‹ Le progrès du libéralisme catholique en France sous le Pape Léon XIII histoire documentaireChapitre 33 sur 118 · IV. — Mauvaise défense · texte numérisé non relu

IV. — Mauvaise défense

Rien ne fait plus tristement ressortir la fâcheuse posture de la politique pontificale dans cette affaire des catéchismes électoraux, que les efforts de ses apologistes pour la disculper.

Citons d^abord, sans y insister, le tableau que présente M. Charles Bota, dans son livre : la Grande faute des catholiques de France :

L'affaire des catéchismes électoraux, — avait été

déférée au Pape, dès le début, a la suite d'une interpellation faite à la Chambre sur l'enseig'nenient « illégal » du catéchisme dans les écoles communales, et d'une enquête sur les catéchismes contenant des instructions suspectes. Le pape préféra ne pas intervenir directement et pria l'archevêque de Paris de se mettre en rapport, à ce sujet, avec les évêques. Le cardinal Richard dut décliner la mission délicate qui lui avait été offerte. Bientôt, du reste, défense fut faite d'enseig-ner dans les lycées les leçons incriminées. Puis le g-ouvernement, impatient, prit le parti de déférer les leçons au Conseil d'Etat. Lie nonce alors fut chargé de donner aux évêques le conseil de se résigner, pour éviter des inconvénients plus graves, au sacrifice que l'on jugea imposé pour les circonstances. Jusqu'à la fin de l'affaire^ Léon XIII eut soin de s'abstenir d'actes et de paroles qui eussent pu engager les principes ou sa dignité .

Les articles de VOsservatore Romane contre les informations de l'Autorité ne montreront pas seulement au lecteur que la feuille officieuse de Rome ne se laissait égaler par personne en violences et en injures. Il verra aussi le secret de cette faiblesse, insoupçonnée peut-être, dans la pauvreté des arguments, l'inexactitude des assertions, et le faux exposé de Fafïaire. Il fallait vraiment que le Pape et son Secrétaire d'Etat fussent bien empressés de donner satisfaction au Gouvernement de la République, pour intervenir, en sa faveur, contre les évêques, dans une question religieuse vitale, sans avoir contrôlé les données que le Cabinet français lui présentait.

Une correspondance de Périgueux avait paru, sous le titre /a Diplomatie pontificale, dans l'Autorité àw. 2 juin 1892:

L AFFAIRE DES CATECHISMES ELECTORAUX

Le Gouvernement scélérat que nous subissons défère au Conseil d'Etat les catéchismes électoraux. C'est dans la log'ique révolutionnaire. Cela ne surprendra personne.

Mais ce qui étonnera etindig-nera tous les vrais catholiques, c'est la nouvelle que voici :

Mg'r de Périgueux, imitant nos meilleurs évêques, a publié un catéchisme électoral, où il dit en substance : « Les catholiques ont le devoir de ne jamais voter pour les ennemis de la relig"ion. » Nous défions qui que ce soit de trouver autre chose dans le lang-age épiscopal.

Eh bien ! on le croira à peine, ce prélat vient de recevoir^ du cardinal Rampolla, une lettre de blâme. On lui reproche amèrement d'avoir publié ce catéchisme.

Nous affirmons ce fait sans craindre aucun démenti. S'il s'en produisait, nous répondrions de manière à faire rire jaune.

Il serait ridicule de croire que le blâme adressé a Mgr de Périg-ueux constitue une exception. Il faut donc croire que tous les évêques qui ont publié des catéchismes électoraux ont été traités de la môme façon. Et,, comme ces catéchismes sont loin d'être aussi énergiques que là lettre des évêques de la province d'Avig-non, il faut en conclure que ces prélats ont eux aussi leur petite lettre.

Ainsi, tandis que le Pape, dans sa dernière Encyclique, proteste énerg-iquement contre les attentats dont l'Eglise de France est la victime et approuve les évêques qui la défendent courageusement, la diplomatie pontificale va à rencontre de cette parole solennelle, et blâme un évêque qui n'a fait que son devoir.

L'évêque de Périgueux dit : « il ne faut pas voter pour les ennemis de la religion », le cardinal Rampolla le blâme. De deux choses l'une : ou le cardinal Rampolla veut qu'on vote pour les ennemis de la religion, ou il ne veuf pas que les évêques enseignent leurs devoirs aux fidèles. Dans les deux cas l'Eglise est trahie.

