‹ Le progrès du libéralisme catholique en France sous le Pape Léon XIII histoire documentaireChapitre 97 sur 118 · PROJET DE MADAME MARIE DU SACRÉ-CŒUR ^II · texte numérisé non relu

PROJET DE MADAME MARIE DU SACRÉ-CŒUR ^II

que année, avec de nombreux certificats de fin d'études, avec des diplômes de tous les grades universitaires, tout cela ne leur dit rien ; nos écoles sont des foyers d'incapacité et d'ig-norance ; les parents sont aussi sots que les enfants.

Il est bon de rappeler souvent ces chifires authentiques. L'erreur est le plus grand de tous les maux, parce que la vérité est le plus grand des biens, et selon la morale du type des menteurs, il reste toujours quelque chose du mensonge.

Ecoutez maintenant, mes chers sœurs, écoutez les paroles que le Saint-Père veut qu'on vous adresse en face du ciel et de la terre '.il veut qail soit notifié par les Evêques de France aux congrégations religieuses de femmes, auxquelles a . été confiée la charge d'instruire les jeunes filles dans la piété et dans la science, il veut qu'il leur soit notifié qu'elles ont excellemment mérité de l'instruction et de V éducation chrétienne et civile des jeunes filles.

Vous avez excellemment mérité de l'éducation et de l'instruction chrétienne et civile des jeunes filles. J'aime à répéter ces mots; je voudrais, que ma plume pût les graver en lettres d'or sur l'airain : Vous avez mérité excellemment! a Excellemment, c'est le terme le plus élogieux de notre belle langue française, et c'est le Pape qui vous le fait écrire ; c'est le Pape, le docteur des chrétiens, votre défenseur, votre protecteur, votre Père, le Pape, celui dont la parole va d'un bout à l'autre de l'Univers!

Et moi aussi, qui vous vois de près, et moi aussi j'aime à vous répéter après Léon XIII que vous avez excellemment mérité de l'éducation et de l'instruction chrétienne et civile des jeunes filles, vous avez excellemment mérité du diocèse d'Aix; c'est votre archevêque qui vous l'affirme.

C'est à vous que nous devons nos jeunes filles si sincèrement pieuses, si bien élevées, d'une ' dévotion si aimable, si dévouées aux bonnes œuvres.

On estime l'éducation de nos couvents. Il n'est pas rare de voir les persécuteurs de nos maisons relig-ieuses ■ venir frapper à leur porte pour solliciter la main de nos •anciennes pensionnaires en faveur de leurs fils. Souvent on me demande des renseig^nements sur cette très délicate question du mariage, et quand je puis dire que telle jeune fille est une de nos élèves, les chances du candidat ne sont pas du tout diminuées.

^ Nous vous devons, mes chers Sœurs, nous vous devons nos mères, le premier des trésors dans les tré- ■sors infinis de Dieu, le chef-d'œuvre de ses mains et de «on cœur. Pour ma part, je vous dois une reconnaissance éternelle, et à jamais impayable.

Nous vous devons la femme française qui porte avec elle et en elle un je ne sais quoi d'achevé, de rare, d'inimitable qui ne se trouve nulle part chez les autres nations, c'est l'opinion universelle.

C'est à vous que nous devons nos innombrables servantes des pauvres, des malades, des infirmes, des vieillards, des orphelins, des sourds, des aveugles, de toutes les innombrables misères humaines.

Mes chères enfants, vous nous formez toujours de girandes chrétiennes, de grandes Françaises qui feront bénir lé nom de Dieu et de la France sur toutes les contrées de la terre. C'est vous^ oui vous, qui préparez nos conquêtes dans les îles lointaines ; vous faites aimer au delà des océans notre chère patrie, dont les enfants que nous leur envoyons sont des anges de vertu, de charité, de dévouement. C'est le dévouement qui recule les frontières. Enfin, le Saint-Père vous exhorte, mes chères filles, à vous montrer de plus en plus dignes de votre incomparable vocation, à vous tenir au courant de tous les vrais progrès, à ne vous laisser vaincre par personne dans le travail, dans l'amour de vos élèves, adonnant tous vos soins à nous former des femmes d'intérieur, de bonnes gouvernantes de maison, sachant mettre habilement la main à tous les détails de la vie

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domestique, cuisine, couture, raccommodag-e, repassag-e, grosse culture, jardinag-e, sans en excepter la basse-cour ; il n'y a pas de sottes ménagères, mais il y a beaucoup^ de sottes maîtresses.

Vous devez vous appliquer de toutes vos forces à nouspréparer des chrétiennes et des Françaises : tout est là. C'est ainsi que vous serez les véritables religieuses enseignantes.

Bien à vous, mes chères Sœurs, avec mes plus abondantes et plus cordiales bénédictions pour vous et vos, nombreuses élèves.

Xavier, Archevêque cfAicc, Arles et Embrun^

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