‹ Le progrès intellectual dans l'humanitéChapitre 12 sur 159 · XX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XX INTRODUCTION

arbitrairement niée par tant de systèmes. Chaque intelligence, créant ses idées d'après la variété et la multiplicité des impressions reçues, il devient facile de comprendre quelle peut être la puissance de Téducation, puisqu'on accumulant dans la mémoire les souvenirs, les observations de toutes sortes, elle prépare et emmagasine en quelque sorte les matériaux que Tintelligence progressivement doit transformer en idées par la comparaison et par la réflexion personnelle* Ainsi s'explique encore le progrès dans chaque intelligence, comme le progrès dans chaque civilisation. Dans l'un comme dans l'autre cas, il faut une certaine accumulation d'impressions diverses, dont la diversité même sollicite le travail de l'intelligence, et la force à établir entre elles des rapports, qui devront sans cesse se modifier et se compléter à mesure que le nombre des éléments primitifs augmentera.

L'homme, comme l'humanité tout entière, monte sans cesse les degrés d'une tour sans fin. A chaque pas, l'horizon s'étend, l'aspect des objets se transforme, les rapports s'élargissent et les détails disparaissent dans des ensembles de plus en plus grandioses. Au delà de cet horizon, qui borne son regard, il sent qu'un nouvel horizon l'attend. Mais à chaque degré qu'il monte, il faut qu'il s'arrête jusqu'à ce que son œil s'habitue à l'éloignement croissant de la perspective, et comble en quelque sorte la distance par l'énergie croissante de sa puissance visuelle. Si Timpalience hâte trop sa marche, tout se trouble devant son re-

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