Nous avions donc raison de prétendre que le Pape est

indig-nement trompé. Prétendre le contraire, c'est l'outrag-er.

Eh quoi! sg-randDieu! ce serait le Pape, lui-même, qui blâmerait un évêque d'enseig-ner qu'il ne faut pas voter pour les ennemis de la relig-ion ! Il n'y a qu'un Floquet pour dire de ces infamies (i).

L'Osservatore Romano du 5 juin répondit à ces informations par l'article suivant, reproduit par l'Univers du 8:

Sous ce titre,la diplomatie Pontificale, V Autorité de Paris, du 2 courant, publie une prétendue communication qu'elle aui'ait reçue de Périg-ueux sur l'intervention du Saint-Sièg"e dans la question des catéchismes, qui depuis quelque temps a soulevé en France de vives polémiques. Cette publication, audacieuse à l'excès, nous a causé de la douleur, mais non de la surprise, car nous savons quel est le but peu louable que se propose d'atteindre ce journal, et combien peu honnêtes sont les moyens qu'il a coutume d'employer pour cela. Néanm.oins nous ne croyons pas devoir laisser sans réponse les perfidies du journal impérialiste.

Les lecteurs àeV Autorité ne peuvent ig-norer les phases qu'a subies en France cette question des catéchismes électoraux.

En raison de la persécution croissante contre l'Eg-lise, quelques prélats français ont cru opportun — dans les meilleures intentions assurément — d'insérer dans les catéchismes de leurs diocèses respectifs des suppléments, afin de mieux instruire les fidèles au sujet des devoirs qui leur incombent par rapport au choix des députés à l'Assemblée Nationale. Ces suppléments sont absolument inattaquables, si on les considère in abstracto, comme

(i) L'Univers, 7 mai 1892.

(2) M. Floquet, président de la Chambre des députés, avait dit ua jour à la tribune que Pie IX était franc-maçon.

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raffîrmation doctrinale d'un principe de morale, à savoir que les catholiques sont oblig-és, en conscience, de choisir, pour la confection de bonnes lois, des personnes honnêtes qui ne soient pas ennemies de la religion ; aussi le Saint Sièg-e n'a jamais censuré non seulement ni ne pouvait censurer une pareille doctrine, mais, par des encycliques pontificales, il l'avait ensei§"née bien avant et d'une façon plus solennelle.

Toutefois, ces suppléments peuvent aussi être considérés au point de vue concret, c est-à-dire au point de vue pratique, soit par rapport au caractère des circonstances locales et à la disposition des esprits, soit par rapport au moyen d'instruire les Jîdèles.En effet, il est bien clair que l'insertion du chapitre sur les devoirs électoraux dans les catéchismes, dont la substance consiste à résumer les dog-mes fondamentaux et les préceptes g-énéraux de la religion catholique, est^ en fait, une chose secondaire, dont ' quelques-uns pourraient même contester la convenance. Jl semble, en effet, que ce jugement soit celui qu'en a porté la grande majorité de l'épiscopat français, lequel, à l'exception d'une douzaine de prélats, na pas cru opportun d'adopter le système des catéchismes pour avertir les fidèles de leurs devoirs électoraux, son opinion étant qu'il ne manquait pas d'autres moyens qui n'offraient pas les mêmes inconvénients. Néanmoins, le Saint-Siège n'a fait aucune observation à ce petit nombre d'évêques qui ont cru devoir se servir de l'enseignement catéchistique pour obtenir le résultat qu'ils avaient en vue.

Tout d'abord, ces innovations passèrent inaperçues; mais depuis qu'au moyen de la presse on appela sur ce sujet l'attention des ennemis de l'Eglise, une véritable tempête fut soulevée contre ces catéchismes électoraux, et les passions soufflèrentsi furieusement au sujet de cette controverse qu'elles firent craindre à bon droit de nouvelles injures et de nouvelles représailles contre l'Eglise.

Le Saint-Père qui, en traitant, des affaires de la religion, ne peut subordonner à des fins hum.aines secondaires et inférieures? les très hauts intérêts de Dieu, et qui sent le devoir de les protég-er de la manière la plus efficace qui soit en son pouvoir, voyant ces intérêts compromis par l'excitation des partis politiques, s'appliqua à ôter des mains de ses adversaires cette nouvelle arme de persécution et à rétablir dans les esprits le calme troublé par une question absolument secondaire.

