas fort rares où elle donne une définition (i).
C'est là une erreur formellement condamnée par le >S'i///a6MS, formellement contraire au Concile du Vatican. Il ne suffit pas, pour être catholique, d'adhérer à la vérité définie par un jugement solennel, il faut encore suwtq le. rrtagistère ordinaire et universel de r Eglise que le Concile du Vatican a proclamé règle de foi divine et catholique.
Le Syllabus coïiàdLmuQ la proposition suivante: «L'oblig-ation qui concerne les maîtres et les écrivains catholiques se borne aux choses qui ont été définies par le jug-ement infaillible de l'Eg-lise, comme des dogmes de foi qui doivent être crus partons. ))C'est identiquement la proposition de M. l'abbé Naudet.
Le Concile du Vatican a décrété : « Il faut croire de foi divine et catholique toutes les vérités qui sont contenues dans la parole de Dieu écrite ou traditionnelle, et que l'Eglise propose à notre foi comme divinement révélées, qu'elle fasse cette proposition par un jugement solennel ou par son magistère ordinaire et universel. »
Si quelque chef d'école, quelque groupe catholi-
(i) Voir aussi les Erreurs du Sillon,^^. 83, les Idées du Sillon (4° édition), pp. j3i et suiv., iSg; le Sillon qu'a-t-il répondu? pp. 10, II, 48,49-
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que rivalise^ avec MM.FonsegriveetNaudetjde zèle et d'enthousiasme pour l'évolution démocratique et sociale, sous le couvert des directions pontificales, ce sont assurément M. Marc Sangnier et le Sillon.
Le Sillon, qui n'a pourtant rien à voir avec la tliéolog"ie, a renchéri sur la théorie de M. Loisy relativement au développement religieux du dogme (i); il s'est fait l'apôtre de l'immanence (2), en quoi M. Marc Sangnier, après avoir désavoué ses amis, a continué leurs errements (3) ; le Sillon a joint ses lumières et son expérience à celles deM.Fonsegrive pour la réforme des études ecclésiastiques (4); et, d'un mot, il n'est pas de. témérité doctrinale que son président n'ait favorisée et propagée (5).
Quel motif pouvait pousser cette jeunesse du Sillon, aussi ignorante et inexpérimentée, à s'immiscer dans ces questions de doctrine totalement étrangères à son œuvre, sinon l'instinct, le besoin d'appuyer sur l'évolution et les innovations religieuses, l'évolution démocratique dans laquelle, selon eux, Léon XIII lançait irrévocablement l'Eglise ?
(i) Les Erreurs du Sillon, p. Sg.
(2) Ibidem, pages 43 et 48.
(3) Ibidem, pages 53, 55, 58.
(4) Ibidem, p. Sg .
(5) Ibidem, i" partie, chap. m.