DISAIS QUE SON SERVICE A ÉTÉ GLORIEUX ET BON
Voici le même hommag-e insultant rendu en d'autres termes, et les directions pontificales prises par un des principaux organes du catholicisme progressiste pour le pivot et le centre de ses erreurs :
En résumé, le catholicisme doit être présenté à nos contemporains selon leur mentalité, selon leurs habitudes acquises et particulières, ^n France,cette mentalité se complique des exigences pratiques imposées par
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le rég-ime universitaire dont tout l'enseig-nement public dépend et qui forme l'élite pensante du pays. Entre le catholicisme pris comme point d'arrivée et l'esprit scientifique pris comme point de départ, il faut une compénétration de terminolog-ie, de méthode, d'attitude g-énérale ; entre l'un et l'autre, il faut une sorte de pont mobile^ un transbordeur. Ceci explique et justifie "en général l'atlitude décrite plus haut, laquelle diffère absolument de l'attitude classique autoritaire traditionnelle. Les penseurs laïcs, les universitaires, les sociologues, les politiques de bonne foi ne peuvent venir à V Eglise que dans ces conditions à la fois particulières et générales. Faiso?is des directions pontificales le lien commun de VactioJi rénovatrice ; qu'elles soient blutant un point de départ qunn point d'arrivée. :Seules, les circonstances peuvent dicter l'attitude autoritaire ou l'attitude pénétrante.
S'il fallait s'en rapporter à la matérialité des faits, rien ne fut plus discuté que les directions de Léon XIII. Il faut remonter au jansénisme de la pire époque pour ti'ouver une contradiction analogue.
Grégoire XVI, qui condamna Lamennais sous la pression gallicane et monarchique, s'accommoda, à contre cœury il est vrai, d'une attitude qui n'était pas, en France, catholique. On sait ce qu'il en est résulté depuis soixante ans : un abaissement de l'idée chrétienne au triple point de vue politique, social, intellectuel. Léon XIII n'a que peu ménagé les immobilités convaincues, les dogmatiques statiques, le classicisme insuffisant et périmé. Il s'est montré le pape des transitions prudentes mais nécessaires ; il s'est mis résolument sur le terrain de toutes les adaptations possibles ; action colossale, inouïe, très rare dans l'histoire de l'Eglise ; action providentiellementfavorisée par une merveilleuse longévité (i).
(i) M. l'abbé Denis, Annales de la philosophie chrétienne. Dcc&rabre 1901.
LÉON Xin ET LE CATHOLICISME PROailESSISTE 807
Nous avons rapporté tout à l'heure le grave jugement de Mgr Turinaz, rejetant la responsabilité de cette funeste propagande sur les politiciens du rai* liement et les démocrates chrétiens. On pense bien que ceux-ci trouvaient cette responsabilité un peu lourde.
La Démocratie chrétienne n'a rien de commun avec l'américanisme, VaJJaire de Madame Marie du Sacré-Cœur, les congrès sacerdotaux, la néo-apologétique, le criticisme biblique, les nouveautés théoloqiques, etc., »
Ainsi parlait M. Fabbé Gayraud, dans la Démocratie chrétienne d'avril 1902. Voilà qui appelle un de ces distinguo par lesquels nous sommes habitués, entre gens de TEcole, à vider les gros sophismes qu'une expression à double sens permet de présenter avec la plus complète apparence d'honnêteté. Si M. l'abbé Gayraud a voulu dire que l'action populaire chrétienne, dénommée aussi démocratie chrétienne, mais enfermée par le Pape dans les règles les plus précises de prudence et d'orthodoxie, n'a rien à voir avec toutes ces « histoires », il a cent fois raison. L'autorité pontificale ne s'est fait entendre que pour l'en préserver. Mais il en est tout autrement de l'école, du parti de la démocratie chrétienne, que nous avons vu et que nous allons voir encore à l'œuvre. Quels ont été les vulgarisateurs de ces innovations périlleuses, les défenseurs de ceux qui les inventaient, leurs soutiens déclarés ou discrets ? Quels ont été les initiateurs du mouvement? Ils sont là, tous, les docteurs du ralliement, les interprètes patentés des directions pontificales, les apôtres de la démocratie chrétienne. Ce n'est plus le moment
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de se faire humble et de disparaître. Cuique suum.
Oui donc a soutenu avec plus d^'intransig-eance la politique de ralliement et les erreurs des démocrates chrétiens, que l'Univers, que MM. Harmel, Fonsegrive, Goyau, Sang-nier, etc., que les abbés Klein, Naudet, Lemire, Dabry, Dehon, etc.. ? Ce sont eux, eux presque tous, et eux à peu près seuls, que nous retrouvons ici en face de nous, sinon à titre d'inventeurs, du moins à celui de hérauts.
Et ce n'aurait pas été assez, s'ils n'avaient invoqué le plus souvent, comme nous venons déjà de le voir, les mêmes directions pontificales, en faveur de cet autre genre d'erreurs.
Aussi, de là vient que, comme tout s'inclinait en France, dans l'ordre politique, au seul nom de ces directions; de même, leur prestige, leur crédit plus ou moins légitime en imposait à presque tous dans l'ordre de la vérité religieuse. La crainte d'encourir un soupçon d'opposition latente ou d'hostilité tenait closes les lèvres qui auraient dû s'ouvrir.
Mais voyons par le détail si M. l'abbé Gayraud défend à bon droit ses amis d'être pour rien dans le congrès des religions, dans les congrès sacerdotaux, l'américanisme et le reste.