‹ Le progrès intellectual dans l'humanitéChapitre 10 sur 159 · ÉCLECTISME» XVII · texte numérisé non relu

ÉCLECTISME» XVII

n'y a qu'à prendre les plus anciens monuments qui nous restent des premiers âges du monde. En les comparant aux produits de la pensée moderne, il devient facile de marquer au moins la direction générale du mouvement qui porte les esprits. Il suffit en quelque sorte de regarder suivant le prolongement de celte ligne idéale pour prévoir quelque chose peut-être de l'avenir, en même temps que le regard peut plonger assez avant dans le passé pour entrevoir au moins une partie du travail primitif de l'intelligence humaine.

Les éclectiques n'y ont pas songé, et maintenant encore ils refusent d'entrer dans cette voie. Comment le pourraient-ils en effet? Ils sont enfermés dans un cercle dont ils ne peuvent sortir sans renier tous leurs principes. Faute d'avoir, dès le point de départ, cherché à entendre et à comprendre les premiers bégaiements de la pensée, et à force de n'observer qu'eux-mêmes et leur état présent, ils se sont convaincus que tout ce qu'il y a d'important dans l'intelligence se retrouve également chez tous les hommes. Maintenant ils se font de leur erreur un argument pour n'en pas sortir et pour rejeter tous les secours que les découvertes modernes accumulent autour d'eux. Pour eux, la science est faite. Ce qu'ils ne peuvent expliquer, ils le déclarent simplement inexplicable. Plutôt que d'accuser leur méthode, ils se résignent à toutes les contradictions ; ils ne veulent pas voir que les esprits, si longtemps leurrés de l'espoir d'une philosophie nouvelle et plus humaine que les doctrines antérieures, s'éloignent

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