‹ Le progrès du libéralisme catholique en France sous le Pape Léon XIII histoire documentaireChapitre 41 sur 118 · LA LOI D ABONNEMENT · texte numérisé non relu

LA LOI D ABONNEMENT

criailleries de certaines congrég'ations et dutapag-e qufr fait la presse cléricale. Tout cela est factice, sans importance, sans sérieux, et n'aura ni suite ni durée.

Vous pensez bien qu'en prenant la résolution démettre fin à cette fastidieuse affaire du droit d'accroisseraentje n'ai pas ag"i à la lég"ère : je me suis préoccupé de connaître le sentiment du Vatican, soit à Paris, soit à Rome môme, et j'ai acquis la conviction que, moyennant les atténuations considérables que nous avons introduites, dans la loi de finances, par l'exemption des congrégations charitables et missionnaires, nous n'avons à redouter aucune intervention du Saint-Siège.

Exactes ou non, les affirmations de M. Ribot ne devaient pas être démenties par les faits. Cependant la presse catholique tenait à honneur de les repousser. M. Auguste Roussel écrivait dans la

Vérité:

Sans avoir besoin de relever une fois de plus la grave injure faite au Pape par les dires de M. Ribot et si justement flétrie par le Monde dans l'article que nous avons reproduit, nous disons que le directeur de la Libre Parole a tort quand il paraît croire que nous n'avons aucune espérance de voir les congrégations résister sérieusement à la nouvelle loi qui les atteint en vue de les écraser.

Gomment supposer, en effet, que, le devoir des congrég-ations étant en cela d'accord avec leur intérêt, cette résistance ne doive être pour elles qu'une comédie ?

Rappelons que cette résistance est la conséquence logique des protestations épiscopales dirigées contre la loi avant le vote et que ces protestations, si ^lles n'ont pas eu Vunaniw,ité absolue de Vépiscopat^ ^ous ont montré cette presque unanimité.

Pour ne parler que de S. Em. le Cardinal Lecot, nous savons que Mgr l'archevêque de Bordeaux n'a pas reçu.

moins de quarante adhésions à ses remarquables lettres et si l'on compte les protestations personnelles d'autres prélats, l'on est fondé à soutenir que le cas de Mg"r Fuzet peut passer pour une siiig^ularité.

Citons un seul exemple de ces protestations épiscopales. Mgr Oury, évèquede Dijon, disait dans sa lettre pastorale, demandant la neuvaine pontificale de prières pour la Pentecôte :

Dieu a été renvoyé de l'école, expulsé de l'hôpital, traqué partout ; ses lois sont foulées aux pieds, ses droits méprisés. Tout ce qui porte sa marque, tout ce qui reflète son imag-e, tout ce qui brille d'un rayon de sa justice, de sa pureté, de son amour, a été frappé de proscription ; la pauvreté volontaire, la chasteté des vierg-es, l'obéissance évang-élique n'ont pas droit de cité ; on les expulse, — ou on les taxe.

Oui, dans cette lutte sans pitié, les compétitions s'effacent et les inimitiés font relâche ; car, dès qu'il faut combattre le Christ, sa doctrine, ses adorateurs ou ses prêtres, une même haine rapproche tous ces hommes que l'ég-oïsme sépare, la haine que l'esprit du mal a toujours vouée au bien.

^laintenant, il serait puéril d'espérer avec des ennemis de ce genre une suspension d'armes ou de compter sur une paix franche et durable. Il n'y a pas même de négociations possibles, en sorte que, nous défendre, devient, pour nous, le plus impérieux et le plus sacré des devoirs.

Sans doute, dans leurs individualités privées, ils sont nos frères: la charité, par conséquent, s'impose à leur ég-ard, et nous ne saurions jamais oublier que le Christ est mort pour la rédemption de leurs âmes. Mais dans leur rôle public, sous cet aspect impersonnel qui constitue ce que l'Evangile a nommé le monde, c'est-à-dire l'incrédulité, la persécution, le vice et le blasphème, Us doivent être dénoncés et poursuivis sans trêve ni repos.

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