‹ Le progrès intellectual dans l'humanitéChapitre 113 sur 159 · MATÉRIALISME DES ANCIENS · texte numérisé non relu

MATÉRIALISME DES ANCIENS

mirfltiojB d'appliquer la loi. )Lia Yépu^ (Je Çnide^ . J^ Vénus Anadyotnène ne sont que deux pQrtraits du c^orps de Phryné, représenté ôuqcessiveraent par le sçvijptieur Praxjlèle et par le peintre ^pelles, et certainement r^ présenté aussi fidèlement que chacun d'eux Tayait piji faire, sang aucune de ces idéalisations ridicules dont la critique jaj^pderne a fait une loi au^ ar;listes. L'aéfopa^e ayant appris q\ie Aspasie était enoeiiite , .ordou^na q^'!^')? se lftissera,it tomber^ Les magistrats ^uprjêfpes (J'^thènes çr,ufe;ttt ne pouyoir mieux faire (jui© de gj^crifier la yie ^'u!ï epfçint à la conservation de la b^uté de Ja célèbre courtisane. Vous figurez- vous upe cour suprê^ipe .dp justice orcjonnant, toutes chambres r,éjunies, un ^yçrte- ^mejot darjs la crainte qu'une ^grossesse ne çiom,prpmette Je? pkçopoftionç et l'Jharn^qnie deç lignes cjl'ijip l?eay icorps?

Et fCjependant ce çont là les djifférepces dont Qn ne tieujt pas.çcuppte quan.^ on prétend içnposer à la sculpture inqderne l'idé^ de l'art antique. On oublie tou- }our9 que les anciens sont matérialistes ju^ue id.ans leurs coï^ceptions les plus raffinées. Il ne suffit pas de changer les mots pour changer les faits. No? critiques mipdexnes ont beau ?e ,dire spiritualistes ; il? i^e le sont ^uère pilus que les ancien?, et toutes levirs îdéalisaitiQ^ijis de la philosophie grecque ne servent qu'à e^n ^accu^qr Je vrai caraçtèi;e et à faire éclater leur ^çnpviissanQç à copcîliçr ces conceîptiQns grossières ayec Jes que^i^es notions plus spiritualistes que le.progr^ ;[flipderne les a QOr>traints d'çigencer, tant bien que mal, ^ayec les

théories purement objectives dont leur génie étroit ne peut se détacher.

Cette tendance spiritualiste de la sculpture occidentale aurait certainement produit un art tout nouveau, si le fanatisme de l'antiquité ne l'avait, comme le reste, asservie à l'imitation. Que d'autres célèbrent à grand renfort de rhétorique, de déclamation et de métaphores la lumière soudaine dont la connaissance de l'antiquité classique inonda l'occident au xv* siècle. Pour moi, je n'y vois qu'un déplorable asservissement du génie moderne aux procédés matériels d'un âge disparu. L'esprit moderne, enfin éclos de la lente et pénible incubation du moyen-âge, commençait à prendre conscience de ses forces; il se débarrassait des langes dont la scbolastique philosophique et religieuse le tenait depuis si longtemps enveloppé. Il s'essayait à marcher quand le souffle venu de l'Orient l'a poussé violemment dans une voie qui n'était pas la sienne. La conquête de Constantinople a retardé la civilisation de plus de trois siècles. Si les émigrés de la Grèce étaient venus deux cents ans plus tard nous apporter leurs vieux livres, les peuples de l'Occident, déjà engagés dans leur propre voie, auraient pu sans danger s'initier à la connaissance de la civilisation grecque. Malheureusement, les événements en ont disposé autrement, et l'esprit moderne a été condamné pour un long temps à rentrer dans l'ornière creusée par les pas des générations éteintes. Parce que le mouvement de la Renaissance a coïncidé avec l'invasion en Occident des lettres antiques, on s'est

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