Or, pendant que, par le moyen de conseils opportuns, s'exerçait la bienfaisante influence du Souverain Pontife, destinée à apaiser la tempête, et quand cela était suffisamment connu, voici que furent publiés les suppléments catéchistiques électoraux de Mgr Vévêque de Périgueux, propres à raviver les passions et à paralyser Vaction modératrice du Souverain Pontife (i).

(Test alors que le Saint Père, par l' intermédiaire du sa as-secré taire d'Etat, fît savoir, dans les termes les plus bienveillants et les plus paternels, à cet excellent évêque la préoccupation que lui causait la question des catechism.es en France ; sans méconnaître le di'oit qu'ont les évêques d'enseig-ner aux fidèles qui leur sont confiés toutes les parties du dog-me et de la morale chrétienne, et dans l'unique but de ne pas fournir d'occasion à des représailles et à des recrudescences de persécution contre la relig-ion, il lui indiquait la nécessité de ne pas toucher, dans les catéchismes diocésains, à certains points qui, malheureusement, risquaient d'exaspérer les esprits des ennemis de l'Eglise sous prétexte de mêler la politique à la religion.Yinsnïte, il exprimait au même prélat le désir de lui voir apporter opportunément un remède, d'autant plus que, l'innovation étant récente, ce remède serait plus facile à appliquer.

(i) Voir plus loin, page 291.

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/ Telle est la pure vérité au sujet de l'intervention du Saint-Sièg-e dans la querelle des catéchismes, vérité qui ne craint aucune espèce de démenti. Mais, cela dit, comment ne pas stig-matiser la déloyauté, la malig^nité et la calomnie qu'étale l'Autorité, dans l'exposé des faits de Périgueux, qu'elle travestit en l'exagérant et dans un langage digne de la Lanterne, en tirant occasion de proférer des injures contre le chef de l'Eglise et les exécuteurs fidèles de ses volontés, et cela dans l'inqualifiable dessein d'exciter des fils à la haine et à la rébellion contre leur suprême Père et Pasteur? Ainsi l'on affirme dans ce journal que Mgr Févèque de Périgueux a reçu du Saint-Siège un blâme amer pour avoir enseigné que les catholiques ont le devoir de ne Jamais voter pour les ennemis de la religion.

C'est là un mensonge impudent et les absurdes conséquences qu'on en tire sont un comble d'indignes calomnies. On insinue, en effet, que la prétendue réprobation du Saint-Siège n'a pas été seulement adressée, comme par voie d'exception, à Mgr l'évêque de Périgueucc, mais encore à tous les autres évêques qui l'ont précédé dans la publication des notes catéchistiques additionnelles, ainsi qu'aux évêques de la province d'Avignon, à propos des protestations contenues dans leur lettre collective.

Tout cela n'est autre chose qu'une insinuation déloyale et perfide, sans ombre de vérité. Finalement l'écrivain, avec l'intention manifeste de frapper plus haut, met la diplomatie pontificale en opposition avec le Pape, pour accuser celui-ci de trahison et représenter le Souverain Pontife devant les fidèles comme une facile victime de cette duperie. A vrai dire, c'est là le comble de l'audace, de l'indignité et du cynisme. Gomme si lé monde pouvait ignorer qui est Léon XIII !

Gela fait vraiment frémir de voir accueillir de tels outrages dans un journal qui, depuis quelque temps, s'arroge le rôle de gardien de la doctrine et de paladin

des évêques pour s'attaquer au Pasteur suprême de l'Eg-lise et à l'Evêque des Evêques.

C'est là simplement un excès. Nous admettons quon puisse se demander si de telles invectives sont inspirées par la bile d'un tribun, l'hypocrisie d'un Janséniste, la prépotence d'un régalien ou l'ironie d'un voliairien. Une seule chose est absolument certaine et incontestable, c'est que ce n'est pas le lang-ag-e d'un catholique.

Du reste, il est notoire désormais que l'Autorité a levé le masque ; elle lance néanmoins ses flèches empoisonnées vers le but où elle ne peut atteindre ; mais elle ne doit pas se faire l'illusion de croire que le Siège Apostolique consente jamais à ce qu'on abuse indig-nement du nom de la relig-ion pour en faire l'instrument d'intérêts égoïstes et l'escabeau d'ambitions humaines .

