‹ Le progrès intellectual dans l'humanitéChapitre 11 sur 159 · XVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVIII INTRODUCTION

chaque jour davantage de leur enseignenfient immobile, que le progrès croiseanl des idées les relègue peu à peu daos la solitude de leurs écoles, et que les subtilités de leur stérile scholastique ne peuvent plus £aire illusion qu'à T inexpérience des enfants que Thabitude réunit encore autour de leurs chaires.

§IV

Voilà trop longtemps que la philosophie objectire entretient Terreur parmi les hommes. La tyrannie de la métaphysique touche à son terme. L'esprit se lasse à la fin de tous ces fantômes dont elle se plait à l'effrayer; il ne croit plus à toutes ces réalités imaginaires inventées par l'ignorance, à l'imitation de ces puériles créations des religions primitives, qui ne savent rien expliquer qu'en noyant l'homme dans un déluge de divinités fantastiques, et en cachant derrière chaque foil la main d'un dieu. Ce panthéisme grossier, léguéà la métaphysique par l'antiquité, pouvait suffire aux intelligences obscures des premiers hommes. Maintenant nous demandons autre chose. L'esprit humain, si longtemps préoccupé des réalités extérieures, s'ignorant lui-même, incapable de rien comprendre que par les sens, perdu dans la recherche stérile des causes étrangères, comnience à prendre conscience de lui-même et à concevoir que, quelle que soit la réalité des choses, elles n'existent pour lui que comme idées; que c'est là son domaine propre, qu'il ne peut avoir d'autre objet

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d'étude que lui-même, dans ses manifestations succès^ sives, et cjûe V histoire du monde entier rentre dâtiS la p6}cboIogie.

En effet, les choses et les faits ne sont intelligibles que par les impressions et les idées que Tintelligence conçoit; ces impressions et ces idées peuvent seules être observées ; le reste n'existe pas pour la science. Par conséquent, ce n'est donc pas dans la nature des choses qu'il faut chercher l'origine des idées, mais uniquement dans l'impression perçue par l'esprit, et dans les combinaisons et les rapports que ce même esprit établit entre ces impressions. En un mot, c'est rinlelligence elle-même qui crée les idées, et ces idées progressent en nombre, en clarté, en largeur, à mesure que les impressions élémentaires, en se multipliant, lui permettent d'établir entre elles des rapports plus rtml-» tipliés et plus généraux. Dans cette conception, l'esprit n'est plus réduit à ce rèle purement passif que lui attribuent toutes les philosophies antérieures. Au lieu de recevoir et de reproduire simplement l'imaige des objets et des faits extérieurs, comme dans les doctrines matérialistes, ou de n'être que Técho ou le réceptacle des idées et des principes impersonnels des spirilualistes, c'est lui qui les produit, qui les façonne, qui les complète à l'occasion des impressions élémentaires, au delà desquelles la science, vraiment digne de ce nom, n'* rien à voir, parce qu'au delà, nous ne pouvons rien: connaître fti rien comprendre.

Par là s'explique la diversité réelle des intelligences,

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