La veille du jour où VOsservàtore Romano avait publié cet article extraordinaire, l'Autorité donnait une nouvelle correspondance (4 juin):

Paris, le iw juin 1892.

Monsieur le Directeur,

Voilà trois ans bientôt que la lutte est ouverte, dans notre chère patrie, entre les vrais catholiques (évêques, prêtres et laïques) et qui donc? Le gouvernement et les francs-maçons? Oui, sans doute, et c'est logique, étant donné notre état social.

Mais aussi, surtout, ce qui est monstrueux, inouï... entre les vrais catholiques de France et Rome ; oui ; Rome î qui n'a pas de meilleurs amis et défenseurs que nous; Rome, qui, pour les raisons les plus sacrées, devrait, à tout prix, nous soutenir, nous protéger; Rome qui nous blâme, nous délaisse, et nous livre à nos frères ennemis qui sont les siens.

La lutte ouverte, bien en face, contre des ennemis déclarés, c'est bon, c'est salutaire et réconfortant.

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Mais cette lutte sourde, persistante, décourag-eante, entre des fils respectueux et un père vénéré, c'est dur^ atroce.

Et g-râce à qui?... à un Ferrata, à un Rampolla et consorLs . Grâce à leur diplomatie pleine d'astuce et de capitulation. Voilà la vérité, vérité qui s'accentue chaque jour. En relisant attentivement notre histoire politique et religieuse depuis trois ans seulement, depuis les premières incartades du cardinal Lavigerie, c'est un fait qui saute aux yeux.

L'affaire d'aujourd'hui (celle de l'évêque de Périgueux) en est une nouvelle preuve, et ce ne sera pas la dernière.

Vous avez raison, monsieur le Directeur, de publier ces documents et ces lettres. C'est le cœur plein de tristesse qu'en parcourant mon journal j'y trouve chaque jour des preuves de la nouvelle îtrahison.

Le vrai français en arrive à envier le sort du catholique d'Angleterre, d'Amérique, d'Allemagne, et celui même du catholique dans les pays sauvages.

Parce que nous sommes dévoués, respectueux, sincères, on frappe sur nous, on nous traite de révoltés et on caresse nos ennemis.

Oui, le Pape est indignement trompé, vilainement entouré. Le vaillant évêque d'Angers a succombé à cette grande épreuve, c'est trop certain ; d'autres se découragent en se sentant abandonnés, La vérité s'affaiblit dans les esprits, et l'impression sur les masses est désastreuse. 11 n'est pas rare d'entendre des personnes moins éclairées, des gens du peuple, nous dire : «. Mais, vous le voyez bien, le pape est républicain... le pape blâme les évoques et les prêtres qui combattent le gouvernement et les lois scélérates, etc. , etc.

Et, pendant ce temps, la même main d'un nonce apostolique qui, chaque jour, presse la main d'un francmaçon ou d'un athée, s'en va frapper des évêques courageux, dignes de tous éloges, en leur écrivant, au nom da Pape, des lettres de blâme.

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C'est raide. Et cependant il faut savoir combattre quand même, et faire parvenir au Pape, qui donne des conseils politiques^ la réponse des catholiques allemands en 1886 : « Non possumus. »

Là-bas on nous blâme de nouveau. Ici, au nom du Concordat, on volera nos traitements, on nous condamnera peut-être à la prison.

Peu m'importe, et tant mieux !

A ce prix seulement nous mériterons pour notre pays des jours meilleurs.

Veuillez agréer, etc.

Dans son numéro du 7 juin, l'Osservatore Romano publiait contre fAH^or^ïe un second article dont voici la traduction, donnée par l'Univers du 10 :

Pendant que, dans notre précédent numéro, nous faisions la réponse méritée à une prétendue correspondance de l'Autorité, elle en publiait une seconde, dans son numéro du 4 courant, plus indig-ne encore que la première.

L'Impérialiste Autorité a clairement réoélé, désormais, son plan d'attaque contre Vautorité divine de V Eglise, et par conséquent contre la religion catholique elle-même, ce qu un franc-maçon pur sang ne pourrait faire autrement.

En effet, s'érig-eant en jug-e suprême de ce qui convient au bien de l'Eglise et de ce qui lui nuit, de ce que les fidèles doivent croire et de ce qu'ils doivent repousser, elle continue, avec un système de mauvaise foi et d'insolence inconcevable, de s'attaquer à tout ce qu'il y a de plus sacré et de plus vénérable au cœur d'un vrai catholique. L'autorité du chef aug'uste de l'Eg-lise et de i'épiscopat français. qui lui est intimement uni, est couverts de vilenies et d'outrag-es, peut-être parce que cet épiscopat est récalcitrant aux ordres formels du représentant

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du troisième empire, qui va sans doute ressusciter pour la rég-énération du inonde. Les perfides articles ou de la calomnie ou de l'hypocrisie et toujours de la malig'nité sont habilement mis en jeu par ce journal pour démolir, en une si grande perturbation sociale, le support le plus ferme de la foi et de la morale chrétienne.

En un mot, l'on veut soustraire le clergé et les fidèles à l'obéissance qu'ils doivent aux pasteurs, qui ont la mission divine de les conduire au salut éternel. Bientôt, si l'on ne trouve pas un prompt remède à sa furieuse excitation, nous verrons l'Autorité, qui a eu déjà le courag"e d'accuser de félonie les principaux ministres du Souverain Pontife, annoncer au monde stupéfait la prévarication du Chef de l'Eg-lise lui-même, et la succession d'un nouveau Pontife plus docile aux commandements de M. de Cassag-nac.

C'est là une œuvre non moins impie que ridicule, et nous conseillons aux auteurs de cette folle campag-ne de se demander sérieusement s'il leur convient d'écrire un journal dont la lecture doit être, par tout catholique sincère, considérée comme factieuse et perversive, et qui mériterait, ou peu s'en faut, d'être tenue comme interdite par les plus élémentaires sentiments d'honneur et de religion, par les préceptes mêmes du droit divin et humain.

Cependant la Semaine Religieuse de Périgueux publiait la lettre suivante adressée au directeur de l Osservatore Romano :

Monsieur le Directeur, La Semaine Religieuse de notre diocèse a reproduit

l'article récemment inséré dans les colonnes de votre

journal sur la « Diplomatie Pontificale ».

Dans cet article se trouve la phrase suivante :

<c Pendant que, par des mesures appropriées, le Saint-

« Père exerçait ainsi sa bienfaisante influence, destinée

« à apaiser la tempête, et alors que c'était assez connu,

« paraissait l'ajouté catécliistique électoral de Mgr l'é- « vêque de Périg-ueux, de nature à ranimer les passions « et à paralyser l'action modératrice du Souverain Pon- « tife. »

Cette phrase, monsieur le Directeur, contient, en ce qui touche Mgr l'évêque de Périg-ueux, une erreur g-rave et préjudiciable à plus d'un titre.

Charg"é par Monseig-neur de traiter de ce supplément aA'ec M. Desclée, de Lille, imprimeur du catéchisme diocésain, j'affii"me, pièces en mains, que ce supplément, préparé pendant le mois de novembre 1891, fut aussitôt après livré à l'impression. Les épreuves m'en furent adressées le 16 décembre, le bon à tirer fut donné le 26 du môme mois, et cette feuille fut immédiatement ajoutée à la fin du catéchisme.

Il est donc bien évident que la publication de ce supplément n'a rien de commun avec « la tempête » récente dont vous parlez, et qu'on ne pouvait alors prévoir ; que, par suite, elle « n'était pas de nature à ranimer les passions et à paralyser l'action modératrice du Souverain Pontife .

Je demande à votre loyauté de vouloir bien reproduire cette lettre dans votre plus prochain numéro, que vous aurez l'oblig-eance de m'adresser.

Recevez, monsieur le Directeur, l'assurance de ma considération très distinguée.

Ressès, vicaire g-énéral.

Prélat de la maison de Sa Sainteté (1).

D'autre part, on lisait dans le Temps du 26 juillet:

Des renseig-nements autorisés font prévoir que l'évêque de Luçon (Vendée) va, à l'exemple des évêques de Grenoble, Saint-Jean-de-Maurienne et Séez, retirer la partie politique du catéchisme de son diocèse, qui a été déféré au Conseil d'Etat.

il) L'Univers, 20 juia 1892.

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